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Depuis l'établissement pénitentiaire, des jeunes détenus s'accrochent à l'art pour réaliser leurs rêves


Par Abdellatif El Jaafari (MAP)
Lundi 31 Octobre 2022

Depuis l'établissement pénitentiaire, des jeunes détenus s'accrochent à l'art pour réaliser leurs rêves
Ce sont des mineurs qui, pour des raisons multiples, se sont retrouvés incarcérés dans des institutions de réforme et de rééducation. Pourtant, ils gardent toujours espoir, et révèlent l'étendue de leur talent dans des domaines qui requièrent une formation et de la persévérance. Dans l'enceinte de ces institutions, nombre de choses méritent de faire l'objet de recherches et d'études dans la mesure où ces jeunes ont su faire l'introspection de soi, et transformer leurs préoccupations et appréhensions en un champ fertile pour faire éclore leur potentiel créatif et produire des oeuvres artistiques qui resteront gravés dans leur mémoire et peut-être dans les annales des institutions de réforme et de rééducation. L'histoire carcérale a montré, à travers le monde, que les établissements pénitentiaires sont un champ fertile pour la création artistique et la production de grandes idées. Les philosophes et les écrivains n'ont-ils pas évoqué le rôle de l'isolement dans la production d'idées créatives? Ces détenus n'ont pas dérogé à cette règle, et ont démontré leur talent dans l'art et la création, en saisissant une occasion en or offerte par la 3ème édition du Festival du film d’Oukacha. Ainsi, les jeunes détenus du centre de réforme et de rééducation Aïn Sebaa, de la prison locale d’Aït Melloul 2 et de la prison locale de Béni Mellal ont saisi l'opportunité du festival pour créer des oeuvres artistiques, affirmant que, contrairement aux stéréotypes réducteurs, ils portent en eux un grand potentiel. Ces détenus ont excellé dans la musique, le 7ème art et la critique cinématographique avec comme seul objectif - l'avenir nous le dira peut-être - de devenir de grands artistes après cette belle expérience. Ces artistes en herbe, qui sont dans la fleur de l'âge, sont remplis d'espoir et de rêve pour recouvrer leur liberté et intégrer la vie de société. Personne ne peut lire ce qui traverse leur esprit et mesurer le degré de leur interaction avec les programmes de réforme et de rééducation placés au centre des priorités de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), mais personne ne peut, en contrepartie, contester le fait que ces détenus ont saisi au maximum l'opportunité du festival pour démontrer à l'assistance, composée de Marocains et d'étrangers, la place qu'ils accordent à l'approche de la réinsertion. A cet égard, un détenu a souligné, dans des déclarations à la presse, que son expérience dans le domaine du 7ème art lors du Festival du cinéma d’Oukacha lui a permis de changer sa perception sur beaucoup de choses, et d'accorder désormais de l'attention aux petits détails, estimant que cela aura un fort impact sur son avenir artistique et sur sa vie. Dans le même sens, un autre bénéficiaire de cette initiative a mis l'accent sur l'importance de tirer profit au maximum de cette expérience pour une meilleure insertion dans la société. La sélection de huit détenus, triés sur le volet au terme de nombreux ateliers de formation pour composer le jury, a permis à ces jeunes de vivre une expérience exceptionnelle vu qu'ils avaient la lourde responsabilité de choisir les films à primer lors de cette édition. Il s'agit de deux films documentaires, en l'occurrence "Mères" de Myriam Bakir et "School of hope" (Ecole de l’espoir) de Mohamed El Aboudi. Le jury a souligné que le choix de primer les deux films documentaires s'explique par le volet humain profond fortement présent dans ces oeuvres artistiques. Selon les organisateurs, l’objectif de cette initiative est de développer les capacités intellectuelles des détenus et d’aiguiser leurs talents, tout en leur donnant espoir à travers le cinéma, un art dont la vocation est de contribuer à rompre avec la dérive comportementale et les idées destructrices. Cette manifestation a prouvé que les établissements pénitentiaires comptent des jeunes ambitieux et talentueux engagés dans leur cursus scolaire, ou en quête d'une opportunité pour faire clore leur talent dans les domaines artistique ou sportif. 


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