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Driss Lachguar met les points sur les i : Les salaires sont gelés depuis 6 ou 7 ans

Il est grand temps de répondre aux revendications sociales




Il faut cesser de réserver l’enseignement des langues étrangères aux enfants des élites tout en imposant aux enfants des autres couches sociales une seule langue et des études classiques sans perspectives d’avenir

Horizon TV : Au début de cet entretien, nous aimerions savoir votre point de vue à propos de nombreuses questions d’actualité. Que pensez-vous du flux des migrants irréguliers au Nord du Maroc qui a pris une nouvelle tournure vu que les embarcations viennent désormais de la rive Nord de la Méditerranée pour transporter les migrants?
Driss Lachguar :  Nous ne devons pas approcher cette problématique d’un point de vue purement géographique. Comme vous savez, le flux de migrants irréguliers et la prolifération des mafias qui profitent de cette activité juteuse sont la conséquence logique des tensions qui ont secoué cette région au cours des dernières années et qui ont abouti à l’effondrement des Etats en Libye, au Yémen ainsi qu’à la déstabilisation de plusieurs régimes dont celui de la Syrie. S’ajoute à tout cela la situation économique et sociale dans nombre de pays africains, notamment les pays subsahariens et ceux du Sahel. Le Maroc est le seul pays de la région à avoir adopté une politique en matière d’immigration et d’asile qui a permis d’intégrer et de régulariser la situation de plus de 60.000 personnes. Lesquelles bénéficient actuellement du droit à l’éducation et à la santé. Le Maroc a donc assumé les retombées de la migration irrégulière, alors que d’autres pays dans la région ne disposent pas de politique en la matière.

Il s’agit ici de la problématique de la migration dans sa totalité, nous voudrions que vous nous parliez de la nouvelle vague de migration irrégulière que le Maroc a enregistrée surtout dans la région de Martil ?
Ce qui s’est passé, c’est que les routes maritimes de la migration irrégulière de l’est de la Méditerranée ont été fermées. L’accès à l’Europe devient presque inaccessible soit via la Syrie ou la Libye dont la dégradation de la situation sécuritaire rend dangereuse cette route vers l’Europe. Tout cela explique le changement de direction vers le Maroc qui est devenu la porte d’entrée à la rive Nord de la Méditerranée, d’où la pression qu’il subit du fait de l’augmentation du nombre de migrants irréguliers.
L’Union européenne doit prendre conscience que le Maroc a  consenti un effort gigantesque en allouant un budget important à la lutte contre la migration irrégulière alors que ce budget aurait dû  être destiné au développement. Il ne peut donc plus continuer à jouer le rôle de gendarme pour les pays européens. Malheureusement, cet effort ne trouve pas d’écho chez nos voisins européens, car il ne s’agit pas seulement de migrants qui débarquent au Maroc dans l’objectif de se rendre en Europe, mais également de certains de nos compatriotes dont nous comprenons la situation qui considèrent qu’ils peuvent profiter de ce mouvement migratoire.

Cela nous conduit à vous poser une autre question en l’occurrence celle concernant la mort d’une jeune fille, étudiante en droit, qui a laissé sa vie dans sa tentative d’émigrer. Quel effet ce triste incident a eu sur vous ?
La mort de cette jeune fille au large nous interpelle tous : gouvernement, partis politiques et société civile. Nous en assumons tous la responsabilité. Nous ne voulons en aucun cas qu’un seul citoyen pense à l’émigration irrégulière, mais nous connaissons les contraintes de la conjoncture. Je saisis cette occasion pour présenter mes sincères condoléances à la famille de la défunte. Je crois qu’il est indispensable de consentir plus d’efforts pour mettre fin à cette situation et épargner des vies humaines. Par ailleurs, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Nous avons vu comment certaines personnes ont voulu pêcher en eaux troubles, car nous savons qu’il y a eu  des centaines de victimes de la migration irrégulière et nous rappelons que la Méditerranée, et notamment la route reliant le Maroc et l’Espagne, a constitué un cimetière pour de jeunes Marocains. Il faut préciser que le Maroc consent aujourd’hui des  efforts énormes et ce qui s’est passé récemment n’est qu’une exception. Nous devons dire ça suffit, mais il faut également s’abstenir d’instrumentaliser ce genre d’incidents à des fins inavouables.

