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Ni complaisant, ni défensif, le responsable de la plus ancienne formation de gauche du Maroc a choisi la clarté comme seule armure. Il a répondu, questionné, rappelé, analysé, parfois même provoqué — avec cet art consommé du verbe qu'on lui connaît, cette façon bien à lui de tisser l'histoire longue du militantisme socialiste avec les urgences brûlantes du présent.
La question nationale : du soulagement au devoir d'amplification
L'entretien s'est ouvert sur ce qui demeure, pour tout Marocain, le dossier le plus fondamental qui soit : la question de l'intégrité territoriale et du Sahara marocain. Et d'emblée, Driss Lachguar a donné le ton — celui d'un homme qui a traversé de longues nuits d'inquiétude et qui perçoit désormais, avec un bonheur qu'il ne cherche pas à dissimuler, les premières lueurs d'une victoire diplomatique historique.
«Dans notre parti, nous avions l'habitude, deux fois par an, de mettre nos mains sur nos cœurs en suivant ce qui se passait dans les coulisses des Nations Unies», a-t-il confié. Une image d'une force rare, qui condense à elle seule les décennies d'anxiété vécues par les forces progressistes marocaines face aux lenteurs et aux incompréhensions persistantes du système international. Mais le contexte, aujourd'hui, a profondément changé.
La résolution 2797 du Conseil de Sécurité a constitué, à ses yeux, une rupture qualitative sans précédent.
«Pour la première fois», a-t-il insisté avec une conviction palpable, «il y a une résolution émanant du Conseil de Sécurité qui reconnaît le droit du Maroc à son Sahara en approuvant l'autonomie comme solution claire à ce différend artificiel». Ce glissement sémantique n'est pas anodin : le plan d'autonomie n'est plus une simple proposition marocaine soumise à examen — il est désormais une position onusienne consacrée. La différence est immense, aussi bien sur le plan juridique que sur le plan moral.
Le développement humain, la justice sociale, la protectionLe dirigeant ittihadi a également précisé que la prochaine session de l'ONU ne sera pas une session de vote ou de décision, mais une session de mise en œuvre d'une résolution déjà adoptée — une nuance capitale qui dit tout de la solidité du chemin parcouru. «Nous attendons de ces réunions que soit opérée cette activation, parce que les problèmes qui existent dans le monde n'ont pas besoin qu'une crise fabriquée continue d'être entretenue par nos adversaires». La formulation est délibérée, presque ciselée : une crise fabriquée. C'est le fil conducteur de tout le discours de Lachguar sur ce dossier — une conviction profonde que la question du Sahara marocain a été instrumentalisée, exploitée, artificiellement prolongée par des puissances régionales dont les intérêts sont contraires à la stabilité du Maghreb.
des travailleurs ne sont pas de simples ornements du discours progressiste — ils en
constituent le coeur battant et la raison d'être
Cette séquence d'ouverture éclaire quelque chose d'essentiel sur la posture de l'USFP en matière de politique étrangère : un engagement indéfectible aux côtés des institutions nationales et de la diplomatie royale, mais aussi une capacité d'analyse autonome qui transcende la simple célébration. L'USFP a toujours œuvré pour les intérêts supérieurs de la nation. Il entend aujourd'hui triompher avec elle — et contribuer, de toutes ses forces et sur toutes les tribunes du monde, à amplifier ce triomphe historique.
La transition vers le dossier social s'est opérée avec une fluidité presque naturelle, comme si la question nationale et la question sociale étaient, dans la pensée de Lachguar, les deux faces indissociables d'une même médaille. Et c'est précisément là que sa vision politique se révèle dans toute sa profondeur : le développement humain, la justice sociale, la protection des travailleurs ne sont pas de simples ornements du discours progressiste — ils en constituent le cœur battant, la raison d'être fondamentale.
