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Le RB Leipzig remonte dans les sondages




"Les Taureaux à l'abattoir!": les "ultras" allemands continuent d'éructer leur haine contre Leipzig, mais le grand public apprécie de plus en plus, samedi après samedi, la jeunesse, le jeu vif et rapide, et l'humilité de cette équipe fondée, financée et dirigée par Red Bull.
"Les gens reconnaissent que le football de Leipzig est rafraîchissant, et que leurs supporters se comportent très bien. Ces facteurs peuvent changer positivement l'image d'un club créé de toutes pièces par un milliardaire autrichien", affirme Gunter A. Pilz, sociologue du football.
Selon un récent sondage de SLC Management, plus de 75% des passionnés de football estiment que l'arrivée du RB Leipzig, le bébé du fondateur de Red Bull Dietrich Mateschitz, a enrichi la Bundesliga. "Le résultat montre clairement que le regard porté sur le RB Leipzig est nettement plus positif que ce que laisse croire un groupe marginal de +Fans+ qui influencent l'opinion publique", commente l'institut auteur du sondage.
Une autre étude (Nielsen Sport) place le RB Leipzig en 7e position des clubs favoris des supporters allemands, devant des clubs de très vieille tradition, comme Cologne ou l'Eintracht Francfort.
Depuis le début de saison pourtant, les agressions verbales ou directes contre les joueurs et les supporters du RB n'ont pas manqué.
Début février, avant le coup d'envoi de Dortmund-Leipzig, la célèbre "Tribune Sud" de Dortmund s'est couverte de pancartes hostiles aux "Taureaux" du RB, parfois vulgaires, ou appelant à la violence. Des supporters de Leipzig, dont des enfants, ont même été physiquement attaqués à la sortie du stade.
La Fédération allemande a puni Dortmund en ordonnant la fermeture de la "Tribune Sud" pour un match. Mais au déplacement suivant à Mönchengladbach, Leipzig a été accueilli par deux gigantesques banderoles clamant: "Nous condamnons chaque pierre lancée...", "... qui ne vous a pas touchés".
Ces "ultras", qui s'auto-proclament gardiens de la tradition allemande du football populaire, sont pourtant minoritaires, à en croire les experts.
Trois éléments expliquent le gain de popularité du RB auprès du grand public: son projet sportif, l'attitude de ses dirigeants et celle de ses supporters.
Paradoxalement, cette équipe accusée d'être soumise aux seules puissances de l'argent réussit le pari d'occuper la deuxième place du championnat en s'appuyant presque uniquement sur des jeunes -- pour beaucoup sortis de son centre de formation ultra-performant -- sans super-stars et sans salaires exorbitants.
Les grands clubs allemands "de tradition", Munich et Dortmund en tête, sont en fait beaucoup plus riches que Leipzig et payent à leurs vedettes des salaires incomparablement plus élevés.
Les dirigeants, le directeur exécutif Ralf Rangnick et l'entraîneur Ralph Hasenhüttl sont deux hommes pondérés, qui cultivent le fair-play et l'humilité. Jamais ils ne répliquent sur le fond aux attaques sur le modèle économique du RB et, aux questions répétées des journalistes, ils opposent un discours très calibré, un peu langue de bois, mais destiné à éviter toute polémique ou provocation. Exemple: "Nous faisons de notre mieux pour que le public nous apprécie, et nous sommes heureux de voir que ces efforts portent leurs fruits".
Le RB, fondé en 2009, est monté en sept ans de la 5e à la première division, et Red Bull s'est assuré que son public cultive les "bonnes valeurs". "Les fans fondateurs, qui sont là depuis le début, s'affirment non-violents, et refusent dans leur tribune toute manifestation de racisme ou d'homophobie", assure l'un des responsables de ces supporters, Enrico Hommels, dans un livre consacré au RB.
Après les agressions subies à Dortmund, la tribune populaire de Leipzig a répondu la semaine suivante en déployant une banderole qui a touché le coeur des amoureux du football: "Mieux vaut être dévoré par la passion du sport que bouffé par la haine et la jalousie".

Libé
Mercredi 1 Mars 2017

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