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Lors d’une rencontre consacrée à la lecture critique du roman "Qidr Al Hassaa" (Chaudron à soupe) de l’écrivain marocain Mohamed Salem Cherkaoui, organisée mardi soir à Tanger, des critiques ont proposé diverses lectures de cette œuvre, certains estimant qu’elle contribue à façonner une identité narrative du Sahara.
D’autres intervenants, s’appuyant sur le concept du "pli" du philosophe français Gilles Deleuze, ont souligné que ce roman consacré à la littérature du Sahara met en lumière l’essence profonde dissimulée derrière cet espace géographique.
Dans ce cadre, le critique Mostafa Ouriaghli a proposé une lecture intitulée "La construction de l’identité narrative du Sahara" du roman "Qidr Al Hassaa", second volet après "L’Émirat du Puits", premier volet du diptyque "As-Sira Wa Al Khalass" de Mohamed Salem Cherkaoui, en s’appuyant sur la théorie selon laquelle "le récit possède une force fondatrice".
Partant de l’idée que les contes, récits, romans, épopées, mythes et biographies relèvent d’un acte existentiel et ne se réduisent pas à une simple narration, le critique a estimé que "Qidr Al Hassaa" contribue à façonner l’identité narrative du Sahara.
Il a souligné que la présence du Sahara n’y constitue "ni un simple décor ni un espace extérieur servant de toile de fond aux événements", mais s’impose comme un acteur central et un facteur déterminant, dont l’influence se déploie dans les différentes composantes du texte et de la construction narrative de l’œuvre.
Selon M. Ouriaghli, l’identité narrative développée par le roman de Mohamed Salem Cherkaoui "n’est pas une identité figée", mais une identité enracinée dans le passé, vivante dans le présent et ouverte sur l’avenir, dans la mesure où l’ensemble des composantes du roman concourt à forger une identité propre à cet espace géographique.
De son côté, le critique Mohamed Boujnane a estimé que "Qidr Al Hassaa " aborde une thématique philosophique fondée sur la notion du "pli" et sa relation avec l’espace saharien, ainsi qu’avec les mécanismes de la mémoire et du patrimoine culturel, soulignant que, dans le roman, le Sahara n’apparaît pas seulement comme un espace géographique, mais comme une véritable "machine à plier".
À travers des questions telles que "Que plie le Sahara ? Que révèle-t-il ? Quels sont les éléments par lesquels il efface et dévoile ?", le critique a relevé que tout dans l’espace saharien, tel que mis en avant par l’auteur, "se transforme et trompe en même temps", précisant que, malgré son apparente aridité, le Sahara "dissimule et recèle une nappe phréatique, source de vie".
Selon M. Boujnane, Mohamed Salem Cherkaoui met en lumière, dans ce roman, des facettes du Sahara différentes de celles explorées par des romanciers tels que le Libyen Ibrahim Al-Koni et le Saoudien Abdul Rahman Mounif.
Il s’agit, selon lui, de "relations dialectiques entre le visible et le caché": la sécheresse dissimule une fertilité souterraine (le puits), les sables recouvrent les traces tout en contribuant à la préservation du patrimoine, et les vents peuvent porter autant le mal que le bien.
Il a expliqué que le puits, motif central déjà présent dans le premier et le second volets du diptyque de M. Cherkaoui, constitue un point de rencontre entre le visible et l’invisible, permettant à l’"eau pliée" de resurgir, estimant que le puits occupe une place sacrée dans la culture saharienne.
Intervenant lors de cette soirée, qui a réuni des chercheurs et des passionnés de littérature, M. Cherkaoui a indiqué que la spécialisation dans la littérature du Sahara, ainsi que dans ses valeurs et ses savoirs, constitue un objectif qu’il s’est fixé.
Il a fait savoir que cette orientation vise à éviter que la production littéraire ne suive une seule et même direction, au point de devenir exclusivement urbaine, en glorifiant les mérites de la ville et en s’arrêtant à ses frontières, sans accorder l’attention requise aux vertus de la diversité, lesquelles renforcent à la fois l’authenticité du pays et son ouverture à la modernité.
L’auteur a souligné qu’il tend à se spécialiser dans la littérature du Sahara, afin de transmettre, selon une approche marocaine, certains univers de cet espace aux générations de chercheurs et d’universitaires, en les encourageant à explorer les prolongements méridionaux du Maroc et à faire de ce champ littéraire un objet d’étude partagé avec leurs homologues de Mauritanie, du sud de l’Algérie, du nord du Mali et des confins du grand Sahara.