Sur le dialogue social, le Premier secrétaire a adopté une position d'une remarquable nuance, qui témoigne de la maturité politique de l'USFP. Il a reconnu, sans détour, que la reprise de ce dialogue constitue un acquis à porter au crédit de la présente coalition gouvernementale — un aveu d'honnêteté intellectuelle qui tranche avec le dogme de l'opposition systématique que l'on attend parfois, à tort, d'un chef de parti. «Je suis satisfait de l'institutionnalisation du dialogue social», a-t-il déclaré. Puis, avec la précision implacable du clinicien, il a aussitôt ajouté : «Je ne suis toutefois pas satisfait des résultats de ce dialogue».
La cohérence politique élémentaire exige qu'on ne s'insurge pas en opposition contreCette distinction, en apparence simple, est politiquement fondamentale. Elle révèle une pensée rigoureuse, capable de dissocier la forme du fond, le processus de ses fruits. L'institutionnalisation du dialogue social — cet héritage direct et précieux de feu Abderrahmane El Youssoufi, legs vivant de l'expérience socialiste au gouvernement — est en elle-même une conquête que l'USFP revendique sans la moindre ambiguïté. Mais les gains concrets pour les travailleurs, pour les classes moyennes, pour les catégories les plus vulnérables, demeurent cruellement en deçà des espoirs légitimes d'une population qui attendait davantage — et qui était en droit de l'attendre.
ce que l'on a approuvé en coalition
La polémique de l'heure supplémentaire : raison d'État contre populisme ambiant
Le sujet de l'heure supplémentaire a offert l'un des moments les plus vifs et les plus révélateurs de la soirée. Le journaliste Belhissi a tenté de pousser Lachguar dans ses retranchements : comment qualifier de « populiste » un débat qui traverse l'opinion publique dans toute sa largeur, sans risquer de heurter des millions de Marocains légitimement critiques de ce dispositif?
La réponse est venue, nette et précise : «Je n'ai pas qualifié tout le débat de populiste. J'ai dit qu'il y en a qui tentent de lui donner une coloration populiste en lançant des jugements à la légère». La distinction est essentielle : ce n'est pas la question en elle-même qui relève du populisme, c'est la manière dont certains acteurs politiques l'instrumentalisent pour engranger des points sans en assumer la moindre responsabilité.
Car Lachguar n'a pas manqué de rappeler un fait particulièrement gênant pour plusieurs de ses interlocuteurs : la décision sur l'heure supplémentaire a été adoptée par un gouvernement dont les partis qui s'indignent aujourd'hui le plus bruyamment étaient membres à part entière. L'argument est imparable, et son effet dévastateur tient précisément à sa simplicité. La cohérence politique élémentaire exige qu'on ne s'insurge pas en opposition contre ce que l'on a approuvé en coalition. C'est justement cette cohérence — rare, exigeante, parfois inconfortable — que Lachguar revendique comme marque distinctive de son parti : une position stable, ancrée dans des principes durables, et nullement soumise aux vents changeants de l'opportunisme électoral.
Sa proposition, elle, est d'une clarté désarmante : que le gouvernement mène une étude objective, en rende publics les résultats, et assume ensuite sa décision dans le cadre de ses pleinières attributions réglementaires. «Si le peuple est contre cette décision, il la sanctionnera le lendemain dans les urnes. C'est ainsi que fonctionnent les choses». Démocratie, responsabilité, transparence — trois mots qui, dans la bouche de Lachguar, ne sont pas de simples slogans, mais les piliers d'une culture de gouvernance que la gauche a toujours portée comme un étendard.
Le bilan gouvernemental : lucidité sans complaisance, critique sans nihilisme
C'est sans doute sur la question du bilan gouvernemental que l'entretien a atteint ses plus hauts sommets analytiques. Et c'est là que Lachguar a déployé, dans toute son étendue, ce que l'USFP revendique comme « l'opposition responsable » — une posture exigeante, qui refuse avec une égale fermeté la flagornerie envers le pouvoir et le nihilisme stérile qui ronge parfois le discours d'opposition.
