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Les investissements dans la production d'armes nucléaires progressent, dénonce une étude


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Vendredi 24 Avril 2026

De plus en plus d'institutions financières investissent dans la production d'armes nucléaires, alertent des ONG vendredi, mettant en garde contre un risque d'escalade dans un contexte de tensions internationales croissantes et de dépenses militaires record.

De nombreux experts s'inquiètent du risque d'une nouvelle course aux armements nucléaires, alors que des États qui en sont dotés sont impliqués dans des conflits en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, et que les efforts de longue date en faveur du désarmement et de la non-prolifération semblent s'essouffler.

Dans un rapport publié vendredi, la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix, et Pax, une autre organisation antinucléaire, ont souligné l'intérêt grandissant de nombreuses institutions financières pour les entreprises qui oeuvrent à développer et moderniser les arsenaux des neuf États nucléaires.

Selon ce rapport annuel intitulé "Ne misez pas sur la bombe" dont les données sont arrêtées à septembre 2025, 301 banques, fonds de pension, compagnies d'assurance et autres institutions financières ont financé ou investi dans des entreprises impliquées dans la production d'armes nucléaires.

Ce chiffre représente une hausse de 15% par rapport à l'année précédente, inversant des années de déclin, indique le rapport.
"Pour la première fois depuis des années, le nombre d'investisseurs cherchant à tirer profit d'une course aux armements est en augmentation", a souligné Susi Snyder, directrice des programmes d'ICAN et co-auteure du rapport.

"Il s'agit d'une stratégie à court terme risquée qui contribue à une dangereuse escalade", a-t-elle alerté dans un communiqué, soulignant qu'il est "impossible de profiter d'une course aux armements sans l'alimenter".
Les neuf États dotés de l'arme nucléaire - Russie, États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Pakistan, Inde, Israël et Corée du Nord - modernisent et/ou développent actuellement leurs arsenaux, ont relevé ces organisations, évoquant une stimulation de la demande pour ces armes.

Alors que le traité New Start - le dernier qui limitait le déploiement d'ogives nucléaires des deux principales puissances nucléaires, la Russie et les États-Unis - a expiré en février, le rapport souligne la forte hausse de la valorisation boursière de nombreux grands groupes d'armement.
Il met également en lumière la pression croissante exercée par les gouvernements, notamment en Europe, incitant les investisseurs à lever les restrictions éthiques pesant sur leurs investissements dans les entreprises d'armement.

Face à la menace russe et à la crainte grandissante que l'Europe ne puisse plus compter sur la protection de Washington, les gouvernements font valoir que les investissements dans le réarmement de l'Europe ne devraient pas être limités par des considérations éthiques, certains, comme le Royaume-Uni, allant même jusqu'à affirmer qu'il s'agit d'un devoir moral.

Le rapport publié vendredi identifie 25 entreprises impliquées dans la production d'armes nucléaires. Honeywell International, General Dynamics et Northrop Grumman étant les plus gros investisseurs, hors consortiums et coentreprises. Parmi les autres grands producteurs figurent BAE Systems, Bechtel et Lockheed Martin.
Selon le rapport, les trois principaux investisseurs dans ces entreprises, en termes de valeur des actions et des obligations, sont les fonds américains Vanguard, BlackRock et Capital Group.

Durant la période analysée, de janvier 2023 à septembre 2025, les investisseurs ont détenu plus de 709 milliards de dollars d'actions et d'obligations des 25 entreprises productrices d'armes nucléaires, soit une augmentation de plus de 195 milliards de dollars par rapport à la période précédente.

Parallèlement, près de 300 milliards de dollars ont été accordés sous forme de prêts et de garanties aux fabricants d'armes nucléaires, soit une hausse de près de 30 milliards de dollars depuis le dernier rapport.
Les trois principaux prêteurs étaient les géants bancaires américains Bank of America, JPMorgan Chase et Citigroup, selon le rapport, publié quelques jours avant la Conférence d'examen des Etats parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui s'ouvre lundi à New York.


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