Le troisième sujet d’actualité que nous voudrions aborder avec vous concerne un  nouveau phénomène qui consiste à scander des slogans politiques dans les stades de foot critiquant l’action du gouvernement et demandant des postes d’emploi et une vie décente. Comment expliquez-vous ce nouveau phénomène ?
Je suis de ceux qui pensent qu’il faut éloigner le sport du débat politique. Aujourd’hui au Maroc, une personne peut toucher à tout et parler de tous les sujets, de la médecine, du droit, du sport,… Elle veut être à la fois critiqueuse et responsable. Je crois que cela est dû au climat de  liberté que connaît le Maroc grâce aux sacrifices des générations antérieures et je crois aussi que le fait que les Marocains parlent de tout est quelque chose de positif. Mais pour que les critiques soient constructives, il faut qu’elles émanent de personnes compétentes. Je ne vois pas l’intérêt de transformer un stade de foot en un espace de règlement des conflits politiques et de scander des slogans favorables ou hostiles à une partie ou à une autre.

L’USFP fait partie de la majorité gouvernementale dont les deux importantes composantes, à savoir le PJD et le RNI, se sont livrées à de vifs échanges. Comment avez-vous traité cette question au sein de votre parti ?
Il convient tout d’abord de préciser qu’il n’y a pas d’éléments importants et d’éléments superflus au sein de la majorité gouvernementale. Et si l’on considère que ces deux partis sont les seules composantes essentielles du gouvernement, ils n’ont qu’à le former tous les deux. La majorité a besoin de chaque parti quelle que soit sa position.
Je crois que la majorité est encadrée par une charte qui lui permet de discuter des dossiers et des problèmes inhérents à ses composantes et qui exige qu’ils soient traités sur un pied d’égalité en son sein. Dans ce cadre, nous avons demandé, lors de la dernière session du Conseil national du parti, la réunion de la majorité sous la présidence du chef du gouvernement en vue de trouver des solutions aux problèmes et aux dossiers concernant le pays et les citoyens surtout dans les domaines de la santé, de l’emploi, de l’éducation et du transport…

Nous allons revenir à ces questions, mais préalablement nous souhaiterions vous demander s’il va y avoir réunion (NDLR : réunion tenue jeudi dernier) des partis de la majorité gouvernementale ? 
Effectivement, nous allons tenir une réunion de la majorité aujourd’hui. Le chef du gouvernement a accepté de la réunir.

Concernant la question des échanges vifs entre le PJD et le RNI, comment votre parti a-t-il traité ce sujet ? Est-ce que vous êtes intervenu pour calmer les choses? Est-ce que vous avez proposé un plan pour rapprocher les points de vue ?
Nous avons réagi et nous avons appelé à la tenue d’une réunion de la majorité qui traitera les dysfonctionnements des relations entre ses composantes et auxquelles il faut trouver des solutions. Par ailleurs, nous aussi en  tant que USFP nous sommes victimes d’une injustice à cause de certaines pratiques et déclarations, mais nous avons décidé de traiter cela dans le cadre de la majorité.
Nous sommes persuadés que notre mission est d’abord de mettre fin au calvaire de la famille marocaine qui vit depuis trois ou quatre mois sous la pression de fortes dépenses successives : vacances estivales, fêtes,  rentrée scolaire,... Cela exige que nous consacrions notre temps aux problèmes essentiels des Marocains.

Les citoyens attendent que le gouvernement œuvre à satisfaire leurs attentes pressantes, mais ils sont surpris par les informations relayées par les médias sur les luttes intestines entre les composantes de la majorité . Est-ce que cela ne vous met pas dans l’embarras ?
C’est la raison pour laquelle l’USFP a décidé de ne pas s’y mêler soit par des prises de positions politiques soit via les médias du parti. Nous avons tenu à garder nos distances vis-à-vis des questions et des problèmes qui concernent la majorité gouvernementale et qui ont été évoqués par les médias, car nous considérons que ces problèmes ne sont pas essentiels. Ce sont les problèmes des citoyens qui nous préoccupent le plus. Notamment la question de l’éducation à propos de laquelle nous avons pris des positions fermes et claires pour éviter tout faux débat sur le sujet. La Constitution de 2011 a défini les constantes de l’identité et a tranché la question des langues et des méthodes. Les grandes orientations sont contenues actuellement dans le projet de loi-cadre concernant la réforme de l’éducation sur lequel le débat doit porter. Le faux débat qui a éclaté à propos de cette question récemment n’est qu’une manœuvre visant à jeter aux oubliettes l’une des revendications principales, à savoir l’égalité dans l’enseignement des langues. Ça suffit, Il faut cesser de réserver  l’enseignement des langues étrangères aux enfants des élites tout en imposantaux enfants des autres couches sociales une seule langue et des études classiques et sans perspectives d’avenir.