Il a commencé par ce qui constitue un acte de courage politique : la reconnaissance franche des points positifs. «On ne peut pas ne pas reconnaître l'élargissement de la couverture médicale qui a embrassé des millions de personnes. On ne peut pas ne pas reconnaître le doublement de l'investissement public par rapport au début du mandat. On ne peut pas ne pas reconnaître les investissements étrangers qui ont atteint de bons chiffres». Ces mots, prononcés par le dirigeant ittihadi, sont tout sauf anodins. Ils témoignent d'une culture politique d'une rare élévation — celle qui place l'intérêt supérieur de la nation au-dessus des calculs partisans les plus immédiats.
Mais le réquisitoire, lui, n'a pas tardé — précis, étayé, implacable. Sur l'emploi, Lachguar a rappelé la promesse gouvernementale d'un million de postes nets, pour mieux en mesurer l'écart abyssal avec la réalité : «Ce qui s'est passé, c'est que le nombre de postes perdus — à cause des années de sécheresse dans l'agriculture — a fait que le bilan est loin du compte. Ici même, sur cette chaîne, le ministre du Commerce et de l'Industrie a récemment déclaré que si l'on notait les performances en matière d'emploi, on obtiendrait 10 sur 100, soit 1 sur 10». L'argument est dévastateur précisément parce qu'il émane du gouvernement lui-même. Lachguar ne fait que retourner les aveux ministériels contre leurs auteurs — une méthode rhétorique d'une redoutable efficacité.
Sur la croissance, la sévérité est identique : « Nous avons vécu une période où ils promettaient plus de 4%, et nous n'avons pas atteint la moyenne de 3,4% sur l'ensemble de la mandature». Le contexte international difficile, aussi réel soit-il, ne saurait absoudre des promesses formulées en pleine connaissance des contingences prévisibles.
Sur la participation économique des femmes, le constat est proprement saisissant : «Ce gouvernement s'était engagé à porter le taux des femmes actives à 30%. Dans son propre bilan, il avoue n'avoir atteint que 19% — nous avons donc reculé en deçà du niveau qui existait avant lui». Ce recul n'est pas, aux yeux de Lachguar, une statistique parmi d'autres. C'est un marqueur idéologique d'une profondeur particulière : là où le gouvernement prétend porter l'étendard de l'égalité, les chiffres, eux, racontent une tout autre histoire.
L'un des moments les plus instructifs de la soirée a été la réponse de Lachguar à une accusation portée avec une certaine insistance par les journalistes : celle d'exercer une opposition romantique» ou une «opposition douce», trop timorée pour peser réellement sur les politiques publiques.
Le Premier secrétaire a balayé cette lecture avec une conviction qui ne souffre aucune ambiguïté. Il est viscéralement opposé à cette tentation — celle qui gangrène parfois le discours d'opposition — de tout noircir, de tout nier, de dépeindre le Maroc comme un pays sans ressources ni avenir. «Je ne suis pas nihiliste pour prétendre que ce gouvernement a causé des dégâts. Je suis un homme responsable». Et d'ajouter, avec une franchise qui désarme : «Ce gouvernement a gâché une opportunité».
La nuance est d'une importance capitale. Gâcher une opportunité n'est pas la même chose que détruire un pays. Entre ces deux formulations, il y a tout l'espace d'une critique politique responsable et assumée — celle qui sait reconnaître les potentialités d'une nation tout en dénonçant avec rigueur les occasions manquées, les énergies dilapidées, les promesses non tenues. Ce registre — exigeant, mesuré, fondé sur les faits plutôt que sur les affects — est précisément celui que l'USFP revendique comme la marque distinctive de son opposition. Non pas une opposition de posture, mais une opposition de fond.
