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Le Sénat pointe les "défaillances" des autorités, exonère les supporteurs

Incidents au Stade de France


Libé
Jeudi 14 Juillet 2022

Les sénateurs français ont pointé du doigt mercredi les "défaillances" des autorités lors de la finale de la Ligue des champions, au Stade de France, qui a viré au chaos fin mai, un "échec" imputable aux "décisions" des autorités locales, et non aux supporteurs de Liverpool.

"Ce n'est pas parce qu'il y avait des supporteurs de Liverpool qui ont accompagné leur équipe que ça s'est mal passé", a assuré Laurent Lafon, le président de la commission culture du Sénat, la chambre haute du parlement français, lors de la présentation à la presse d'un rapport d'information sur le fiasco sécuritaire du match Real Madrid-Liverpool le 28 mai.

Dès la fin de la rencontre, le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait fait porter l'essentiel de la responsabilité des incidents sur "30.000 à 40.000 supporters anglais" qui, avait-il affirmé, s'étaient présentés au stade "sans billet ou avec des billets falsifiés".

Il avait qualifié de "mal racine" cette présence massive, selon lui, de faux-billets.
Pressé par les critiques, il avait fini par présenter des "excuses" aux supporters et admis, fin juin, une part de responsabilité" dans les ratés de la soirée.
"L'analyse faite" par le ministre Darmanin, "n'était pas la bonne", a dénoncé M. Lafon (centriste). Elle était "partielle et imprécise".

Laurent Lafon et le président de la commission des Lois François-Noël Buffet (LR, droite), qui ont présenté les conclusions du rapport, ont à l'inverse pointé les "défaillances" des autorités lors de ce fiasco.
 
 L'une des principales associations de supporters de Liverpool, Spirit of Shankly, a réagi à ce rapport en se félicitant du "message clair de soutien (envoyé) aux supporteurs qui ont assisté à ce match".

"Je suis satisfait que le Sénat ait clairement retiré toute récrimination contre les supporteurs de Liverpool, mais le gouvernement français doit aussi accepter ces conclusions et formuler des excuses sans réserve", a de son côté tweeté le chef de l'opposition travailliste britannique Keir Starmer.

Le maire de la métropole de Liverpool, Steve Rotheram, présent à Paris le soir du match, a pour sa part rappelé que "le traitement brutal et la réponse des autorités se résumaient à des préjugés à l'égard des supporters". "Cela doit changer, sinon les fans seront mis en danger par ceux qui sont supposés les protéger."

L'événement - entre le Real Madrid et Liverpool - qui devait être une vitrine à un peu plus d'un an de la Coupe du monde de rugby et avant les Jeux olympiques d'été dans deux ans, a viré au cauchemar.

Spectateurs sans billet escaladant les grilles du stade, d'autres munis de tickets mais ne pouvant y entrer, familles aspergées de gaz lacrymogènes par la police ou vols et agressions : ces scènes qui ont fait le tour du monde sont dues à un "enchaînement de dysfonctionnements" et des "défaillances" aussi bien "dans l'exécution" que dans la "préparation" de l'événement, a encore dénoncé M. Lafon.

"Chacun était dans son couloir sans qu'il y ait une véritable coordination", a relevé le sénateur.
"Cet échec tient aux décisions prises par la préfecture de police de Paris", a critiqué François-Noël Buffet.
Les rapporteurs ont notamment souligné le manque d'adaptation pour gérer les flux de spectateurs.

Ils soulignent aussi la responsabilité de l'UEFA, l'accusant d'une "gestion de la billetterie inadaptée", et reprochent notamment à l'instance de ne pas avoir prévu de "dispositif particulier" pour identifier les faux billets, alors que leur nombre a été "dix fois supérieur aux moyennes observées".

Le rapport sénatorial préconise une quinzaine de mesures dont celle d'"imposer aux opérateurs" de conserver les images de vidéosurveillance "pendant la durée légale d'un mois" ou encore de "rendre obligatoire le recours à des billets infalsifiables".

Pour Laurent Lafon, si "la gestion de la billetterie a été inadaptée", elle "ne peut en aucun cas être considérée comme la cause unique ou comme la cause des incidents".

Ils demandent aussi au ministère de l'Intérieur de "définir une doctrine d'emploi du gaz lacrymogène", qui "prévienne l'exposition de personnes ne présentant pas un danger immédiat".


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