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L’équation difficile de Benchaâboun : Maintenir l’aide aux familles touchées par la crise avec des recettes budgétaires en pleine régression

Et si on recourait à la solidarité citoyenne ?




L’équation difficile de Benchaâboun : Maintenir l’aide aux familles touchées par la crise avec des recettes budgétaires en pleine régression
Est-ce la fin des aides aux familles touchées par la crise liée au Covid-19 ? « Oui », a laissé entendre Mohamed Benchaâboun, ministre de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'administration lors de son intervention vendredi dernier devant le Parlement. Selon lui, la poursuite de l’octroi de ces aides coûtera 7,5 milliards de DH, ce qui représente un vrai problème  puisque les recettes budgétaires régressent de 40 milliards de DH. « Nous sommes face à une équation difficile », a-t-il lancé.
Pour Hicham Attouch, professeur d’économie à l’université de Rabat, l’argument du ministre des Finances ne tient pas la route puisque ces aides proviennent du Fonds spécial pour la lutte contre le nouveau coronavirus (Covid-19) dont les 2/3 des recettes proviennent des  contributions du secteur privé,  des fonctionnaires, des employés…« Sur les 32 MMds de DH collectés par ce Fonds, seulement 11 MMds ont été accordés par l’Etat et les collectivités territoriales », nous a-t-il expliqué. Et de poursuivre : « Donc, les recettes de ce Fonds n’ont pas été prélevées sur le  budget général de l’Etat ».
Pourtant, notre source pense que la reconduite des aides peut facilement être opérée si l’Etat appelle de nouveau à la générosité et à la solidarité des Marocains. « Il suffit d'en faire la demande auprès des Marocains et de leur expliquer que la crise perdure. Ce qu’il faut donc, c’est un travail de communication, de clarification et de transparence auprès de nos concitoyens afin qu’ils puissent renflouer ce Fonds », nous a-t-elle indiqué tout en rappelant que, selon des chiffres émanant du ministère de l’Intérieur, ledit fonds a permis de soutenir 800.000 personnes affiliées à la CNSS, en arrêt de travail, et 2,3 millions de familles détentrices de la carte Ramed impactées par le Covid-19, en plus de deux millions de ménages non-Ramédistes. Les dépenses débloquées ont atteint 6,20 milliards de dirhams, dont 2 milliards de dirhams réservés à l’achat des équipements médicaux. L’indemnité-chômage destinée aux salariés en situation d’arrêt de travail a mobilisé chaque mois une enveloppe de 2 milliards.
Notre source estime également  que l’arrêt de ces aides n’est pas compréhensible  au regard du fait que l’Etat a décidé de venir en aide aux entreprises et qu’il n’a rien entrepris au niveau de la demande et de la lutte contre la pauvreté.
 Cependant, elle soutient qu’aujourd’hui, le Maroc a besoin d’un fonds permanent d’aide aux pauvres  et non pas d’un fonds temporaire comme c’est le cas actuellement avec le Fonds spécial pour la lutte contre le nouveau coronavirus (Covid-19). Et d’ajouter : « La création de ce fonds est une nécessité puisqu’il ressort des missions régaliennes de l’Etat quelles que soient ses orientations politiques et  économiques».
Mais, comment le Maroc peut-il financer une telle structure ? « Il faut voir du côté des recettes de la compensation », nous a répondu Hicham Attouch. «Ce fonds sera complémentaire à  d’autres fonds comme le Fonds d'appui à la cohésion sociale ou le Fonds de développement rural et des zones de montagnes. Il y a même  possibilité d’intégrer ces fonds dans une seule structure. Mais, il faut prendre en compte la question du ciblage pour que ce fonds ne se transforme pas en rente ou en assistanat », nous a-t-il déclaré. Et de conclure que «cette question de ciblage n’a pas encore été résolue dans notre pays et risque de perdurer avec le retard constaté au niveau de la mise en place du Registre social unifié et également au niveau de la réactualisation de la carte de la pauvreté au Maroc ».  

Hassan Bentaleb
Lundi 13 Juillet 2020

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