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Nasser Bourita : Le Maroc voit dans le prochain Parlement européen plus d’opportunités que de défis

Jean-Yves le Drian Le Royaume, deuxième pays pour la délivrance des visas français après la Chine




Le Maroc voit dans le prochain Parlement européen plus d’opportunités que de défis pour sa relation avec l'Union européenne (UE), a affirmé, samedi à Rabat, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita.  
La France, l'Espagne, l'Allemagne et plusieurs autres pays européens ont toujours été en faveur de la consolidation de l'agenda bilatéral et du renforcement des interactions entre le Maroc et l'UE, en raison du voisinage et des enjeux partagés, a-t-il souligné lors d'un point de presse conjoint, tenu à l'issue de ses entretiens avec le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian. 
Le Maroc part de l'idée qu'il respecte les choix des citoyens européens, a souligné le ministre, ajoutant qu'au lieu de commenter des élections tenues dans plusieurs pays européens et les résultats auxquels elles ont abouti, le Royaume prépare un plan d'action pour agir et interagir avec cette institution européenne importante pour le renforcement de la relation particulière Maroc-UE.
Nasser Bourita a souligné, dans ce cadre, que des concertations ont déjà eu lieu avec les ambassadeurs du Maroc dans plusieurs pays de l'UE après ces échéances et que beaucoup de familles politiques européennes, qui ont toujours milité pour le renforcement des relations entre le Maroc et l'UE, ont eu des scores assez importants et auront un rôle au sein du prochain Parlement. 
Il a, par ailleurs, indiqué que le Maroc «n'a pas encore connaissance d'un quelconque plan de paix» pour la résolution du conflit entre Palestiniens et Israéliens et fera connaître sa position «lorsqu'il aura connaissance des contours, du contenu et des détails» de ce plan. 
«Comme tous les pays, le Maroc n'a pas encore connaissance du contenu d'un quelconque plan de paix et il se prononcera lorsqu'il aura connaissance des contours, du contenu et des détails de cette initiative», a affirmé le ministre.
Il a ajouté que la récente visite au Maroc du conseiller principal du Président des Etats-Unis d'Amérique, Jared Kushner, a porté sur les relations bilatérales et sur l'évolution de la situation au Moyen-Orient.
Cette visite a été l'occasion pour le Maroc et pour S.M le Roi Mohammed VI de réitérer les positions «bien connues» du Royaume sur cette question, «ainsi que l'évaluation du Maroc par rapport aux dynamiques aussi bien en Afrique du Nord qu'au Moyen-Orient», a-t-il ajouté en assurant qu'«il n'y avait pas eu de discussions sur un quelconque plan de paix dont on ne connaît pas les contours».
De son côté, le chef de la diplomatie française a assuré ne pas avoir été informé d'un plan américain pour le Moyen-Orient. 
«Si quelqu'un a vu le plan américain, merci de nous informer», a-t-il ironisé. «Je le dis d'autant plus aisément que je participais à la rencontre qu'a eue le président Macron avec le président Trump avant hier» jeudi lors des célébrations du 75ème anniversaire du débarquement allié sur les plages de Normandie (France), a-t-il dit.
Jean-Yves le Drian a déclaré que le Maroc et la France ont des positions «identiques» sur la situation au Moyen-Orient. 
Il a, en outre, indiqué que le Maroc est devenu le deuxième pays pour la délivrance de visas français, après la Chine, rappelant que jamais dans l’histoire la France n’a délivré autant de visas aux Marocains que l’année dernière.
Plus de 400.000 visas ont été délivrés aux Marocains par les différents consulats français établis dans le Royaume, a-t-il souligné en précisant que la progression de ce chiffre «très significatif» de 10% par an montre l’«attractivité» des relations entre le Maroc et la France tout en faisant remarquer que compte tenu de l'afflux des demandes qu'il faut gérer, il y a des délais d’instructions.
«C’est plutôt une bonne nouvelle pour notre relation, mais il faut la gérer le mieux possible», a-t-il insisté, indiquant que les agents opérant dans les consulats de France au Maroc le font avec «beaucoup de détermination» de sorte que les candidats aux visas puissent être honorés dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie française a affirmé que le coût du visa n’a pas augmenté, précisant que son pays est soumis à des réglementations européennes à ce sujet.
