Moscou n'exclut pas de telles discussions, mais les a conditionnées, vendredi, à la participation de la France et du Royaume-Uni.
"Les violations répétées du traité New Start par la Russie, l'augmentation des stocks mondiaux et les lacunes de sa conception et de sa mise en oeuvre imposent aux États-Unis l'impératif clair de réclamer une nouvelle architecture (...)", a déclaré le sous-secrétaire d'Etat chargé du contrôle des armements, Thomas DiNanno, lors d'une une réunion à la Conférence du Désarmement au siège de l'ONU à Genève.
"A cette heure, l'arsenal nucléaire chinois, dans son intégralité, est sans limite, sans transparence, sans déclaration et sans contrôle", a-t-il ajouté.
Le président américain Donald Trump a réclamé jeudi un "nouveau traité amélioré et modernisé" avec la Russie, après l'expiration du dernier traité bilatéral de désarmement nucléaire entre les deux pays.
Les Etats-Unis souhaitent de longue date associer la Chine à toute future discussion, mais Pékin l'a d'ores et déjà exclu.
"Les capacités nucléaires de la Chine sont loin d'atteindre le niveau de celles des États-Unis ou de la Russie; par conséquent, la Chine ne participerait pas à des négociations sur le désarmement nucléaire à ce stade", a répété vendredi à Genève le représentant de la Chine.
A Moscou, le Kremlin a indiqué vendredi que Russie et Etats-Unis étaient d'accord pour garder une approche "responsable" et restaient prêts à négocier sur le sujet.
Mais à Genève, l'ambassadeur russe Gennady Gatilov a posé comme conditions à la participation de la Russie celles de la France et du Royaume-Uni.
"La Russie, par principe, serait impliquée dans un tel processus si le Royaume-Uni et la France, alliés militaires des États-Unis au sein de l'Otan, qui s'est déclarée alliance nucléaire, y participaient également", a-t-il déclaré lors de la réunion sur le désarmement à Genève.
La Russie et les Etats-Unis concentrent à eux deux 80% des ogives nucléaires mondiales, mais la Chine rattrape son retard à marche forcée.
Le traité New Start est le dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification.
Mais il était déjà dans les limbes depuis que les inspections ont été suspendues en 2023, après l'offensive russe en Ukraine lancée l'année précédente.
L'expiration du traité a semé l'inquiétude à travers le monde, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ayant parlé d'un "moment grave pour la paix et la sécurité internationales".
Il a exhorté Etats-Unis et Russie à "s'entendre" rapidement sur un nouveau cadre.
Quant aux capitales européennes, elles faisaient porter la responsabilité de l'échec sur Moscou. La France, seule puissance nucléaire de l'UE, a appelé les puissances à oeuvrer pour un système international de maîtrise des armements.
A Washington, l'opposition démocrate s'est dite favorable à un traité "modernisé" mais elle a jugé que "laisser le traité New Start expirer sans qu'un accord contraignant ne soit mis en place signifie que nous perdrons les dernières barrières de sécurité qui nous protègent contre la force nucléaire stratégique russe".
Dès mercredi, la Russie avait déclaré n'être "plus liée" par ce traité.
Lors d'une conversation avec son homologue chinois Xi Jinping mercredi, le président russe Vladimir Poutine a toutefois promis que son pays allait agir "de manière réfléchie et responsable", selon son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov.
La coalition d'ONG ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires), prix Nobel de la paix, a de son côté exhorté Russes et Américains à s'engager à respecter le traité "pendant la négociation d'un nouveau cadre".








