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Le prisme tactique : Une victoire de transition




C’est dans une ambiance surchauffée que le Wydad de Casablanca a décroché sa qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Une victoire due à un pressing tout terrain, et surtout à la tactique suicidaire de son adversaire.  (CHAPÔ)
Même seul devant le film du match, on a eu un avis partagé sur la qualification du WAC, tiraillé entre sa prestation stakhanoviste et à haute intensité, et celle incompréhensible de Zanaco, alors que la position au classement des ce dernier, suggérait plus de prudence et donc une toute autre approche tactique que son plan de jeu suicidaire. Une seconde lecture du match nous a prouvé qu’il y avait un peu des deux. Les Zambiens se sont tiré une balle dans le pied. Ce fut clair comme de l’eau de roches, celle qui trouve son origine dans les glaciers de haute altitude, hauteur à laquelle s’est hissé le collectif du Wydad, samedi soir. 
Pas de surprise au coup d’envoi, on ne change pas une formule qui ramène des résultats. Par rapport au dernier match, l’entraîneur du WAC, Houcine Ammouta, a conservé le même système, celui prôné depuis son arrivée (4-3-3) en faisant 2 changements : B. Gadarine remplace A. Lamrabet, W. El Karti – J. A. Ben-Idir. En face, l’équipe de Zanaco s’est présentée en 4-4-2.

Un Match intense 
et désordonné
29 tirs (7 cadrés). C’est le genre de statistiques qui font autant rêver les observateurs que cauchemarder les entraîneurs. En faisant fi de l’organisation et de la discipline tactique, les deux équipes, le WAC à un degré moindre, ont fait place à un jeu de transition rapide, consécutif au pressing tout terrain des deux blocs. 
Pour les Zambiens, il s’agissait de gêner la relance adverse. Leurs attaquants se situaient  entre les défenseurs centraux marocains et la sentinelle au milieu de terrain S. Saidi et appliquaient une très grande pression orientés vers les latéraux. Ces derniers n’avaient pas le temps de trouver les solutions pour jouer vers l’avant. Justement, à défaut d’être dangereux en construisant, et paradoxalement à leur emprise sur le ballon (63%), les Rouges ont déstabilisé la défense adverse grâce à un pressing haut et un jaillissement instantané dans les couloirs à la récupération. Plusieurs images interpellent sur les espaces engendrés par la projection quasi systématique des latéraux zambiens. Un manque de discernement qui a souvent facilité les contres du WAC.   
Ce pressing efficace et cette prise d’espaces sont, en outre, la conséquence directe du meilleur équilibre du WAC en phase offensive. On en revient à la discipline de l’entrejeu dans ce match, largement supérieur côté Wydad, qui a contribué à rendre l’équipe plus efficace à la perte du ballon grâce à une meilleure occupation des espaces et au travail de pressing admirable du trident d’attaque wydadi. Même si ces derniers ont souffert par moment d’un altruisme exacerbé qui peut être assimilé à un manque de prise de décisions instinctives. Exactement la force qui caractérise les absents dans ce secteur de jeu, F. Ondama et W. Jebbour.

Une seconde période 
plus structurée 
Afin d’annihiler le pressing étouffant du WAC, les Zambiens ont répondu par de longs ballons aux abords de la surface adverse et ont laissé venir l’adversaire pour le contrer : leur plan de jeu a retrouvé une certaine logique dans une telle situation. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas réussi à mener un seul contre à terme. Trop souvent, les transitions ont été gâchées, soit par un mauvais choix, soit par du déchet technique. Malgré cela, les Zambiens ont, quand même, eu des opportunités pour ouvrir le score en contre jusqu’à la 58’ qui a marqué un tournant fatidique. Carton rouge pour Zanaco, suivi de l’entrée de Khadrouf à la place de A. Assbahi. Le natif de Mohammedia a amené plus de poids dans la surface de réparation adverse, à travers projections et courses généreuses et discontinues, il a, aussi, fait passer la prestation d’A. Assbahi dans la médiocrité, d’autant plus qu’il a été à l’origine du but aussi salvateur que chanceux de Bencherki, en récupérant le ballon à hauteur de la ligne médiane. Le but, le carton rouge, autant d’événements qui ont eu le don de couper l’herbe sous les pieds des Zambiens, que l’on a plus revus du match. 
On se demande, toujours, comment une équipe, en l’occurrence Zanaco, qui a besoin d’un match nul pour se qualifier peut-elle autant se projeter et en nombre dans le camp adverse à chaque récupération du ballon.  Après avoir réalisé un sans-faute lors de la phase retour, l’important pour l’équipe de H. Ammouta sera de conserver cet équilibre à l’avenir. Car même contre des équipes encore plus regroupées en défense, le pressing reste une arme redoutable.

(Stagiaire)

Chady Chaabi (Stagiaire)
Lundi 10 Juillet 2017

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