Driss Lachguar à Souleimaniye : Nous devons tendre la main à toutes les forces éprises de paix, même en Israël, pour qu’elles agissent face à la tragédie palestinienne

Un discours pour la paix, la démocratie et la justice sociale


Mehdi Ouassat
Vendredi 29 Août 2025

Driss Lachguar à Souleimaniye : Nous devons tendre la main à toutes les forces éprises de paix, même en Israël, pour qu’elles agissent face à la tragédie palestinienne
Souleimaniye, berceau de la culture et des arts kurdes, a vibré hier au rythme d’un rendez-vous politique de premier plan. La Conférence de l’Alliance social-démocrate dans le monde arabe, organisée en partenariat avec l’Alliance progressiste, a réuni des délégations venues de l’ensemble de l’espace arabe et au-delà, pour débattre de l’avenir du mouvement progressiste dans un monde en proie aux crises. Au milieu de cette effervescence politique, la présence marocaine a marqué les esprits avec éclat grâce à la participation remarquée de la délégation ittihadie, conduite par le Premier secrétaire, Driss Lachguar.

Dès son entrée en scène, le leader usfpéiste a donné le ton. Sa voix, habitée par la conviction, a porté loin au-delà des murs de la salle de conférence. «Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui à Souleimaniye, capitale de la culture et des arts, terre de paix et témoin de la résilience du peuple kurde», a-t-il déclaré en ouverture, avant de saluer chaleureusement «l’accueil du parti frère», l’Union patriotique du Kurdistan, et d’exprimer son admiration pour «la stabilité et le développement de la région».
Notre Congrès national sera un moment
décisif pour renforcer le camp démocratique,
progressiste et socialiste
Cette entrée en matière, à la fois fraternelle et solennelle, a ouvert la voie à une allocution dense et marquée par des messages politiques clairs. Driss Lachguar n’a pas esquivé la gravité du moment international. Il a dressé un constat lucide : «Notre monde est traversé par un enchevêtrement de crises et de conflits qui affectent la sécurité et la stabilité de nombreuses nations, en particulier au Moyen-Orient. Cette situation traduit un déséquilibre profond des rapports de force mondiaux, dans un contexte où les lois et coutumes internationales sont ignorées, imposant à l’humanité de nouveaux défis».

En pointant du doigt l’échec de l’ONU à remplir ses missions fondamentales, le dirigeant socialiste a mis en lumière l’absence d’un véritable multilatéralisme, jadis perceptible à l’époque de la guerre froide. Selon lui, le monde est désormais façonné par l’intervention d’une seule superpuissance capable d’imposer sa volonté, en l’occurrence les Etats-Unis.

«Nous voyons cela dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, entre le Rwanda et le Congo, ou encore dans les tensions persistantes entre l’Inde et le Pakistan», a-t-il détaillé, mettant en évidence la fragilité d’un système international déséquilibré et injuste.

Mais c’est en évoquant le drame palestinien que le Premier secrétaire de l’USFP a laissé parler toute son émotion et sa détermination. «Dans ce contexte, nous devons garder à l’esprit la tragédie que vivent nos frères palestiniens», a-t-il affirmé d’une voix grave. Il a dénoncé avec force ce qu’il a qualifié de «guerre d’extermination par la famine et le massacre à Gaza», ainsi que la politique de confiscation des terres en Cisjordanie et «la stratégie de Netanyahou visant à déraciner le plus grand nombre possible de Palestiniens».

Dans un passage poignant, il a insisté : «Cette tragédie n’est pas une succession de chiffres ou de statistiques, mais une souffrance humaine profonde qui nous rappelle l’horreur de la Shoah».

Devant une assemblée attentive et émue, Driss Lachguar a exhorté les forces de paix dans le monde à agir. «Nous devons, nous, progressistes et démocrates, tendre la main à toutes les forces éprises de paix, même en Israël, afin qu’elles ne gardent pas le silence face à la tragédie du peuple palestinien», a-t-il plaidé. Il a rappelé que la communauté internationale, et notamment les mouvements progressistes, doivent se mobiliser afin de «plaider, manifester et agir pour l’obtention d’une reconnaissance pleine et entière de l’Etat de Palestine».

Au-delà de ce plaidoyer pour la Palestine, le Premier secrétaire de l’USFP a tenu à ancrer son discours dans la réalité nationale marocaine. Devant un parterre de leaders progressistes du monde arabe, il a annoncé la tenue du prochain Congrès national du parti, prévu les 18, 19 et 20 octobre à Rabat. Un moment décisif, a-t-il insisté, car il précède des élections parlementaires cruciales en 2026 et coïncide avec des réformes législatives majeures. «Le Maroc s’apprête à engager des débats déterminants autour du Code pénal et du Code de la famille. Des lois essentielles pour la consolidation des droits, des libertés publiques et individuelles, notamment en faveur des femmes», a expliqué Driss Lachguar, avant d’inviter les partis frères à prendre part à ce Congrès, afin d’enrichir la réflexion par leurs expériences et de renforcer le camp démocratique et socialiste dans son ensemble.

Le discours du Premier secrétaire de l’USFP n’était pas qu’une analyse, il se voulait un appel à l’action. «Les défis auxquels le monde fait face aujourd’hui exigent que nous soyons plus conscients, plus mobilisés, plus solidaires. Nous devons adopter une approche fondée sur la coopération et la solidarité, et agir collectivement pour la paix et la stabilité», a-t-il souligné.

La tragédie du peuple palestinien, les cris des peuples affectés par les conflits dans diverses parties du monde, nous appellent tous à nous mobiliser et à contribuer à changer le cours destructeur que prend notre planète», a-t-il martelé.
La tragédie vécue par nos frères palestiniens
n’est pas une succession de chiffres ou de statistiques, mais
une souffrance humaine profonde qui nous rappelle
l’horreur de la Shoah
Le discours de Driss Lachguar a confirmé la stature internationale de l’USFP, porteur d’une vision claire dans un monde déboussolé. La Conférence de Souleimaniye, rehaussée par la présence du président irakien Abdellatif Rachid et des figures éminentes comme Bafel Talabani, Derbaz Kosret Rasoul Ali ou encore Farid Zahran, a ainsi consacré la voix marocaine comme l’une des plus fortes et des plus respectées dans le concert progressiste arabe.

Le parti de la Rose, fidèle à sa tradition d’engagement internationaliste, a rappelé depuis le Kurdistan irakien que les combats pour la liberté, la dignité et la justice sociale ne connaissent pas de frontières. A Souleimaniye, Driss Lachguar n’a pas seulement pris la parole, il a incarné une conviction: celle que le socialisme démocratique reste une réponse indispensable aux dérives du monde actuel.

Mehdi Ouassat



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