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Hausse préoccupante du niveau des mers

Ce à quoi pourraient ressembler les villes marocaines avec +2,5 °C de réchauffement


Hausse préoccupante du niveau des mers
Il y a une part d’injustice avec les effets du réchauffement climatique. Qu’ils soient pollueurs, un peu, beaucoup ou pas du tout, les citoyens du monde entier seront impactés par les conséquences de la hausse des températures. Aucun pays ne sera épargné.

Comparé aux Etats-Unis, à la Chine et la Russie, les trois nations qui ont émis le plus de gaz à effet de serre de 1850 à nos jours (selon “Carbon Brief”), le Maroc est un très bon élève, quand bien même il serait considéré comme l’un des pays les plus pollueurs d’Afrique. Pourtant, il ne sera pas épargné par les affres des gaz à effet de serre. Comme en témoignent les prévisions en rapport avec la montée des eaux.

Si l’on en croit le cri d'alarme d'une équipe de chercheurs du “Climate Central”, une organisation indépendante de journalistes et scientifiques, qui ont publié une étude sur les risques encourus par les villes au cours des 200 à 2.000 prochaines années, plusieurs citées côtières marocaines seront en partie rayées de la carte avec +1,5 °C ou +4 °C de réchauffement. Agadir, Tanger, Kénitra, Casablanca, Essaouira, El Jadida, entre autres, n’échapperont pas à ce scénario catastrophe (voir photos). La corniche d’Agadir, prisée par les touristes et les estivants, ne sera plus qu’un vieux souvenir si l’humanité ne réussit pas à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Idem pour Tanger Med, l’un des complexes industrialo-portuaires marocains les plus importants économiquement parlant. Le port de Casablanca et l’ensemble des quartiers vue sur mer ne résisteront pas non plus à la montée du niveau des eaux, tout comme la cité portugaise d’El Jadida, mais encore l’ancienne médina d’Essaouira, une perle architecturale et historique sans pareille.

Dans la région de Kénitra, l’avancée probable des eaux dans les terres risque de faire des dégâts plus que tout ailleurs au Maroc. Bref, les images sont sans appel. Elles corroborent les résultats du rapport du GIEC récemment publiés. Elles évoquent des catastrophes dont des vagues-submersion plus fréquentes, conditionnées par la hausse du niveau des mers qui entraînera des migrations importantes. Et cela, même en limitant la hausse des températures à plus de 2 degrés. Pour enfoncer le clou, il y a quelques années, un simulateur que l’on doit à la fois à ‘’Climate Central’’ et ‘’National Geographic’’ a estimé que la fonte des glaces à cause d’une hausse de température de 4 degrés, pourrait augmenter le niveau des eaux de l’Atlantique à un point où Dakhla, Tarfaya, Martil, Fnideq, Mdiq seraient englouties dans un remake de l’Atlantide.

En tout cas, les simulations créées et récemment mises en ligne par “Climate Central” font froid dans le dos. La montée des eaux dans différentes villes à travers le monde, donne lieu à des images incroyables, à consulter sur le site «Illustrons notre futur». Mais si ces images prévisionnelles sont fascinantes, elles alertent aussi sur les dangers encourus par l’humanité, d’autant que 15% de la population mondiale vit sous le niveau de la mer. En effet, si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel, la montée des eaux pourrait menacer jusqu'à un milliard de personnes dans les prochains siècles.

Et pour cause, d’ici à 2100, le niveau de la mer pourrait gagner jusqu'à 8,9 mètres dans un scénario à +4 °C. «La concentration actuelle de CO2 est de 50 % supérieure à celle de 1800 et la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1,1 °C. C'est suffisant pour faire monter le niveau des mers de près de deux mètres, que cela prenne deux ou dix siècles», a averti Benjamin Strauss, l'auteur principal d’un article publié dans la revue Environmental Research Letters, évoquant les modélisations desdits chercheurs.

Les pays asiatiques seront particulièrement touchés. “En tête de liste, on retrouve la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Vietnam et le Bangladesh, alors que plusieurs petites nations sont carrément menacées de disparition”, avertissent les chercheurs du “Climate Central”. Au vrai, le scénario catastrophe a d'ores et déjà commencé. L’année dernière, deux îles de Sumatra ont été englouties par les eaux et quatre autres sont menacées à court terme. 
 
Au lieu d'œuvrer pour limiter la hausse des températures et le réchauffement climatique, plusieurs pays ont mis en place des solutions telles que les digues ou l'élévation des terrains. “Même de monumentales mesures d'adaptation ne permettront pas d'éliminer tous les risques”, avertissent les chercheurs qui mettent en garde contre ces solutions de fortune et notamment les ruptures de digues qui sont loin d'être une assurance tout risque.

Chady Chaabi 

Le jet-stream, l’ autre victime du réchauffement climatique

 S’il n’a commencé à révéler que récemment ses secrets, le jet-stream, ce courant de vents qui influe sur la météo, est plus que jamais en danger. Courant d’air puissant qui circule en altitude à 10 ou 15 kilomètres au-dessus du sol sur plusieurs milliers de kilomètres de long et quelques centaines de kilomètres de large, le jet-stream est également à la merci des effets du réchauffement climatique.

A l’Université de l’Arizona (Etats-Unis), des chercheurs ont découvert que le courant-jet de l'Atlantique nord, dit aussi “jet-stream polaire”, influence particulièrement la météo de l'est de l'Amérique du nord et celle de l'ouest de l'Europe. Ces régions pourraient en faire les frais. Comment ? Dans un scénario dans lequel nos émissions de gaz à effet de serre se poursuivent comme si de rien n'était, les modèles établis par les scientifiques prévoient une migration vers le nord du jet-stream polaire dès les années 2060. Une migration en dehors de sa plage de variabilité naturelle.

Résultat, ce courant réputé responsable de 10 à 50% des variations de précipitations et de températures sur les régions de l'est de l'Amérique du nord et celle de l'ouest de l'Europe plongera ces dernières dans une ère d’un autre temps. « Nous savons que des variations du jet-stream polaire peuvent avoir de graves conséquences sur nos sociétés. En se décalant vers le nord, le courant-jet emporte l'humidité avec lui et accentue les sécheresses”, a indiqué Matthew Osman, auteur principal de l'étude dans un communiqué de l’Université de l’Arizona. Et de conclure : “La grande différence avec ce qui a pu se produire par le passé, c'est qu'avec le réchauffement climatique anthropique, le phénomène pourrait devenir permanent. Mais si nos travaux sonnent comme un avertissement de plus, nous voulons souligner que nous avons encore la possibilité de contrôler les choses”. 

Libé
Vendredi 15 Octobre 2021

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