L’écart est énorme entre le fait de se revendiquer social-démocrate dans le but de séduire l’électorat et et celui de l'être authentiquement dans les actes, dans les politiques d'investissement et dans la conception profonde du rôle qui incombe à l'Etat pour être au service des plus vulnérablesLa motion de censure : l'occasion manquée et les responsabilités partagées
Le dossier de la motion de censure a été abordé avec une gravité que l'on sent profondément sincère. Lachguar a tenu à rétablir les faits dans leur exactitude : c'est le groupe parlementaire ittiahdi qui en a été l'initiateur, le rédacteur et le porteur, avec un objectif qui n'avait rien de la gesticulation politique — soumettre le gouvernement à la reddition de comptes. «Le but n'était pas de faire tomber le gouvernement. C'était de le juger politiquement — ce gouvernement qui se vante d'un mandat populaire et qui n'envoie pas son chef devant le Parlement pour rendre des comptes».
Mais cette initiative, noble dans son principe, a progressivement achoppé sur les calculs divergents des différentes composantes de l'opposition. Certains partis ont préféré se réfugier derrière des commissions d'enquête — une voie que Lachguar a jugée constitutionnellement viciée dans le contexte institutionnel marocain actuel. D'autres ont posé comme condition préalable à leur adhésion l'inclusion du Parti de la Justice et du Développement — une ligne rouge que l'USFP ne pouvait franchir sans trahir sa propre cohérence. «Nous ne pouvons pas nous entendre avec une opposition qui pénalise les femmes dans leurs droits, qui ne comprend toujours pas que la femme est l'égale de l'homme en droits et en devoirs».
Cette déclaration mérite qu'on s'y arrête. Elle n'est pas un argument tactique habilement formulé pour les besoins du débat télévisé — c'est une conviction morale, profonde et ancienne, qui irrigue toute la pensée politique de l'USFP depuis ses origines. Et elle trace, avec une clarté sans appel, la frontière qui sépare deux visions radicalement différentes du Maroc de demain.
Le « tout-vert » politique : quand la démocratie est en danger
L'autre moment fort de la soirée a été la mise en garde solennelle que Lachguar a adressée contre ce qu'il nomme l'«hégémonisme politique» — cette concentration inquiétante du pouvoir entre les mains de trois partis qui contrôlent simultanément le gouvernement, les collectivités territoriales et l'ensemble des instances électives du pays.
«Si demain nous allions aux urnes et que les trois ou quatre premiers partis sont ceux qui sont au gouvernement, nous aurions tué la démocratie dans ce pays». La formule est tranchante, presque douloureuse dans sa franchise. Et elle n'a rien d'une posture rhétorique — elle repose sur une observation concrète, vérifiable, que tout observateur lucide du paysage politique marocain ne peut que constater.
Dans toute démocratie digne de ce nom, il existe une alternance naturelle, un équilibre vivant entre les forces qui gouvernent et celles qui font de l’opposition. Lorsque cet équilibre se rompt, lorsque le premier, le deuxième et le troisième partis du pays se retrouvent tous rassemblés sous la même bannière gouvernementale, la démocratie cesse d'être un mécanisme de régulation politique pour n'être plus qu'une façade institutionnelle. C'est précisément ce glissement que Lachguar refuse d'accepter — non par intérêt partisan étroit, mais par conviction démocratique profonde.
«Ce que j'appelle le "tout-vert" politique — quand tout est entre les mains de ces gens-là — n'a pas laissé à l'opposition la moindre capacité d'action». Une menace, insiste-t-il, qui ne pèse pas seulement sur l'opposition, mais sur le pays dans son ensemble. Car une opposition exsangue, c'est un pouvoir sans contrepoids, une majorité sans miroir, une démocratie sans âme.
La solution qu'il appelle de ses vœux est aussi simple dans son énoncé que fondamentale dans ses implications: le rééquilibrage institutionnel, la garantie d'une opposition forte et pleinement représentative, et la protection de la pluralité politique comme condition sine qua non de toute vitalité démocratique durable.
L'héritage idéologique : quand la droite libérale emprunte le vocabulaire socialiste
L'un des passages les plus savoureux — et les plus politiquement révélateurs — de la soirée a été celui où le dirigeant ittihadi a abordé, avec une ironie finement contenue, la question de l'appropriation du discours social-démocrate par des partis dont la pratique politique reste, dans ses fondements, foncièrement libérale.
