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Le CNDH présente son rapport sur les évènements d’Al Hoceima

Appel à la mise en place d’un nouveau pacte social




Le CNDH présente son rapport sur les évènements d’Al Hoceima
«Le CNDH appelle à la mise en place d’un nouveau pacte social considéré comme un prolongement des efforts de développement et comme une nouvelle étape dans le processus de réconciliation socioéconomique initié dans la région ». C’est l’une des conclusions du rapport du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) sur les manifestations d'Al Hoceima.
Cette institution constitutionnelle a souligné dans ce cadre qu’elle va créer une instance spéciale auprès de sa présidence pour suivre la réhabilitation de la mémoire dans la région du Rif et elle s’est également engagée à publier les témoignages recueillis par l’IER concernant cette région.  L’ouverture du musée du Rif constituera de toute évidence un moment crucial dans l’histoire de la mémoire collective de la région dont la symbolique ne peut être ignorée, a mis en avant la synthèse de ce rapport présenté récemment en conférence de presse à Rabat.
D’après les analyses des slogans et des revendications scandées par les manifestants, le CNDH considère que la question de la mémoire se pose en termes économiques en sus de ses dimensions politiques et culturelles, soulignant  que la réconciliation n’était pas équilibrée puisque seule une élite limitée en a tiré profit.
Le CNDH rappelle les faits et les revendications des manifestants. Sur les 12 mois de protestation, il a  comptabilisé un total de 814 manifestations, affirmant qu’aucune demande d’autorisation n’a été enregistrée.
Selon le CNDH, le caractère pacifique des protestations d’Al Hoceima, constaté durant les 6 premiers mois, a été négativement impacté par « un dialogue tardif avec les membres du gouvernement et une quasi-absence de discussions avec les élus locaux ».
Le silence des autorités compétentes a mené vers une tournure plus agressive des manifestations.
Présentant les grandes lignes de ce rapport de 400 pages, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, a souligné que la lecture de ces événements a été fondée sur les droits humains.
S'inscrivant dans un esprit d'ouverture et de transparence, le rapport se penche sur les pratiques et faits considérés comme étant aux antipodes des principes de démocratie et des droits de l'Homme, lesquels se trouvent ainsi recensés par le conseil.
Les manifestations d'Al Hoceima, a-t-elle dit, sont intervenues dans un contexte particulier en tant qu'événement exceptionnel dans la vie politique du point de vue tant de leur durée que de leur ampleur et leurs incidences.
Le Conseil aborde dans son rapport les allégations de torture et de mauvais traitements en lien avec ces événements, tout en veillant à mettre en lumière une série d'informations à ce sujet.
En outre, le rapport traite un certain nombre de questions qui n'ont pas été soulevées par le passé, permettant d'analyser des informations erronées et trompeuses, de même qu'il aborde les discours animés de haine et de violence qui ont été véhiculés lors des manifestations, a poursuivi Mme Bouayach.
La présidente du CNDH a affirmé que l'interaction de son institution avec les familles et proches des détenus lui a permis de cerner au mieux le dossier des événements et leur déroulement, ainsi que les détentions survenues sur fond des événements. Le Conseil n'a pas manqué d'apporter son soutien aux familles des détenus de façon continue, selon les besoins de chaque cas.
Amina Bouayach a relevé que les témoignages des éléments des forces de l'ordre qui ont été blessés ou ceux qui souffrent encore de ces blessures ont permis de jeter la lumière sur un angle pas encore connu ou ignoré par les citoyens, justifiant le lancement de cette initiative par la nécessité de mener une évaluation de la réalité, des allégations et des accusations dans le cadre d’une approche objective.
L’objectif est de jeter la lumière, d’une manière fidèle, sur les caractéristiques ayant fait des protestations d’Al Hoceima un événement sans précédent dans le contexte des droits de l’Homme au Maroc.
La présidente du CNDH a fait savoir qu’au cours de l’élaboration du rapport, toutes les parties ont été entendues, dont les familles, les détenus, les forces de l’ordre et les autorités, tout en se basant sur ce qui a été véhiculé lors du procès et les enregistrements effectués lors des manifestations.
Le rapport évoque le caractère pacifique des manifestations avant de devenir violentes, faisant état des dépassements causant notamment une invalidité à un élément des forces de l’ordre touché par une pierre au niveau de la tête, ainsi que l’incendie de la résidence des forces de l’ordre à Imzouren.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil, Mounir Bensalah, a indiqué que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans ces manifestations, rappelant que le CNDH a comptabilisé 302.000 posts publiés sur ces événements, dont 10.000 fake news.
Le rapport contenant 63 conclusions et 32 recommandations se décline en chapitres se rapportant à "la chronologie des manifestations du Rif 28 octobre 2016-octobre 2017", "l’atteinte à la liberté de culte”, "les revendications d’Al Hoceima, faits et suivi”, “les allégations de torture et cas de violence”, “l’analyse des posts des réseaux sociaux” et “l’interaction du Conseil avec les détenus et leurs familles”.

H.T
Mercredi 11 Mars 2020

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