Il a également partagé avec l’assistance une réflexion sur la fonction de la littérature, s’interrogeant sur le sens de consacrer des heures et des jours à lire les récits des anciens, à explorer les savoirs et les textes à la recherche de secrets, d’idées, de manifestations et de mystères, afin de proposer au public des écrits susceptibles d’être lus, discutés et débattus, au regard de ce que sa plume a produit et de la signification que ces textes peuvent revêtir.
Le roman "Qidr Al Hassaa", publié par les éditions Abi Raqraq en 2022, constitue le second volet, après L’Émirat du Puits (2015).
Il s’inscrit dans une démarche s’appuyant sur une lecture sociologique et anthropologique visant à transmettre des idées, des valeurs et des modes de vie propres aux populations du Sahara, ainsi qu’à mettre en lumière les manifestations de la vie dans cet espace, à travers l’examen des habitudes et des pratiques culturelles de ces territoires.
La cérémonie a été marquée par le vernissage d’une exposition de l’artiste Mohamed Loubani, qui se poursuivra jusqu’au 30 avril au centre culturel Ahmed Boukmakh.
Cette exposition propose des scènes de la vie quotidienne, notamment dans la ville de Tanger, ainsi que des portraits de femmes et d’artisans, en plus de représentations maritimes et urbaines, en s’appuyant sur le jeu de la lumière et la présence humaine.
D’autres intervenants, s’appuyant sur le concept du "pli" du philosophe français Gilles Deleuze, ont souligné que ce roman consacré à la littérature du Sahara met en lumière l’essence profonde dissimulée derrière cet espace géographique.
Dans ce cadre, le critique Mostafa Ouriaghli a proposé une lecture intitulée "La construction de l’identité narrative du Sahara" du roman "Qidr Al Hassaa", second volet après "L’Émirat du Puits", premier volet du diptyque "As-Sira Wa Al Khalass" de Mohamed Salem Cherkaoui, en s’appuyant sur la théorie selon laquelle "le récit possède une force fondatrice".
Partant de l’idée que les contes, récits, romans, épopées, mythes et biographies relèvent d’un acte existentiel et ne se réduisent pas à une simple narration, le critique a estimé que "Qidr Al Hassaa" contribue à façonner l’identité narrative du Sahara.
Il a souligné que la présence du Sahara n’y constitue "ni un simple décor ni un espace extérieur servant de toile de fond aux événements", mais s’impose comme un acteur central et un facteur déterminant, dont l’influence se déploie dans les différentes composantes du texte et de la construction narrative de l’œuvre.
Selon M. Ouriaghli, l’identité narrative développée par le roman de Mohamed Salem Cherkaoui "n’est pas une identité figée", mais une identité enracinée dans le passé, vivante dans le présent et ouverte sur l’avenir, dans la mesure où l’ensemble des composantes du roman concourt à forger une identité propre à cet espace géographique.
De son côté, le critique Mohamed Boujnane a estimé que "Qidr Al Hassaa " aborde une thématique philosophique fondée sur la notion du "pli" et sa relation avec l’espace saharien, ainsi qu’avec les mécanismes de la mémoire et du patrimoine culturel, soulignant que, dans le roman, le Sahara n’apparaît pas seulement comme un espace géographique, mais comme une véritable "machine à plier".
À travers des questions telles que "Que plie le Sahara ? Que révèle-t-il ? Quels sont les éléments par lesquels il efface et dévoile ?", le critique a relevé que tout dans l’espace saharien, tel que mis en avant par l’auteur, "se transforme et trompe en même temps", précisant que, malgré son apparente aridité, le Sahara "dissimule et recèle une nappe phréatique, source de vie".
Selon M. Boujnane, Mohamed Salem Cherkaoui met en lumière, dans ce roman, des facettes du Sahara différentes de celles explorées par des romanciers tels que le Libyen Ibrahim Al-Koni et le Saoudien Abdul Rahman Mounif.
Il s’agit, selon lui, de "relations dialectiques entre le visible et le caché": la sécheresse dissimule une fertilité souterraine (le puits), les sables recouvrent les traces tout en contribuant à la préservation du patrimoine, et les vents peuvent porter autant le mal que le bien.
Il a expliqué que le puits, motif central déjà présent dans le premier et le second volets du diptyque de M. Cherkaoui, constitue un point de rencontre entre le visible et l’invisible, permettant à l’"eau pliée" de resurgir, estimant que le puits occupe une place sacrée dans la culture saharienne.