«La preuve es est, c'est que notre programme est celui qui est appliqué aujourd'hui. Ils sont tous devenus sociaux-démocrates, alors qu'hier ils évoluaient dans des références purement libérales». Et d'ajouter, avec ce sourire que l'on devine derrière les mots : «Certains d'entre eux prétendent se définir comme sociaux-démocrates — et ce n'est tout simplement pas vrai».
L'argument est philosophiquement redoutable, précisément parce qu'il touche à l'essence même de la crédibilité politique. Il y a en effet une différence fondamentale — abyssale — entre se revendiquer social-démocrate pour séduire un électorat et l'être véritablement dans ses actes, dans ses arbitrages budgétaires, dans ses politiques d'investissement, dans sa conception profonde du rôle de l'État au service des plus vulnérables. Lachguar l'illustre par un exemple aussi concret que saisissant : «Regardez la différence dans le soutien de l'investissement. Des dizaines, voire des centaines de milliards ont servi à soutenir un petit nombre de grandes entreprises et de groupes — et quand on arrive aux TPE et PME, on trouve le chiffre dérisoire de de 400 millions de dirhams».
Le Parti : entre renouveau organisationnel et mémoire militante
La question de la santé interne du Parti a naturellement occupé une place centrale dans l'entretien. Les journalistes ont confronté Lachguar à des critiques aussi récurrentes que tenaces : vieillissement de la direction, insuffisance du renouvellement des cadres, fragilité de la présence des jeunes, retard dans l'appropriation des outils numériques qu'impose l'ère de la révolution digitale.
La réponse est venue avec ce mélange caractéristique de franchise assumée et de fierté militante que l'on reconnaît au dirigeant ittihadi. Sur l'ancrage organisationnel, il a rappelé des chiffres que le bruit médiatique tend parfois à faire oublier : 55 000 militants avec leurs cotisations à jour, un réseau dense de sections locales, de délégations régionales et de secteurs thématiques, un maillage syndical solidement implanté dans les secteurs névralgiques de l'économie nationale. Des réalités tangibles, que ne reflètent pas toujours les seuls résultats électoraux.
Car c'est là, précisément, le cœur de l'argument de Lachguar : la présence sociale d'un parti ne se mesure pas uniquement à l'aune des scores dans les urnes. Un parti peut traverser des cycles électoraux difficiles tout en demeurant profondément enraciné dans le tissu vivant de la société — dans ses syndicats, ses associations, ses quartiers, ses universités. C'est, affirme-t-il avec conviction, la réalité de l'USFP aujourd'hui.
Sur la Jeunesse ittihadie, il a fermement rejeté les caricatures qui circulent sur les réseaux sociaux, rappelant son rôle personnel dans la fondation et le développement de cette organisation. Et pour répondre aux doutes, il a préféré les faits aux discours : la Jeunesse ittihadie préside aujourd'hui l'organe de la Jeunesse Socialiste Arabe et occupe des positions de premier plan au sein de la Jeunesse Socialiste Internationale — des acquis diplomatiques concrets, qui témoignent d'un rayonnement que les polémiques internes ne sauraient occulter.
L’USFP est en mesure de se prévaloir de la faculté d’investir les réseaux internationauxLa diplomatie parallèle : quand l’Internationale socialiste devient un instrument de la cause nationale
de la gauche pour y porter les causes nationales, dans des espaces où la diplomatie officielle ne peut pas toujours déployer pleinement son influence
L’un des aspects les plus discrets, mais aussi les plus décisifs de l’action de l’USFP, réside dans sa diplomatie partisane — cette faculté d’investir les réseaux internationaux de la gauche pour y porter les causes nationales, dans des espaces où la diplomatie officielle ne peut pas toujours déployer pleinement son influence.
