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Prisme tactique : USMA-WAC Tout est à refaire à Casablanca

Une défense de fer pour un résultat en or




Le Wydad de Casablanca 
a arraché un nul (0-0) sur 
la pelouse de l'Union sportive de la Médina d'Alger (USMA), vendredi soir au Stade 5 juillet 
à Alger, en match comptant pour les demi-finales aller de la Ligue des Champions d'Afrique de football.
Après ce résultat, les Rouge et Blanc, qui ont écarté le tenant du titre au tour précédent, joueront leur place en finale devant leur public, le 20 octobre.
L'autre demi-finale devait 
opposer hier les Tunisiens de l'Etoile Sportive du Sahel 
à Al Ahly Club d'Egypte.


Si la valeur défensive du WAC n’est plus à prouver, les phases de transition ainsi que le poste d’attaquant sont toujours assujettis à de profondes interrogations.
Ce fut une intéressante opposition de style, sur une pelouse indigne d’une demi-finale de champions league. Face à des Algérois brouillons et stériles, mais qui ont eu la possession (60 %), le Wydad a livré une prestation dont les motifs de satisfaction, notamment un socle défensif en fer, ont été aussi voyants que la désillusion au niveau de l’animation offensive proche du néant, alors que la présence de 4 joueurs offensifs dans le 11 initial suggérait une toute autre prestation.  

Ce qui a marché :
Bien défendre est  un art que le Wydad maîtrise indéniablement (4 buts encaissés en 9 matchs). Déployé dans un 4-5-1 compact et resserré à la perte du ballon, les hommes d’Ammouta se sont attelés à priver les accélérateurs de jeu algérois, que sont Maziane et Hamzaoui, de temps et d’espace. Pour ce faire, à 10 dans leur camp, ils attendaient patiemment que le porteur du ballon, franchisse la ligne médiane pour actionner leur pressing, ce qui a eu pour effet d’orienter invariablement le jeu des Usmistes sur les côtés, annihilant ainsi tout risque pour la défense d’être inquiétée dans son dos. Justement, le second point à souligner est symbolisé par l’impressionnante capacité des Rouge et Blanc à se replier sous l’effet de la pression sans rompre pour autant. Une qualité résultant d’une parfaite lecture de la trajectoire des centres, par la charnière centrale, aussi solide qu’hermétique, Rabeh – Attouchi, qui, en même temps, a muselé, le principal danger offensif adverse, Darfalou. Une mention spéciale est aussi à accorder au portier wydadi. Sur les rares incursions dans l’axe des Algériens ponctuées par un tir, Laaroubi a su garder ses cages inviolées, par des top classe arrêts (15 tirs subis dont 4 cadrés).

Ce qui n’as pas marché :  
Le plan initial avait pourtant du sens : favoriser l’équilibre général et permettre au quatuor offensif de se projeter. Il est (trop) rapidement parti en fumée sous l’effet de la rigueur et de la discipline imposées par les Algérois. Il aurait fallu davantage de mouvement, de vitesse et de créativité pour sortir de la tenaille. Pas vraiment les caractéristiques premières du milieu du WAC. Un naufrage technique de l’entre-jeu, dont les pertes de balles ont été aussi régulières que le relevé sismologique de la faille de San Andreas. Pour preuve, les Wydadis ont difficilement atteint la barre des 50 % de passes réussies. Outre l’inhabituelle fébrilité balle au pied d’El Karti, et alors que les deux centraux sont très écartés, S. Saidi ne vient jamais chercher le ballon pour relancer, en s’intercalant dans l’espace entre les défenseurs. Il reste très proche de son milieu, facilitant ainsi, l’option défensive, du pressing haut, privilégié par l’Usma. De plus, les latéraux ont été inoffensifs. Le but de leur apport est d’offrir à leurs ailiers des positions de un contre un et de les arracher aux prises à deux. Ces derniers ont été un peu livrés à eux-même, et donc encouragés dans leur registre de dribbleurs. Résultat, le WAC n’as tiré que 4 fois, sans jamais inquiéter le gardien adverse (0 tir cadré). Dernier point, en voyant Nicaisie errer sur la pelouse comme une âme en peine, sans se créer la moindre occasion, on y a vu la preuve que dans sa course à l'armement, la direction sportive du WAC a négligé le poste d'attaquant en ne réussissant pas à combler le vide abyssale créé par le départ de Jebbour cet été. 
De l’optimisme à la certitude, il y a tout de même une marge que personne ne franchit, car il y a peu d'écart en ces altitudes entre la gloire et les regrets. A un autre moment de la saison, la prestation du Wydad aurait suscité des critiques, celle d'une équipe empruntée, avec plusieurs individualités éteintes comme El Karti, ou à côté de leur sujet à l’instar de Nakach et Bencherki. On aurait pu, aussi, qualifier la stratégie de timide pour une formation qui rêve de renouer avec le succès continental. Mais à ce stade de la compétition, contrairement à la précédente édition, les Wydadis, pragmatiques, ont eu le mérite d’apprendre de leurs erreurs  et de s'adapter à la difficulté. 

Chady Chaabi
Lundi 2 Octobre 2017

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