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Le discernement national dont nous avons besoin n’est pas un slogan. Il trace une ligne de fracture claire : entre une gestion qui multiplie les effets d’annonce et une démarche institutionnelle qui bâtit dans la durée ; entre un discours fondé sur l’instantanéité médiatique et un projet structuré par la cohérence, l’organisation et la justice sociale et territoriale.
Les échéances de 2026 ne départageront pas les voix les plus sonores, mais les projets les plus solides. Dans un climat de défiance grandissante, la crédibilité devient la véritable monnaie politique.
Construire avec méthode. Gouverner avec éthique. Réformer avec courage. Tel est l’enjeu du discernement nationalPourquoi les indicateurs socio-économiques imposent-ils un débat de vérité ?
La politique n’est pas l’art des certitudes abstraites. Elle est la gestion responsable des réalités. Or ces réalités sont préoccupantes.
Le taux de chômage dépasse 13%, tandis que celui des jeunes atteint des niveaux structurels alarmants dans plusieurs zones urbaines. Le chômage des diplômés avoisine les 19%, révélant un décalage persistant entre formation et marché du travail. L’inflation cumulée a érodé le pouvoir d’achat, fragilisé les classes moyennes et accentué la vulnérabilité sociale.
Les analyses du Conseil économique, social et environnemental soulignent par ailleurs la faiblesse de la valeur ajoutée dans certaines filières productives et la fragilité du tissu industriel dans plusieurs territoires. La croissance demeure insuffisamment inclusive et peine à absorber la demande sociale.
Ces données ne sont pas des abstractions statistiques. Elles traduisent une tension concrète dans la vie quotidienne des citoyens. Dans ce contexte, l’action publique ne peut être évaluée à l’aune des annonces, mais à celle de son impact structurel. Une réforme authentique transforme la réalité sociale ; elle ne se limite pas à occuper l’espace médiatique.
Le débat sur les choix économiques fondamentaux — modèle productif, justice fiscale, investissement public, services essentiels — devient ainsi une exigence démocratique.
Le Maroc dispose d’atouts considérables : stabilité institutionnelle, position stratégique, infrastructures modernes. L’enjeu n’est pas celui du potentiel, mais celui de la cohérence et de la redistribution équitable des fruits de la croissancePourquoi l’organisation interne est-elle la première condition de la crédibilité politique?
L’alternance ne se proclame pas. Elle se construit. Un parti qui aspire à gouverner doit démontrer sa capacité à se gouverner lui-même. Solidité organisationnelle, transparence financière, activation des instances d’arbitrage et d’éthique : ces dimensions constituent le socle de la crédibilité.
La moralisation de la vie politique ne peut être un simple discours. Elle commence à l’intérieur des organisations. Lier responsabilité et reddition des comptes est un impératif démocratique. La cohérence interne fonde la légitimité externe.
Les formations politiques enracinées se mesurent à leur capacité de résilience et de renouvellement. L’histoire politique marocaine montre que les organisations structurées surmontent les pressions conjoncturelles et adaptent leurs priorités lorsque l’intérêt national l’exige.
Pourquoi fidélité aux principes et innovation stratégique ne sont-elles pas contradictoires ?
Les mutations économiques et technologiques imposent l’adaptation. Mais s’adapter ne signifie pas se renier.
Les échéances de 2026 ne départageront pas les voix les plus sonores, mais les projets les plus solides. Dans un climat de défiance grandissante, la crédibilité devient la véritable monnaie politiqueLa justice sociale, l’équité territoriale et l’Etat de droit ne sont pas des références figées. Elles constituent les fondements d’une modernité équilibrée. Ce qui évolue, ce sont les instruments et les politiques publiques.
Entre immobilisme conservateur et opportunisme sans repères, il existe une voie exigeante : celle d’un réformisme fidèle à ses valeurs et ouvert à l’innovation.
L’expérience de pays comme le Portugal ou l’Espagne démontre qu’il est possible de conjuguer discipline budgétaire, protection sociale renforcée, relance industrielle et dialogue social structuré. La croissance y a progressivement mieux bénéficié aux territoires et aux classes moyennes.
Le Maroc dispose d’atouts considérables : stabilité institutionnelle, position stratégique, infrastructures modernes. L’enjeu n’est pas celui du potentiel, mais celui de la cohérence et de la redistribution équitable des fruits de la croissance.
Pourquoi l’alternative doit-elle être structurée autour d’un pacte productif et territorial clair ?
Une alternative crédible ne peut se limiter à la critique. Elle doit proposer une architecture précise.
Elle repose sur quatre piliers essentiels :
Un pacte productif national, orienté vers l’industrialisation à forte valeur ajoutée, l’économie verte et la souveraineté énergétique.
Une réforme fiscale équitable, élargissant l’assiette et réduisant la pression sur les classes moyennes.
Un investissement renforcé dans les services publics, notamment la santé, l’éducation et la formation professionnelle.
Une contractualisation territoriale ambitieuse, garantissant une répartition équitable de l’investissement public et une véritable justice territoriale.
La cohérence nationale fixe le cap ; l’ancrage territorial assure la pertinence. Les priorités d’une métropole industrielle ne sont pas celles d’un territoire rural enclavé ou frontalier. La justice territoriale exige une planification adaptée aux réalités locales.
Un programme sérieux se construit au contact des citoyens et se traduit en engagements mesurables et évaluables.
Pourquoi le moment politique actuel impose-t-il un choix clair ?
La crédibilité ne s’improvise pas à l’approche d’une échéance électorale. Elle se bâtit dans la durée, par la constance et l’exigence éthique.
Les élections de 2026 constitueront un moment de clarification démocratique. Soit la logique de gestion sans horizon social se prolonge, soit une nouvelle dynamique institutionnelle s’ouvre, fondée sur la responsabilité, la transparence et la justice territoriale.
Le temps n’est plus à la communication défensive. Il est à la reconstruction d’un pacte de confiance entre l’Etat, les territoires et les citoyens. Construire avec méthode. Gouverner avec éthique. Réformer avec courage. Tel est l’enjeu du discernement national. Et l’histoire retiendra ceux qui auront su être à la hauteur de cette responsabilité.
Par Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique
Secrétaire provincial du parti à Tétouan