Vous voulez dire qu’il y a des parties qui veulent nous détourner des vrais débats, quelles sont ces parties ?
Elles sont de différentes natures. Il y a ceux qui nous exhortent à nous  contenter de la langue arabe, alors que dans leur vie quotidienne, ils font le contraire qu’il s’agisse de leur éducation ou de celle de leur progéniture. Le droit des enfants d’apprendre les langues française et anglaise dès le primaire doit être le même pour tous les enfants marocains qu’ils soient inscrits dans le privé ou dans l’enseignement public. Nous sommes tous attachés à ce que la langue arabe soit la langue d’enseignement. Il y a des lobbys. Il y a ceux qui prônent le puritanisme idéologique en faisant le lien entre la langue arabe et la religion islamique et en adressant leur discours à la majorité du peuple, alors que les enfants de l’élite poursuivent leurs études dans les écoles de la mission française ou dans les écoles privées qui leur enseignent les langues étrangères. L’USFP veut mettre un terme à cette schizophrénie. Nous militons pour une école publique, moderniste, ouverte sur la connaissance et les sciences, et non pas une école publique de second rang, traditionnaliste et conservatrice.

Vous avez tenu récemment la réunion du Conseil national du parti durant laquelle vous avez critiqué l’action gouvernementale. L’une des revendications mises en exergue par le Conseil national concerne l’augmentation des salaires. S’agit-il d’une campagne électorale avant l’heure ?
Absolument pas. Ce sont des revendications objectives qui s’inspirent de notre référentiel social-démocrate et également de l’analyse concrète de la réalité marocaine. Il faut reconnaître que le pouvoir d’achat du citoyen a été sérieusement écorné et que les salaires ont été gelés depuis 6 ou 7 ans. Vous vous rappelez comment le précédent gouvernement s’était opposé à toute discussion concernant la question de l’augmentation des traitements et salaires. Nous croyons qu’il est temps de répondre aux revendications sociales dans la prochaine loi de Finances. Nous n’avons pas proposé cela pour faire de la surenchère.

Vous faites partie de la majorité et personne ne vous interdit de proposer cela lors de la discussion de la loi de Finances.
Soyez tranquille… Nous avons mis l’accent sur la nécessité d’augmenter uniformément les salaires de 500 DH comme mesure urgente. Nous avons également demandé l’augmentation des  allocations familiales de 200 à 350 DH et une déduction fiscale à hauteur de 5.000 DH par an et par enfant scolarisé dans l’enseignement privé. Nous avons également proposé les approches et les moyens financiers de nature à permettre la réalisation de tout cela.

Il est facile de demander l’augmentation des salaires et des indemnités, mais nous savons que la loi de Finances est intimement liée à des ressources et l’on connaît celles dont dispose le Maroc. Est-ce que vous avez une vision concernant le financement de toutes ces augmentations ?
Oui tout à fait. Nous avons une vision. Nous avons remarqué que le chapitre relatif aux équipements et aux dépenses n’augmente annuellement  que de 4 % dans les meilleurs des cas. Malheureusement, nous avons aussi constaté que ce pourcentage a augmenté pour atteindre 16,5 % durant l’année dernière. Nous estimons que le volet concernant les équipements et les dépenses qui s’inscrivent dans le cadre du budget de fonctionnement doit être revu à la baisse pour financer les besoins essentiels des citoyens. Sincèrement, que se passera-t-il si nous arrêtons d’acheter des véhicules de service ou si le gouvernement met un terme aux indemnités exorbitantes ? Nous sommes contre le cumul des indemnités et des mandats...

Rien n’interdit le cumul des indemnités et des fonctions. Quelle est la proposition pratique de l’USFP pour mettre fin à cela ?
Nous avons déposé une proposition de loi à ce propos. Mais malheureusement elle n’a pas trouvé d’écho parmi nos alliés de la majorité parlementaire ni au sein de l’opposition. Personne ne nous a soutenus. 

Vous avez présenté une proposition appelant à l’annulation du scrutin de liste et le retour au scrutin uninominal. Pourquoi l’USFP qui a tant milité pour l’instauration du scrutin de liste a-t-il proposé le retour au scrutin uninominal ?
En toute responsabilité, je réitère que l’USFP a toujours milité pour la démocratisation du pays. Pour cette raison, le parti a pris des initiatives et formulé des propositions visant à renforcer et à consolider le processus démocratique au Maroc. Notamment celles concernant le scrutin de liste dont le but était noble. Mais l’expérience et la pratique ont montré que l’application de ce scrutin a conduit à la catastrophe. Il y a un grand problème en ce qui concerne la gouvernance. Nous avons vu comment S.M le Roi avait parlé des élus lors d’un de ses discours. La question de S.M le Roi sur la finalité des élections qui  débouchent sur ce genre de résultats est légitime. La vérité est que ce système électoral ne peut pas produire les résultats escomptés. Pour cela, il faut le changer.

