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Intitulée «Le cannabis médical, une opportunité émergente pour l’industrie pharmaceutique marocaine», cette étude, menée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs marocains et internationaux, identifie l’année 2025 comme un tournant décisif. Elle correspond à l’entrée sur le marché du tout premier médicament marocain à base de cannabis médical, marquant le passage du cadre réglementaire à une application industrielle concrète.
Le produit concerné est un médicament générique à base de cannabidiol (CBD), destiné au traitement des formes de l’épilepsie résistantes aux thérapies classiques, notamment chez l’enfant. Pour les auteurs, cette avancée illustre l’intégration effective du cannabis médical dans une chaîne pharmaceutique complète, allant de la culture à la fabrication du médicament.
L’étude souligne que cette dynamique s’inscrit dans la mise en œuvre du cadre légal instauré par la loi 13-21, qui autorise l’usage du cannabis à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles. Elle met également en avant la portée stratégique du partenariat entre l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis, conçu pour renforcer la recherche et l’innovation dans ce secteur émergent.
Sur le plan thérapeutique, les chercheurs rappellent que les cannabinoïdes offrent des perspectives prometteuses dans le traitement de la douleur, des troubles neurologiques et psychiatriques, de certaines pathologies cancéreuses ou encore des maladies ophtalmologiques. Cette diversité s’accompagne d’un large éventail de formes pharmaceutiques possibles, des solutions buvables aux capsules, en passant par les sprays, patchs cutanés ou dispositifs d’inhalation.
Forte d’une industrie pharmaceutique déjà bien structurée, notamment dans le segment des médicaments génériques, le Maroc dispose selon l’étude d’un terrain favorable pour intégrer le cannabis médical à ses chaînes de production nationales, réduire sa dépendance aux importations et développer des produits à forte valeur ajoutée.
Au-delà de l’enjeu sanitaire, le potentiel économique est également mis en exergue. Le Royaume ambitionne de capter entre 10 et 15% du marché européen du cannabis médical à l’horizon 2028, ce qui pourrait générer entre 420 et 620 millions de dollars de revenus annuels, tout en créant des emplois et en stimulant l’innovation agricole et pharmaceutique.
Les auteurs rappellent qu’en 2023, le Maroc a réalisé sa première récolte légale de cannabis, avec une production de 294 tonnes, tournant symbolique dans un secteur longtemps confiné à l’économie informelle.
L’étude appelle toutefois à la prudence. Le développement durable du cannabis médical dépendra de la capacité de la recherche scientifique à isoler et maîtriser les cannabinoïdes, notamment le THC, le CBD ou le CBN, selon des standards internationaux stricts. A ce jour, seuls quelques médicaments dérivés du cannabis ont obtenu des autorisations d’agences de référence comme la FDA ou l’EMA.
Les chercheurs estiment enfin que le cannabis médical constitue une véritable opportunité stratégique pour le Maroc, à la fois économique, scientifique et industrielle, à condition de poursuivre l’investissement dans la recherche, de garantir une régulation rigoureuse et de bâtir une crédibilité durable auprès des partenaires internationaux.
Adam Ali