Intervenant lors de cette soirée, qui a réuni des chercheurs et des passionnés de littérature, M. Cherkaoui a indiqué que la spécialisation dans la littérature du Sahara, ainsi que dans ses valeurs et ses savoirs, constitue un objectif qu’il s’est fixé.
Il a fait savoir que cette orientation vise à éviter que la production littéraire ne suive une seule et même direction, au point de devenir exclusivement urbaine, en glorifiant les mérites de la ville et en s’arrêtant à ses frontières, sans accorder l’attention requise aux vertus de la diversité, lesquelles renforcent à la fois l’authenticité du pays et son ouverture à la modernité.
L’auteur a souligné qu’il tend à se spécialiser dans la littérature du Sahara, afin de transmettre, selon une approche marocaine, certains univers de cet espace aux générations de chercheurs et d’universitaires, en les encourageant à explorer les prolongements méridionaux du Maroc et à faire de ce champ littéraire un objet d’étude partagé avec leurs homologues de Mauritanie, du sud de l’Algérie, du nord du Mali et des confins du grand Sahara.
Il a également partagé avec l’assistance une réflexion sur la fonction de la littérature, s’interrogeant sur le sens de consacrer des heures et des jours à lire les récits des anciens, à explorer les savoirs et les textes à la recherche de secrets, d’idées, de manifestations et de mystères, afin de proposer au public des écrits susceptibles d’être lus, discutés et débattus, au regard de ce que sa plume a produit et de la signification que ces textes peuvent revêtir.
Le roman "Qidr Al Hassaa", publié par les éditions Abi Raqraq en 2022, constitue le second volet, après L’Émirat du Puits (2015).
Il s’inscrit dans une démarche s’appuyant sur une lecture sociologique et anthropologique visant à transmettre des idées, des valeurs et des modes de vie propres aux populations du Sahara, ainsi qu’à mettre en lumière les manifestations de la vie dans cet espace, à travers l’examen des habitudes et des pratiques culturelles de ces territoires.
La cérémonie a été marquée par le vernissage d’une exposition de l’artiste Mohamed Loubani, qui se poursuivra jusqu’au 30 avril au centre culturel Ahmed Boukmakh.
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Bouillon de culture
Soutien aux projets d’arts plastiques et visuels
Le délai de dépôt des candidatures pour bénéficier du soutien aux projets culturels et artistiques dans le domaine des arts plastiques et visuels au titre de 2026 est prolongé jusqu’à vendredi prochain, a annoncé le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication - Département de la Culture.
Cette prolongation intervient suite aux demandes de plusieurs porteurs de projets culturels et artistiques et compte tenu de l’affluence importante qu’a connue la plateforme électronique lors des derniers jours, entraînant une forte pression technique, explique le ministère dans un communiqué.
Cette décision vise à offrir davantage d’opportunités aux candidats et à leur permettre de finaliser leurs candidatures dans de meilleures conditions, précise la même source.
Selon le communiqué, les candidatures doivent être déposées exclusivement via la plateforme https://daam.minculture.gov.ma.
Cette plateforme, souligne-t-on, permet aux porteurs de projets de télécharger les documents requis, de soumettre la déclaration sur l’honneur signée relative au domaine choisi par le candidat et de consulter le guide d’utilisation et ce, dans le cadre de la simplification des procédures et de l’amélioration de la qualité des services administratifs.
Le délai de dépôt des candidatures pour bénéficier du soutien aux projets culturels et artistiques dans le domaine des arts plastiques et visuels au titre de 2026 est prolongé jusqu’à vendredi prochain, a annoncé le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication - Département de la Culture.
Cette prolongation intervient suite aux demandes de plusieurs porteurs de projets culturels et artistiques et compte tenu de l’affluence importante qu’a connue la plateforme électronique lors des derniers jours, entraînant une forte pression technique, explique le ministère dans un communiqué.
Cette décision vise à offrir davantage d’opportunités aux candidats et à leur permettre de finaliser leurs candidatures dans de meilleures conditions, précise la même source.
Selon le communiqué, les candidatures doivent être déposées exclusivement via la plateforme https://daam.minculture.gov.ma.
Cette plateforme, souligne-t-on, permet aux porteurs de projets de télécharger les documents requis, de soumettre la déclaration sur l’honneur signée relative au domaine choisi par le candidat et de consulter le guide d’utilisation et ce, dans le cadre de la simplification des procédures et de l’amélioration de la qualité des services administratifs.










Rencontre à Casablanca autour de l’ouvrage "9. Ni forte ni faible, mère" de Zineb Bouazzaoui