Nous revenons donc vingt ans en arrière, puisque le système uninominal a débouché aussi sur des catastrophes…
Ce n’est pas un problème. Pour nous à l’USFP, à l’instar des autres partis, notre rôle est d’encadrer la société, ce qui exige une proximité. Nous avions dans chaque quartier un siège ou une cellule afin d’être proches des citoyens. Mais lorsque nous avons opté pour le scrutin par liste, la concurrence au sein des partis a concerné les premières places, particulièrement celles de têtes de liste.

Y a-t-il eu une tentative pour savoir s’il peut y avoir un éventuel retour du scrutin uninominal ?
Nous avons ouvert un débat sur ce sujet et tout le monde s’accorde à dire que ce système électoral a atteint ses limites. Nous n’avons pas de solution magique mais nous appelons dès maintenant avant les élections à l’ouverture d’un dialogue avec les acteurs politiques, le gouvernement et le ministère de l’Intérieur, en tant que responsable du système électoral; et à travers ce dialogue, nous tâcherons de trouver une solution efficiente.

Dans le même ordre d’idées, vous demandez que le seuil passe de 6 à 3%, ce qui conduira à la dispersion des voix ?
Pas du tout. Nous ne l’avons pas fait. Cela est arrivé dans un cadre précis lors du débat se rapportant à la liste nationale et à la liste locale.

Que pensez-vous de la liste nationale ?
Vu comment elle est devenue, elle devra faire l’objet d’une révision.

Elle est devenue une rente politique
Elle n’a pas accompli, du moins, le rôle auquel nous aspirions. Nous croyons qu’elle donnera la possibilité aux jeunes et aux femmes pour faciliter le passage de la liste nationale à une concurrence aux niveaux local et national. Malheureusement, elle n’a pas donné lieu à ce résultat et l’objectif a été partiellement atteint. Aujourd’hui, la question se pose sur la sauvegarde de la liste nationale en vue de garantir une approche genre à travers la représentativité féminine. Cette liste va-t-elle rester nationale ou deviendra-elle régionale ou est-ce qu’on va concevoir de nouveaux modes quant à la représentativité féminine ? Ce sont là des questionnements que nous traitons au sein des instances et commissions du parti.

La question de la préservation de la liste nationale devra-t-elle être soumise devant la majorité ?
Elle sera soumise devant la majorité, tout comme d’ailleurs l’opposition, puisque l’opération concerne tout le monde.

Lors des dernières élections législatives, vous avez présenté un programme comprenant 555 mesures. Combien de mesures ont-elles été appliquées après un an et demi au sein du gouvernement ?
Je suis l’action gouvernementale d’une manière générale et les départements dirigés par les ministres ittihadis d’une façon particulière. Et l’opinion publique est au fait des efforts déployés dans les départements chargés des MRE et des Affaires de la migration, de la Fonction publique et de la Réforme administrative, ainsi que du Commerce extérieur. Et je ne peux que saluer les efforts des ministres ittihadis au sein de l’équipe gouvernementale quant à l’exécution des propositions de notre programme électoral.

Y aura-t-il des élections à la Chambre des conseillers ?
J’ai pris connaissance des candidats via la presse seulement, et à ce que je sache, il n’y a aucune candidature déposée pour le moment.

Quand est-ce que vous allez terminer votre mandat à la tête de l’USFP et est-ce que vous comptez partir ou rempiler ? Quelles sont les projections de la direction du parti ?
Je suis responsable de la direction du parti aux côtés d’autres dirigeants dans le Maroc d’aujourd’hui. Dans votre présentation de cette interview, vous avez parlé de Mehdi, Abderrahim et Abderrahmane, chacun a assuré l’étape de sa direction. En ce qui me concerne et sous quelque prétexte que ce soit, je n’ai pas à chercher à ressembler à qui que ce soit. Je pars de la réalité du Maroc d’aujourd’hui sans regarder en arrière pour me projeter sur l’avenir. Cette lourde responsabilité fait que ma seule mission est de m’employer à œuvrer à l’horizon de 2021, l’année où le mandat de l’actuelle direction arrive à son terme. L’année de la tenue du prochain Congrès du parti.  

 On termine par trois noms : Abdelilah Benkirane ?
Une étape révolue

Nabil Benabdellah ?
Secrétaire général du PPS

Khalid Alioua ?
Tout ce qui a été publié n’était qu’assertions et mensonge. La sortie de Khalid Alioua de prison émanait d’une décision de la justice rendue par la Chambre criminelle et non sous prétexte de l’enterrement de sa mère comme prétendaient certaines personnes. 

Traduit par la rédaction
Lundi 15 Octobre 2018

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