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Ahmed Réda Chami élu à la tête de l'Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique


Vers l’adoption d’une approche participative centrée sur les besoins des citoyens africains



Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami, a été élu à l’unanimité, mercredi à Rabat, nouveau président de l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique (UCESA), lors de l’assemblée générale élective de l’Union. S’exprimant à cette occasion, il s’est félicité de la confiance témoignée par les représentants des membres de l’UCESA à l’égard du CESE, qui assurera la présidence de l’Union pour la période 2019- 2021. «Mes premières pensées se dirigent vers mon prédécesseur, le président du CES du Mali, Boulkassoum Haidara, qui a mené son mandat à la tête de notre Union avec efficacité et clairvoyance au cours de ces deux dernières années grâce auquel l’UCESA a réussi à consolider sa position parmi les institutions internationales et régionales africaines», a-t-il relevé. Dans la feuille de route de la mandature marocaine, Ahmed Réda Chami met l’accent sur quatre grandes priorités, à savoir le renforcement des dispositifs institutionnels et organisationnels de l’UCESA et la promotion d’un référentiel de normes et d’objectifs d’une charte sociale. Il s’agit aussi de renforcer la coopération, de l’élargir et mieux positionner l’UCESA et de porter la thématique de l’impact du «dérèglement climatique et les réponses à apporter au bénéfice des populations africaines» en coconstruisant une approche participative centrée sur le citoyen. «Nous veillerons ensemble à lancer une réflexion sur l’impact du dérèglement climatique et le défi de la transition climatique en adoptant une approche participative et centrée sur les besoins des citoyens africains et à initier l’élaboration d’une plateforme commune sur le climat pour faire entendre la voix de l’UCESA au niveau des instances internationales», a-t-il expliqué. «Notre ambition est de hisser la contribution de l’Union à la dynamique d’amélioration du bienêtre des citoyens africains et au développement durable du continent», a-t-il souligné. Pour sa part, le président sortant et président du Conseil économique, social et culturel du Mali, Boulkassoum Haidara, a passé en revue les faits marquants de sa mandature, se félicitant des résultats probants réalisés grâce aux efforts de ses membres en vue d'ouvrir l'Union à des institutions régionales et internationales à travers l'établissement des relations de partenariat avec plusieurs institutions notamment la CEDEAO et l'Union africaine à travers la communauté économique africaine. Il a aussi rappelé la feuille de route du bureau sortant qui comprenait une série d'actions visant à renforcer le rôle de l'UCESA en tant qu'outil d'intégration africaine et à améliorer la visibilité et la lisibilité de l'institution. Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, a affirmé, dans une allocution lue en son nom à l'ouverture des travaux, que la contribution des Conseils économiques et sociaux à la réflexion sur les modèles de développement en Afrique revêt une importance toute particulière. Il a, en outre, souligné que la tenue de cette assemblée est particulièrement pertinente au vu du contexte actuel, dans lequel une réflexion approfondie est menée au niveau du continent sur les modèles de développement, l'intégration économique, tant au niveau continental que régional, ainsi que sur les différents défis que l'Afrique est appelée à relever et le rôle qu'elle est amenée à jouer dans le concert des nations. «Dans le cadre de cette réflexion, la contribution des Conseils économiques et sociaux, en tant que forces de proposition et espace d'évaluation, d'analyse et de prospective revêt une importance toute particulière», a-t-il affirmé. Il a, à cet égard, noté que le CES bénéficie d'une place distinguée dans l'architecture institutionnelle du Royaume, ajoutant qu'il est élevé au rang d'institution constitutionnelle. Le ministre a aussi saisi cette occasion pour réaffirmer l'engagement du Maroc en faveur du développement et de la paix en Afrique, évoquant notamment la cinquantaine de visites effectuées par S.M le Roi Mohammed VI, lesquelles ont donné lieu à la signature de centaines d'accords, ce qui a permis de «donner de la hauteur et de la profondeur aux relations du Royaume avec le reste du continent et d'en faire la priorité de sa politique étrangère». Le Maroc, a-t-il poursuivi, ambitionne de mettre à disposition son potentiel, son expérience et ses forces vives pour contribuer à l‘effort consenti pour une meilleure gouvernance et une meilleure synergie entre les économies du continent ainsi que pour la mise en place de stratégies et surtout la réalisation effective de politiques multisectorielles permettant la réalisation des objectifs de la stratégie 2063 qui coïncidera avec la célébration du centenaire de la création de l'UA. Par ailleurs, «l'engagement du Maroc vis-à-vis de défis tels que la lutte contre le terrorisme, la migration pour laquelle le Maroc est champion continental et le changement climatique est réel et irréfragable», a insisté Nasser Bourita. Le ministre a, à cet effet, indiqué que le Maroc accorde une mention toute particulière à la question du dérèglement climatique, qui s'est notamment manifestée à travers l'organisation du premier «Sommet africain de l'action en faveur d'une co-émergence continentale» à l'initiative de S.M le Roi, en marge de la COP 22, et qui fut l'occasion pour les pays africains de mettre au point une vision commune afin de défendre les positions et les attentes du continent, liées à la question du changement climatique. La prise de conscience, par le Maroc, de la corrélation existante entre les effets néfastes du changement climatique sur le développement de nos pays, a permis de hisser les questions environnementales au cœur des politiques publiques, des programmes de développement et des institutions appelées à les prendre en charge, at-il ajouté. Il a cité pour preuve le fait que le Conseil économique, social et environnemental du Royaume s'appelait à l’origine «Conseil économique et social». Le qualificatif «environnemental» y a été sciemment ajouté justement pour marquer l‘importance primordiale accordée par le Souverain et le Maroc à ce volet crucial de son devenir, a-t-il souligné. De par ses répercussions environnementales bien sûr, mais aussi économiques, sociales voire territoriales, la problématique du changement climatique nécessite l'adoption d'une approche holistique, en intégrant la composante climatique comme facteur structurel en tant que tel, a-t-il conclu.

Quid de l’UCESA ?

Créée en 2001, l'UCESA regroupe les CES d'Afrique et représente le continent dans le conseil d'administration de l'Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS). Elle vise en particulier une implication des CES dans le processus d'intégration, la promotion du dialogue social et l'organisation périodique de rencontres de réflexion.

Libé
Jeudi 19 Décembre 2019

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