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Le passeport vaccinal prend son envol

Après Israël, les pays de l’UE pourraient l’adopter dès juillet



C’ est un document qui s'apparente à une machine à remonter le temps. Certes, il n’effacera jamais des mémoires les contraintes et les peines endurées pendant la pandémie du nouveau coronavirus, mais grâce au certificat de vaccination, 80% de la population d'Israël a retrouvé un peu de légèreté et surtout sa vie d’antan. Désormais, les portes des salles de sport, de concerts, de cinémas et autres restaurants y sont grandes ouvertes, prêtes à accueillir des clients après présentation dudit certificat ou bien tout simplement en scannant un QR code via une application. Si le détenteur du «passeport vert» a été vacciné, une coche verte apparaît à l’écran et la personne est autorisée à accéder au lieu.

Lancé dès juin dans l’UE
Le passeport vaccinal d’Israël est le programme de ce type le plus abouti au monde. Il permet non seulement de circuler au gré de ses envies dans le pays, mais plus encore. Le 8 février dernier, Israël a signé avec la Grèce un accord bilatéral qui prévoit une liberté, pour les citoyens des deux Etats, de voyager d’un pays à l'autre sans restrictions à partir du moment où ils ont été vaccinés. Selon nos informations, aux Emirats Arabes Unis, le passeport vaccinal va faire l’objet d’un test grandeur nature dans les semaines à venir. Et en Europe, il va être lancé d'ici à la "mi-juin, fin juin au plus tard", comme l’a récemment indiqué le commissaire européen au marché, Thierry Breton. Une surprenante décision alors qu’un temps, les avis divergeaient au sein de l’Union européenne. Au Sud de l’Europe, les pays dont l’économie est basée sur le tourisme voyaient d’un bon œil l’instauration de cette forme de laissez-passer sanitaire, en l’érigeant comme un sauveur à même de relancer un secteur touristique éreinté par la pandémie. En revanche, les pays du Nord craignaient qu’il restreigne les libertés. Aujourd’hui, il semblerait que les 27 Etats membres de l’UE soient enfin sur la même longueur d’onde. Les considérations économiques ont fini par convaincre les plus réticents. De toute façon, il aurait été difficile de nager à contre-courant. Depuis la mise sur le marché de vaccins anti-Covid-19, les pays du monde entier ont cherché la meilleure façon d’ouvrir leur économie de la manière la plus sûre possible, mais aussi permettre à leurs ressortissants de voyager à l’international ou tout simplement d’accéder à des lieux publics sans danger. C’est dans cette volonté qu’ont germé les prémices et les fondements d’un passeport vaccinal numérique. Un précieux outil en temps de pandémie, associant le carnet de vaccination d’une personne à une application, pouvant être présenté aux postes frontières ou aux comptoirs d’enregistrement à l’aéroport. Par ailleurs, une option papier, avec des codes barres ou des codes QR, est également envisagée pour les personnes ne possédant pas de téléphone portable.

17 passeports vaccinaux élaborés dans le monde
Pour l’heure, les sociétés se bousculent au portillon. Elles proposent notamment de numériser de manière sûre, équitable et confidentielle, les informations à partir des documents papiers et notamment du certificat de vaccination. Comme en atteste le Washington Post, qui s’est récemment procuré une série de diapositives de l’administration Biden. On peut y apprendre qu’au moins 17 passeports vaccinaux différents sont actuellement élaborés dans le monde. Et à la différence de la cacophonie des tests PCR, «cela devrait être simple», assure Ramesh Raskar, chargé de recherches au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et fondateur de la PathCheck Foundation, un groupe de bénévoles qui élabore un passeport vaccinal. «Cela ne devrait pas être plus envahissant ni plus compliqué qu’une carte de vaccination», a-t-il ajouté.

Falsification et harmonisation des données
Le passeport vaccinal élaboré par la PathCheck Foundation n’est pas révolutionnaire en soi. Mais il a l’avantage d’associer les carnets de vaccination certifiés à un code QR pouvant être scanné partout établissement ou bureau d’immigration nécessitant de telles informations médicales. Son objectif principal étant de stocker les données afin d’échapper à toute falsification. Toutefois, le projet porté parles bénévoles de la PathCheck Foundation ne résout pas le problème d’homogénéisation des données renseignées sur les différents passeports vaccinaux en vue de leur utilisation à l’international et dans plusieurs langues. «Il faut définir un ensemble de normes sur lequel tout le monde peut se baser. Vous ne voulez pas utiliser trois applications différentes lorsque vous vous rendez dans trois pays différents», avance Eric Piscini, responsable du projet de passeport vaccinal chez IBM, tout en citant l’exemple de l’utilisation d’un même lecteur de cartes par les commerces pour plusieurs types de cartes bancaires. Dans ce sens, la technologie CommonPass aura à coup sûr des partisans. Si l’on en croit Paul Meyer, directeur général de The Commons Project Foundation, la technologie en question offrira la possibilité aux individus de prouver leur statut Covid-19 et de présenter des informations vitales concernant la vaccination, peu importe la langue et les normes adoptées d’une région à l’autre. Les compagnies aériennes Japan Airlines et Qantastestent actuellement l’application CommonPass

Chady Chaabi
Mardi 20 Avril 2021

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