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Neutralisation du cerveau d’Al-Qaïda au Sahel

Un mois après les faits, Paris affirme que les forces françaises au Mali ont mis fin aux jours du Marocain Ali Maychou




Neutralisation du cerveau d’Al-Qaïda au Sahel
Le Marocain le plus recherché par les services secrets du monde pour terrorisme est mort depuis un mois au Sahel. C’est la ministre française des Armées, Florence Parly, qui a annoncé à l’AFP l’information selon laquelle Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou, considéré comme le numéro deux et leader religieux du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), organisation jihadiste reliée à Al-Qaïda, a été tué par les forces françaises au Mali début octobre.
Le jihadiste a été tué "dans la nuit du 8 au 9 octobre" sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et avec un soutien américain, a-t-elle déclaré dans l'avion qui la ramenait d'une tournée dans plusieurs pays de la région du Sahel, où quelque 4.500 militaires français sont déployés dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane. Toutefois, la ministre française n’a pas précisé pourquoi elle a annoncé la mort de ce jihadiste au début de novembre, alors qu’il a été tué il y a un mois.
Ce Marocain était "le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel - y compris par les Américains", a déclaré la ministre dans l'avion qui la ramenait de Gao, au Mali, vers la France. Il avait rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en 2012.
Les Etats-Unis considèrent Abou Abderahman al Maghrebi comme le terroriste le plus dangereux du monde et l’avaient mis sur la liste noire du terrorisme mondial.
Ce jihadiste, dénommé également Abou Aderahman Es-Sanhaji, est né en 1983 à Taza, et il est considéré comme le juge de "Nusrat al-Islam". Il est accusé d’avoir participé à au moins un attentat meurtrier qui aurait fait des dizaines de morts, dans les rangs de l’armée régulière malienne.
Le terroriste, a revendiqué certains attentats, lors de ses apparitions dans plusieurs vidéos. En 2018, Ali Maychou avait aussi menacé d’attaquer des électeurs, lors de la présidentielle au Mali.
Selon l’AFP, il était devenu le leader spirituel d’AQMI avant de participer à la fondation du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) en 2017 avec Iyad Ghali, le numéro un de l'organisation dont il était le plus proche fidèle (et qui est en tête de la liste des personnes recherchées).
Le GSIM a revendiqué les récentes attaques  contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro ayant causé la mort de 40 militaires. Idem pour l'attentat de Ouagadougou en mars 2018 (8 morts). Les attentats de Ouagadougou de 2016 (30 morts) et 2017 (19 morts) sont également l'oeuvre d'Al-Qaïda.
Cerveau de l'expansion d'Al Qaïda au Sahel, artisan de l'unité des katibas du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxième élément important du GSIM tué cette année, après l'Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en février.
"Il s'agit de la neutralisation d'un personnage très influent", a déclaré à l'AFP Mme Parly, au lendemain de sa visite au Burkina Faso, où elle a rencontré des forces spéciales françaises.
"Il est très important de désorganiser ces mouvements en profondeur", a souligné la ministre, "mais cela ne signifie pas qu’ils s'autodétruisent en parallèle".
"Il faut continuer ce travail contre le terrorisme pour sécuriser les pays du Sahel,” a-t-elle rappelé en mentionnant l'importance d'accompagner les forces armées locales pour qu'elles gagnent en autonomie.
"La véritable victoire sera celle des armées sahéliennes", a-t-elle souligné alors que la situation sécuritaire dans la région s’est fortement dégradée.
La nouvelle de cette élimination intervient quelques jours après la mort d'un soldat français dans le nord-est du Mali, tué par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation jihadiste active au Mali, avait revendiqué cette attaque, de même que celle d'un camp militaire du Nord du pays où 49 soldats ont été tués vendredi.
Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis alimentent les doutes sur la capacité de l'armée malienne à faire face aux agissements jihadistes et aux autres violences dont ce vaste pays est victime depuis 2012.
L'ensemble des armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, ne semblent pas être en mesure d'enrayer la progression des attaques.
La France espère que d'autres pays européens contribueront à la lutte armée contre les jihadistes en envoyant des forces spéciales au Mali en 2020, sachant que parallèlement, Paris anime au sein de l'organisation G5 Sahel un programme de développement de ces pays pour lutter contre les mouvements jihadistes, tout en appelant différents pays et institutions à y financer des projets.

H.T
Jeudi 7 Novembre 2019

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