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Internet ferait-il plus de mal que de bien ?


Quand l’écran devient un refuge



Internet ferait-il plus de mal que de bien ?
C’est l’heure du déjeuner. La table est servie,   les parents sont là mais une chaise reste vide. Apparemment, ils attendent quelqu’un. Le père s’impatiente et a du mal  à retenir sa colère «Amine, on n’attend plus que toi. Bon Dieu, c’est tout le temps comme ça. L’Internet peut bien attendre». Du fond de la chambre, le fils lance d’un ton contrarié et pour la énième fois : «j’arrive tout de suite, juste une minute…». La tension est palpable. La maman, pour calmer le jeu va chercher elle-même l’enfant. En fin de compte, il rejoint la famille, impatient de quitter la table. Cette image est loin d’être exceptionnelle. Bon nombre de familles vivent le même problème. Qui n’a jamais entendu des parents se plaindre de leurs enfants qui sont accrochés tout le temps à leurs écrans?
Mal du siècle, obsession, obnubilation, dépendance, tous les termes versent dans un même sens : l’addiction à Internet. Un phénomène qui devient préoccupant a fortiori quand ce sont des enfants et des adolescents qui sont concernés. Tous les excès sont mauvais, cette expression  résume très bien la situation. Ce qui au début crée une sensation de plaisir devient à la longue une «aliénation».  A quel âge un enfant peut se mettre à surfer sur la Toile? Pour combien d’heures? Quels sont les avantages qu’un enfant peut tirer de l’Internet et quels pourraient être ses dérives et ses dangers? Autant de questions que se posent inévitablement tous les parents. Leurs appréhensions peuvent être fondées, car à travers l’écran l’enfant se projette dans un monde virtuel sans limite aucune. Se connecter est devenu un geste vital. «Je ne me sens  bien que devant mon écran», avoue Hicham, un adolescent de 17 ans. Un cas parmi tant d’autres. Ce qui fait dire à Salwa également : «Je n’imagine pas ce qu’aurait été ma vie sans Internet». Une dépendance qui angoisse sérieusement sa maman :  «Trop, c’est trop,  elle est accrochée tout le temps à son écran et elle a du mal à le quitter». Et d’ajouter :  «Parfois même, elle préfère rester connectée que de se joindre à nous».  
L’écran devient alors le principal, voire l’unique centre d’intérêt. Un florilège d’activités aussi tentantes les unes que les autres.  Jeux vidéo, musique,  tchats  avec les copains,  sites communautaires. Avec la possibilité de se connecter via les smartphones et avec l’apparition des tablettes, le phénomène prend plus d’ampleur. «Quand je me réveille, je me connecte d’abord avant même de faire ma toilette», avoue Hicham. Et d’ajouter :«J’ai hâte de consulter ma boîte mail. Et dès que j’ai un petit moment de libre, je rejoins ma bande de copains sur Facebook. Un monde à part.  «C’est le plaisir qui est recherché, et ils le retrouvent dans le monde virtuel» comme l’expliquent les spécialistes. Mais entre le plaisir et la dépendance, le pas est vite franchi. Les risques n’en sont que plus alarmants. Cette maman en détresse en a fait l’amère expérience :«Depuis son jeune âge, Ali a toujours été un très bon élève, voire le meilleur de sa classe. Malheureusement, depuis qu’il a découvert ce monde virtuel, ses résultats s’en sont ressentis. Ses professeurs m’ont fait part de ses mauvais résultats. Même à la maison, il vit cloîtré dans sa chambre», a-t-elle souligné. Ce sont des signes qui devraient pousser à consulter un spécialiste.  La guérison passe d'abord par le dialogue avec les psychologues ou les addictologues. «La plus grande difficulté consiste à faire venir les gens à nous, explique un addictologue. Mais lorsqu'une personne prend conscience de son problème, on peut plus facilement la traiter». Diversifier les activités et rechercher d’autres centres d’intérêt tels que le sport, serait une saine alternative.

Nezha Mounir
Jeudi 7 Février 2013

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