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Prisme tactique : Renard ne sait sur quel système reposer




Alors que le Onze national abattra ses
dernières cartes pour la qualification au Mondial russe, lors de la double confrontation face au Mali, Hervé Renard peine encore à trouver la bonne formule tactique.


Il est difficile de dégager une équipe type de la saison actuelle de l’équipe nationale. En effet, depuis la CAN 2017, les systèmes tactiques (3-4-3, 4-2-3-1) comme les compositions ont fluctué, notamment en raison de l’indisponibilité de certains éléments. Les deux principaux systèmes en ballottage dans l’esprit du sélectionneur présentent autant d’avantages que d’inconvénients. Décryptage.

3-4-3 :
Dans cette formule, les stratégies habituelles reposent d’abord sur un bloc court et compact, une assise défensive basse afin de ne jamais se trouver hors de position à la perte du ballon et d’être toujours en situation de supériorité numérique face aux attaquants adverses. A la récupération, l’utilisation des espaces dans le dos des latéraux adverses est privilégiée, en touchant rapidement les ailiers excentrés, quitte à envoyer de longs ballons en profondeur et accumuler du déchet à la transmission.
Concrètement, mis en situation, ce système se décline sous la forme d’un axe défensif composé de Benatia, Saiss et Da Costa, un latéral droit qui devrait être Nabil Dirar. De l’autre côté, il est probable et même espéré qu’Amine Khemass (GENK-Belg), fête sa première sélection, d’autant qu’Amrabat et Dirar y sont moins à l’aise que sur le côté droit.  
Au milieu de terrain, on reverra sans aucun doute les deux joueurs qui forment la paire habituelle mais dont la relation technique ne saute pas vraiment aux yeux. Alors qu’à la perte du ballon, ce système crée une brèche dans la défense, avec un espace difficile à contrôler entre les défenseurs axiaux excentrés et les latéraux. Karim El Ahmadi, chargé de la récupération et du harcèlement, devrait normalement être épaulé dans ses tâches par Boussoufa. Si le sélectionneur mise plus sur la capacité de ce dernier à casser les lignes à partir d’une position basse, les dernières sorties du milieu d’Al Jazira aux E.A.U, prouvent qu’il n’as plus la caisse pour un rôle de Box to Box que lui intime ce poste, et son jeu de passes ne présente plus toutes les garanties espérées.
Sur le front de l’attaque, on devrait retrouver un trio composé de Bouhaddouz en 9, précieux par son jeu de corps et de tête ou dans un profil similaire, Boutayeb, en totale réussite avec son nouveau club (2 buts lors des deux dernières journées). En soutien, probablement Oussama Tanane et Fayçal Fajr.

4-2-3-1 :
Ce système est une manière pour le sélectionneur de renier ses principes. A savoir : un pressing haut et intense, une grosse qualité de récupération et beaucoup de vitesse pour basculer devant et faire la différence dans les trente derniers mètres. L’un des rares points en commun avec le 3-4-3 est l’importance cruciale des latéraux. Ils sont d’abord ceux qui donnent des ailes à l’équipe et apportent la supériorité numérique devant. Ceux qui avalent les espaces et accélèrent le jeu. Ceux qui créent le bon décalage et déclenchent le bon centre. Ceux aussi qui obligent leur adversaire direct à défendre et modifient ainsi le rapport de force, parfois même l’équilibre d’un match.
La différence entre les deux tactiques se situe dans une défense amputée d’un élément, mais aussi, le 4-2-3-1 a le mérite de mettre dans des conditions optimales, le crack du groupe, Ziyech en soutien de l’attaquant. Il contribuerait par la même occasion à faire germer dans l’esprit du sélectionneur deux idées. La première consiste à repositionner Saiss au côté d’El Ahmadi, dans l’optique d’utiliser sa qualité de relance plus haute sur le terrain. La seconde consiste à s’appuyer sur la vitesse et la virtuosité d’Ounajem ou de Fouzair, peut-être les deux, bien qu’il soit compliqué de mettre sur le banc Fajr, titulaire indiscutable depuis la CAN.
Les  poste d’avant-centre se jouera entre Bouhaddouz, Boutayeb et Azarou. Contrairement aux deux premiers, la qualité de jeu du néo-cairote dans les petits espaces, sa vitesse d’exécution, son intelligence, sa technique, son sens de la passe qui crée des occasions pour les autres et a tendance à faire briller ses partenaires de l’attaque, sont autant de qualités qui auraient un plus grand impact que le jeu de position de l’attaquant de Sant Pauli ou de l’ex-Strasbourgeois.  

Notre pari :
La mode du jeu de possession, remise au goût du jour par le Barça et l’équipe d’Espagne il y a dix ans, et qui avait contaminé un peu tout le monde depuis, semble avoir vécu. Désormais, le moment clé dans le jeu, c’est la transition. Il faut donc savoir faire les deux : avoir le ballon si on peut l’avoir, mais aussi être capable d’aller très vite vers l’avant à la récupération et ne pas le reperdre dans la seconde qui suit. On pourrait penser, par conséquent, qu’un système en 4-2-3-1 collerait plus à cette tendance, d’autant plus que, mathématiquement, le Maroc n’a plus d’autres choix que la victoire pour préserver ses chances de qualification. Néanmoins, le sélectionneur devrait se diriger vers une formation en 3-4-3, comme lors de la dernière CAN.  Si le système à cinq défenseurs, mis en place lors de cette compétition, n’a pas été un triomphe, dans l’esprit d’Hervé Renard, il lui permet de s’appuyer sur une solidité défensive (relative), qui a toujours été sa marque de fabrique et on ne voit pas comment il pourrait sortir son capitaine, Boussoufa du 11 initial, alors qu’il aurait pour principale conséquence d’envoyer Ziyech, son meilleur joueur, sur le banc de touche. On espère vivement perdre notre pari.

- Maroc/Mali
1er septembre à Rabat (21h00) au sifflet : Alioum Néant (Cameroun) assisté de ses compatriotes Evarist Menkouandé et Elvis Nguégoué
- Mali/Maroc
5 septembre à Bamako (19h00) au sifflet : Hamada El Moussa Nampiandraza (Madagascar) assisté de son compatriote, Ferdinand Jinoro et du Soudanais  Mohammed Abdallah.

 

Chady Chaabi
Jeudi 31 Août 2017

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