S'agissant des relations économiques bilatérales, Jean-Yves le Drian s'est félicité d'«une relation économique considérable», rappelant que plus de 900 entreprises françaises sont directement ou indirectement présentes sur le territoire marocain en créant des milliers d’emplois.  
«Nous avons une volonté de continuer ensemble dans un vrai partenariat, qui a été singulièrement illustré lors de l’inauguration de la LGV mais qui se renforce aussi par la décision de mettre en œuvre une centrale solaire Noor» a-t-il poursuivi, estimant que tout cela montre le succès des relations économiques bilatérales, et qui participent au développement d’un pays et de toute une région.
Appelant à mettre davantage en avant les partenariats industriels entre les deux pays, Jean-Yves le Drian a relevé que «la rencontre de haut niveau que nous aurons bientôt doit nous permettre d’appuyer sur cette orientation majeure».
En matière d'éducation et de formation, le responsable français a souligné la nécessité de mettre en avant l’action en faveur de la jeunesse, assurant que le réseau scolaire au Maroc ainsi que les établissements dits supérieurs français implantés dans le Royaume sont prêts à engager un travail conjoint avec les autorités marocaines pour offrir aux jeunes Marocains une éducation et des débouchés professionnels. 
Exprimant le souhait de voir se renforcer le thème de l’éducation et de la formation professionnelle, le ministre a fait savoir que tout cela s’inscrira dans le sillage de la rencontre de haut niveau et des visites d’Etat du président français, expliquant que ces engagements contribuent à la solidité des relations franco-marocaines.
«Cette réunion s’inscrit dans ce que nous pouvons appeler un partenariat d’exception, que ce soit au niveau de la densité des sujets abordés, ou en termes d'amitié (...)», a-t-il conclu.
Dans ce sens, Nasser Bourita a indiqué que cette visite s'inscrit dans le cadre de la concertation permanente entre les deux pays dans le cadre d'une relation basée sur un dialogue fécond et régulier et d'un partenariat solide et multidimensionnel.
Ce partenariat est porté, selon lui, par une volonté affirmée au plus haut niveau entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron, qui ont toujours souligné, dans leurs différents entretiens et rencontres, l'importance de consolider les acquis de ce partenariat et de renforcer ses différentes dimensions. 
«Nous avons passé en revue l'agenda bilatéral qui sera marqué dans les mois à venir par des échéances très importantes, notamment la 14ème session de la réunion de haut niveau, prévue en fin d'année en France», a-t-il fait savoir, ajoutant que les résultats des différentes structures du partenariat bilatéral ont été examinés, notamment dans les domaines économique, religieux, culturel, de l'éducation, de la mobilité, de la migration et de sécurité.
Les différents instruments de ce partenariat fonctionnent de manière «dense» et «très positive», s'est-il félicité, notant que les éléments de ces différentes structures seront versés dans les travaux de la 14ème réunion de haut niveau, qui sera un élément clé pour préparer la visite d'Etat du président français au Maroc.
Les deux responsables se sont félicités que ces actions se focalisent sur la thématique de la jeunesse et de la formation, a mis en avant Nasser Bourita, estimant qu'il s'agit d'un élément clé et d'un axe structurant le partenariat maroco-français, que ce soit en termes d'emplois, d'opportunités économiques, de formation, d'éducation ou de culture. 
Les discussions ont également porté sur les moyens d'optimiser ce partenariat pour agir à un niveau multilatéral et régional, a-t-il indiqué en faisant savoir que les deux parties ont convenu de tenir au Maroc une réunion sur les opérations de maintien de la paix dans l'espace francophone, qui sera co-présidée par le Maroc avec une participation large des pays mais également d'organisations régionales et internationales, en l'occurrence les Nations unies.

Libé
Lundi 10 Juin 2019

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