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Interventions pertinentes lors de la Conférence nationale “ Droits des femmes : Evaluation et questionnement


Libé
Jeudi 10 Mars 2022

Interventions pertinentes lors de la Conférence nationale “ Droits des femmes : Evaluation et questionnement
Hanane Rihab
Les réseaux sociaux véhiculent une image stéréotypée sur les femmes marocaines
Atika Jebrou
La mise en œuvre du Code de la famille a été entachée par un certain nombre de violations dues principalement à ses lacunes mises à nu lors de l’application de ses dispositions
Atika Rachdi
Le 8 mars ne doit pas être uniquement une journée de fête,mais plutôt une journée pour valoriser les acquis réalisés,ainsi que pour mettre à nu les dysfonctionnements et tirer la sonnette d’alarme quant aux régressions en matière de droits des femmes
Khadouj Slassi
Il y a une résistance culturelle au sein de la société marocaine, ce qui nécessite une contre-culture moderniste et éclairée
Le secrétariat provincial de l’USFP, Hay Mohammadi, Aïn Sebaâ et Bernoussi et l’Organisation socialiste des femmes ittihadies (OSFI) ont organisé une conférence nationale sur le thème « Les droits des femmes au Maroc : évaluation et questionnement », et ce à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

La secrétaire nationale de l’OSFI et membre du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, Khadouj Slassi, a souligné que l’organisation de cette conférence à Hay Mohammadi a une forte dimension symbolique,  car, selon elle, ce quartier populaire de Casablanca était considéré comme le berceau de la lutte politique au Maroc.

Elle a également rappelé dans son allocution que le choix du titre de la conférence «Les droits des femmes au Maroc : évaluation et questionnement» n'était pas arbitraire. Car il fait allusion aux acquis qui ont été réalisés grâce aux luttes menées notamment par les partis nationaux dont l’USFP et les mouvements féminins pour faire avancer les droits des femmes.

Pour cette raison, a-t-elle poursuivi, «le Maroc est aujourd'hui considéré comme l'un des pays arabes leaders dans l'autonomisation économique, politique et des droits humains des femmes, comme en témoignent  les organisations internationales de défense des droits humains ».

La secrétaire nationale de l’OSFI a également soulevé la question fort importante du décalage entre  les textes de loi et la pratique quotidienne, et ce malgré tous les acquis des femmes marocaines grâce à ce long combat, que ce soit au niveau de la représentation politique, de la réforme du Code de la famille, ou de la modification de certains articles du Code pénal, tout en assurant qu’il y a une résistance culturelle au sein de la société marocaine, ce qui nécessite une contre-culture moderniste et éclairée.

Elle a en ce sens déploré le désengagement des intellectuels, tout en appelant à la constitution d’un  front solide pour plaider les causes légitimes des femmes marocaines.
Pour sa part, Atika Jabrou, membre du Groupe socialiste à la première Chambre et membre du Conseil national du parti, a fait savoir que la mise en œuvre du Code de la famille a été entachée, depuis son adoption en 2004, par un certain nombre de violations (la persistance des mariages des mineures à titre d’exemple) dues principalement à ses lacunes mises à nu lors de l’application de ses dispositions.

A cet égard, elle a appelé les organisations féminines marocaines sérieuses à saisir cette occasion pour pallier les lacunes de ce code et militer afin d’introduire en son sein d’autres acquis.

Malgré ce qui a été réalisé au niveau de la représentation des femmes au niveau des postes de décision, Atika Jabrou a insisté sur le fait  que la parité doit être un principe et non un objectif, soulevant la problématique des mécanismes de son application et de son activation en l'absence de loi la réglementant, toujours mise au placard.

Quant à Hanane Rihab, elle a choisi d'aborder le thème de cette rencontre sous un angle purement médiatique, jugé pertinent au regard de son impact sur la réalité et les acquis des femmes.

Selon l’intervenante, membre du bureau exécutif fédéral du SNPM,  l’image véhiculée des femmes d'aujourd'hui sur les réseaux sociaux est stéréotypée, en les chosifiant, et ce en l'absence de connaissance du monde de la technologie et de l'informatique, et en l'absence de protection juridique des femmes victimes de cette technologie.

«L'image de la femme a été fortement écornée par son exploitation dans les réseaux sociaux, et par l'utilisation abusive de ces technologies d'une manière qui heurte les valeurs sociétales sur lesquelles se fonde notamment la famille marocaine», a-t-elle souligné. Et d’ajouter : « Cette mauvaise exploitation a également nui aux acquis que les femmes ont réalisés tout au long de leur parcours de lutte ayant pour but de  rompre avec l'image stéréotypée des femmes et de leurs domaines de travail et d'intérêts, ce qui menace de retourner aux représentations traditionnelles et passéistes », lesquelles cantonnent la femme dans la maison, la  cuisine ou les salons de beauté.

Il convient de noter que cette conférence nationale a été modérée par Atika Rachdi, membre du Secrétariat national de l’OSFI et membre du Conseil national de l’USFP.

Elle a souligné au début de cette conférence que le 8 mars ne doit pas être seulement une journée de fête, mais plutôt une journée pour faire le bilan des acquis réalisés dans notre pays et les valoriser, ainsi que pour mettre à nu les dysfonctionnements et lancer des alertes quant aux régressions en matière de droits des femmes.

 «Le 8 mars est une journée de fidélité, d'engagement et de détermination à poursuivre la lutte pour une société moderniste et démocratique, une société d'égalité, de justice sociale et spatiale », a affirmé Atika Rachdi qui a appelé également à accorder aux femmes leurs pleins droits, dont notamment la parité réelle et non symbolique et une égalité consacrée par la loi et la législation

Elle s’est aussi félicitée du grand succès du 11ème Congrès national de l’USFP (tenu fin janvier dernier) et du renouvellement de la confiance en la personne de Driss Lachguar en vue de rempiler pour un troisième mandat à la tête du parti de la Rose.


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