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240 soignants en première ligne pour lutter contre la pandémie à Témara




240 soignants en première ligne pour lutter contre la pandémie à Témara
Ils travaillent dans le Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Skhirat-Témara, Sidi Lahcen. Ils sont médecins spécialistes, généralistes, infirmiers, ambulanciers, urgentistes ou réanimateurs : 240 soignants en première ligne face à la pandémie de Covid-19, la peur au ventre mais déterminés à combattre jusqu'au bout pour sauver des vies.
Alors que la population est appelée à rester chez elle et à se conformer aux mesures de confinement, eux ne le peuvent pas, ils sont au front. Les membres du personnel soignant sont au cœur du combat et continuent de lutter patiemment contre l'épidémie. "Le plus révoltant c'est de voir de nombreuses personnes se précipiter dans nos services pour des symptômes bénins.
Souvent, ils ne portent pas de masques. Et avec nos moyens limités, nous avons peur qu'on ne puisse pas venir à bout de l'épidémie", a confié à la MAP Dr Naima Derfoufi Setti, responsable de l'Unité de veille sanitaire et de sécurité environnementale relevant de la délégation de la Santé de Témara-Skhirat. Si pour cette femme médecin, le devoir est sacré, elle doit aussi à l'instar de ses collègues gérer le stress et les inquiétudes qui les habitent à chaque instant quand ils sont au sein de l'établissement hospitalier.
"Nous sommes pour la plupart des mères et des pères de famille. Naturellement, la situation nous stresse autant que le reste de la population. Mais depuis le début de cette épidémie, mon équipe ne s'est jamais souciée de tomber malade du Covid-19 ou autre. Chaque jour, nous prions Dieu pour qu'on soit en bonne santé afin d'affronter la crise", a-t-elle dit.
En sa qualité de responsable de l'équipe d'intervention rapide de la préfecture médicale de Skhirat-Témara, Dr Naima Derfoufi Setti livre son quotidien loin de ses deux enfants, de son mari et de toute sa famille. Elle commence par lister tous les patients suspects puis rassembler toute son équipe constituée de 18 intervenants dont des enquêteurs, des épidémiologistes, des préleveurs, des techniciens d'hygiène et des ambulanciers au niveau du Centre hospitalier Sidi Lahcen.
"Une fois qu'on commence notre journée, on ne sait plus quand est ce qu'elle se terminera. Des fois jusqu'au petit matin. Il nous arrive souvent de rester à jeûne, tellement on est submergé par le travail", a-t-elle ajouté, relevant que "depuis le début de l'épidémie, on n’a plus la notion du temps. On ne sait plus quel jour on est, ni quelle heure. Tous les jours se ressemblent".
"L'épuisement est là, des fois un peu d'énervement et cela nous arrive de déprimer", a révélé Dr Derfoufi Setti, qui note toutefois que "notre souci majeur est de dépister le plus tôt possible les cas de Covid-19, rassurer les patients sur leur état de santé et réconforter leurs proches".
Pour ce médecin, "chaque décès déclaré à cause de la maladie nous touche énormément. On aurait bien aimé qu'il n'y ait aucun décès, mais on n'y peut rien". Elle a également mis en avant les efforts de son équipe et de tout le personnel de l’hôpital pour prodiguer les soins nécessaires aux malades et augmenter leur chance de survie.
Évoquant les conditions de travail à l'hôpital, elle a reconnu qu'il y a un certain manque de moyens matériels. "L'hôpital de Témara ne peut pas répondre à tous les besoins, particulièrement en temps d'urgence sanitaire", a-t-elle affirmé, ajoutant que les professionnels de la santé font face à certains problèmes qui entravent la réussite de leur intervention de riposte contre le Covid-19.
"En dépit de cela, j'ai la chance de travailler avec des gens formidables. Leur seul souci est de venir à bout de l'épidémie, de servir leur pays et permettre aux Marocains de revenir à leur vie normale avec le moins de dégâts", a-t-elle assuré.
Cette mère de famille a aussi expliqué que "c'est dur d’être loin de sa famille et de ceux qu’on aime. Cela l’est davantage quand on ne sait pas ce qu'adviendra de nous demain, car nous sommes en première ligne et nous faisons tous face à une menace invisible qui nous ronge beaucoup plus psychologiquement que physiquement".
"Cela fait un bon moment que je n'ai pas vu mes enfants, ma mère, mes frères et sœurs. Mon mari, aussi je le vois rarement", a-t-elle dit les larmes aux yeux. Elle a exprimé le souhait de pouvoir être prochainement à leurs côtés pour les aider à surmonter l'épreuve du confinement et de sortir de cette crise rapidement.
"Nous ne les voyons plus depuis le début de l’épidémie. Nous avons peur face aux risques de contamination. Nous aimerions les serrer dans nos bras, mais le fait que ce soit pour une bonne cause, cela nous aide à surmonter nos chagrins", a-t-elle fait observer.
Sur le même registre, Noureddine El Labib, un infirmier polyvalent au CHP, qui a rejoint l'équipe de vigilance il y a trois semaines et qui réside actuellement à l'hôtel dédié aux cadres médical et infirmier, n'a pas caché à quel point une telle situation l'impacte lui et sa famille.

Jeudi 16 Avril 2020

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