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Les résultats officiels du scrutin, étalé sur trois phases entre le 28 décembre et le 25 janvier, n'ont pas encore été communiqués. Mais le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (PUSD), identifiable par son vert, le même que celui des uniformes des généraux birmans, arrivera largement en tête quoi qu'il arrive.
"Ça ne m'intéresse pas du tout car on savait déjà à quoi s'attendre", témoigne sous couvert d'anonymat, pour des raisons de sécurité, un chauffeur de taxi de 48 ans de Mandalay, la deuxième ville du pays.
"Même s'ils forment un nouveau gouvernement, ce sont les mêmes gens. Ils vont juste changer d'uniforme", regrette-t-il.
De nombreux responsables du PUSD sont d'anciens officiers militaires. Sa victoire indique que les forces armées, appelées Tatmadaw, entendent préserver leur emprise sur le pouvoir.
"Le Tatmadaw est là pour rester, mais les dynamiques politiques et militaires vont changer", analyse Morgan Michaels, chercheur à l'Institut international d'études stratégiques.
Avec ces élections, le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a décidé de couvrir le pouvoir d'un revêtement civil, susceptible de diluer une partie de son autorité. Le nouveau gouvernement, quasi militaire, pourrait cependant se révéler plus résilient que le régime actuel, embourbé dans une guerre civile depuis le coup d'Etat de 2021.
La stratégie de l'armée consistant à "répondre uniquement par la force" aux rebelles a conduit à "des défaites humiliantes et à de graves dommages pour l'institution", estime Morgan Michaels. "Ce n'est pas une façon sophistiquée de diriger le pays."
Min Aung Hlaing va devoir de son côté s'adapter à la nouvelle donne.
Alors qu'il visitait les bureaux de vote en tenue civile dimanche lors de la troisième et dernière phase des législatives, le dirigeant de 69 ans n'a une fois de plus pas exclu la possibilité de devenir président.
Il devrait pour cela abandonner le contrôle des forces armées et passer le relais à un homme de confiance.
Rester à la tête du Tatmadaw l'exposerait en revanche à des luttes de pouvoir avec le nouveau Parlement et le président. Ce qui l'avait en partie motivé à renverser en 2021 le gouvernement de la figure démocratique Aung San Suu Kyi.
L'installation d'un gouvernement civil pourra aussi bénéficier à la Birmanie en matière de relations diplomatiques, entravées ces dernières années par la domination des forces armées.
Certains pays pourraient être ouverts à une reprise des échanges avec la Birmanie dans le sillage des législatives.
"L'élection n'était pas forcément destinée à obtenir une large légitimité internationale, mais plutôt un moyen de fournir une façade constitutionnelle suffisante", analyse Naing Min Khant, de l'Institut de stratégie et de politique - Birmanie.
Cela permettra "une normalisation pragmatique avec les partenaires régionaux et non-occidentaux, sans améliorer de façon significative la position de la Birmanie dans le monde démocratique", ajoute-t-il.
L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), organisation régionale de 11 pays qui a snobé la junte ces cinq dernières années, n'a pas envoyé d'observateurs pour le scrutin.
Mais son envoyée spéciale pour la Birmanie, Maria Theresa Lazaro, s'est rendue dans le pays et a eu un "échange chaleureux et constructif" avec Min Aung Hlaing, selon un communiqué de son équipe.