Driss Lachguar a évoqué, non sans une fierté mesurée, le travail accompli au sein de l’Internationale socialiste, en particulier lors du congrès de Barcelone organisé par Pedro Sánchez. « Lors du congrès de Barcelone, il n’a pas été permis au Polisario d’entrer ni de participer, en raison de la présence de l’association “Sahraouis pour la Paix”, qui s’était approprié notre position sur l’autonomie».
Cette séquence résume, à elle seule, des années d’efforts patients, méthodiques, souvent invisibles. Une diplomatie de l’ombre, faite de constance, de précision et de stratégie. L’USFP ne s’est pas contenté de défendre la cause nationale sur la scène intérieure ; il l’a portée au cœur même des arènes internationales, dans les instances de l’Internationale socialiste, face aux relais algériens et polisarien, en mobilisant arguments, alliances et rapports de force.
Une dimension de son action encore trop méconnue du grand public, mais qui témoigne d’une capacité réelle à inscrire la cause nationale dans les dynamiques politiques internationales, avec efficacité et persévérance.
La participation politique de la diaspora : une promesse solennelle
La question de la participation électorale des Marocains résidant à l’étranger, soulevée par plusieurs téléspectateurs, a suscité une réponse qui s’apparente à un engagement clair de la part de Driss Lachguar.
Il a tenu à rappeler que l’USFP demeure le seul parti à avoir proposé, dans le cadre des concertations menées avec le ministère de l’Intérieur, un mécanisme concret permettant aux quelque cinq millions de Marocains du monde de prendre part aux élections législatives. Sa proposition est précise : la création d’une liste nationale dédiée à la diaspora, sur le modèle des listes régionales réservées aux femmes — un dispositif qui offrirait aux Marocains de l’étranger une représentation directe au sein de la Chambre des représentants.
Interrogé sans détour — « Vous engagez-vous, si vous arrivez en tête des législatives, à faire de cette représentation une réalité ? » — Lachguar a répondu par un « oui » sans ambiguïté, tout en rappelant les contraintes constitutionnelles inhérentes à tout système de coalition. « C’est une promesse, parce que nous défendrons cette position. »
A l’approche des échéances électorales, cet engagement revêt une portée particulière. Les Marocains du monde constituent une force économique et humaine de premier plan — un potentiel électoral dont la mobilisation pourrait, à terme, redessiner de manière significative les équilibres de la scène politique nationale.
L’avenir de la gauche : entre réalisme stratégique et espoir militant
La question la plus sensible — celle de l’état de la gauche marocaine dans son ensemble — est revenue à plusieurs reprises, sous des formes variées, au fil des interventions des téléspectateurs. Driss Lachguar y a répondu avec une lucidité assumée.
Il a reconnu que «la gauche au Maroc connaît un certain éparpillement, fruit des égoïsmes qui ont marqué certaines séquences de son histoire». Mais il s’est aussitôt refusé à céder à une lecture excessivement sombre, préférant inscrire cette réalité dans une perspective plus large. Les turbulences que traverse la gauche ne sont pas propres au Maroc : elles traversent également les États-Unis et l’Europe. Il ne s’agit pas d’une singularité nationale, mais bien d’une crise structurelle du modèle progressiste, confronté aux profondes mutations du capitalisme mondialisé.
Évoquant la tentative de constitution d’une fédération de la gauche avec le Parti du Progrès et du Socialisme, Lachguar a tenu à rectifier une version qu’il juge inexacte. Il rappelle avoir lui-même pris l’initiative, en se rendant au siège du PPS pour proposer une dynamique commune. Si cette démarche n’a pas encore abouti, ce n’est pas, selon lui, par manque de volonté, mais en raison de certains comportements observés dans la pratique de l’opposition — en particulier lors de l’épisode relatif à la motion de censure — qui ont entravé l’émergence d’un climat de confiance suffisant.
Pour autant, l’espoir demeure intact. Lachguar s’y accroche comme à une conviction profonde : «Nous travaillons et nous œuvrons toujours pour surmonter cette situation. Nous espérons le meilleur pour l’avenir».
Mehdi Ouassat












