Pilier central du contrat politique
Parmi ces engagements structurants, celui d’une économie productive, compétitive et équitable s’impose comme un pivot décisif. Il ne relève ni d’un ajustement cosmétique ni d’une retouche technique du modèle en place, mais d’une inflexion stratégique destinée à corriger des déséquilibres qui, au fil des années, se sont enracinés et parfois aggravés. A l’heure où la croissance affichée peine à se traduire par une amélioration tangible du pouvoir d’achat et par une stabilisation durable de l’emploi, l’USFP choisit de poser la question essentielle, celle que tout débat économique sérieux devrait affronter sans détour.
Chaque dirham investi doit contribuerQuelle richesse produisons-nous réellement et selon quelles règles de distribution ?
à élargir la base productive et
à réduire les inégalités
L’enjeu n’est pas de nier les efforts consentis en matière d’investissement public ni de minimiser l’ampleur des ressources mobilisées pour les infrastructures, les zones industrielles ou les stratégies sectorielles successives. Le véritable débat se situe ailleurs, dans l’architecture même du modèle économique. Car derrière les montants affichés persistent des fragilités structurelles. L’économie nationale demeure trop souvent traversée par des phénomènes de concentration excessive, par des mécanismes de rente qui altèrent la concurrence loyale et par une répartition inégale des opportunités. Dans ces conditions, la compétitivité est invoquée comme principe, mais elle peine à se traduire en dynamique réellement partagée et accessible à l’ensemble des acteurs.
Repenser la production, la création de valeur et la qualité de l’emploi
La réflexion conduit inévitablement vers le cœur du sujet, celui de la production elle-même. Produire quoi, au bénéfice de qui et selon quelles règles ? Une économie véritablement productive ne saurait se mesurer à la seule expansion des flux ou à l’augmentation mécanique des échanges. Elle se définit par sa capacité à élever la qualité de son offre, à intégrer l’innovation comme moteur permanent, à consolider son ancrage territorial et à articuler de manière cohérente l’industrie, l’agriculture et les services à haute valeur ajoutée. Elle exige également que l’investissement public cesse d’être appréhendé sous un angle strictement quantitatif pour devenir un levier stratégique, orienté vers la structuration du tissu productif et la génération d’emplois durables et qualifiés.
La vulnérabilité du marché du travail marocain n’est pas seulement conjoncturelle. Elle relève de déséquilibres plus profonds, inscrits dans la structure même du modèle productif. Une proportion importante des emplois créés demeure marquée par la précarité, par une protection sociale limitée et par des niveaux de rémunération qui ne garantissent ni stabilité ni projection sereine dans l’avenir.
Quelle richesse produisons-nousLe chômage persistant des jeunes diplômés, quant à lui, met en lumière une inadéquation durable entre les parcours de formation et les exigences réelles du tissu économique. Cette situation nourrit une frustration sociale silencieuse, parfois explosive. Dans un tel contexte, invoquer la compétitivité sans interroger la qualité et la dignité de l’emploi relève d’une lecture partielle de la réalité.
réellement et selon quelles règles de
distribution ?
L’inflexion sociale-démocrate
C’est ici que l’approche sociale-démocrate de l’USFP introduit une inflexion majeure. La compétitivité ne doit plus être construite sur la compression salariale continue ou sur la fragilisation des droits sociaux. Elle doit s’appuyer sur l’élévation des qualifications, sur l’amélioration de la productivité et sur la consolidation de la stabilité professionnelle. L’idée défendue par le parti de la Rose est sans ambiguïté. L’aide publique ne peut continuer à être distribuée sans contreparties sociales claires. Les incitations fiscales doivent être conditionnées à la création effective d’emplois stables. Quant aux mécanismes d’appui, ils doivent être évalués non à travers le seul volume des crédits mobilisés, mais en fonction de leur impact réel sur le tissu productif et sur le pouvoir d’achat.
Dans cette conception ittihadie du redressement économique, le tissu des petites et moyennes entreprises revêt une importance stratégique. Il forme l’ossature réelle de l’emploi national mais il demeure confronté à des contraintes persistantes, qu’il s’agisse des difficultés d’accès au financement, des délais de paiement qui fragilisent la trésorerie ou d’une concurrence déséquilibrée face à des groupes disposant de moyens disproportionnés. Redonner un véritable souffle aux PME ne relève ni de l’incantation ni du slogan électoral. C’est un choix structurant qui suppose une réorientation assumée des marchés publics, une simplification effective des procédures administratives et l’instauration d’une transparence rigoureuse dans l’octroi des avantages fiscaux, afin que l’effort national bénéficie prioritairement à ceux qui créent de la valeur et de l’emploi durable.
Au-delà des mécanismes techniques et des ajustements réglementaires, le projet de «Premier contrat stable» porté par l’USFP traduit une volonté de rompre avec la banalisation de la précarité. L’entrée dans la vie active ne peut être assimilée à une succession indéfinie d’expériences fragiles et mal protégées. Elle doit offrir une perspective, garantir une protection effective et consacrer la dignité du travail. Cette approche n’est pas un luxe idéologique. Elle constitue une condition de stabilité économique et sociale. Une société où la jeunesse nourrit durablement le doute quant à son avenir ne peut soutenir un cycle de croissance long et équilibré.
L’investissement public sous exigence de justice
L’analyse économique conduit également à interroger la nature et la finalité de l’investissement public. L’effort budgétaire considérable consenti par l’Etat ne peut se justifier que s’il génère des effets multiplicateurs visibles et durables sur le tissu productif et sur la cohésion sociale. Or la perception d’une concentration des bénéfices dans certains segments nourrit un sentiment d’injustice. L’USFP pose donc une question simple mais décisive. Comment s’assurer que chaque dirham investi participe réellement à l’élargissement de la base productive et à la réduction des inégalités territoriales et sociales. Cette interrogation renvoie à la nécessité d’une évaluation indépendante rigoureuse et périodique des politiques économiques, loin des présentations flatteuses et des bilans auto-satisfaits.
L’entrée dans la vie active ne peut êtreDans cette perspective, l’économie cesse d’être un champ purement technique. Elle redevient un espace de choix politiques assumés. Gouverner ne consiste pas uniquement à gérer des équilibres budgétaires. Cela suppose d’arbitrer entre différents modèles de répartition des richesses et des opportunités. Sur ce terrain, l’Union socialiste des forces populaires assume une ligne claire. Refuser l’assimilation de la croissance à l’accumulation de privilèges et promouvoir une économie où la performance naît d’une concurrence ouverte, encadrée par des règles justes, garantissant un accès équitable aux marchés et aux opportunités.
une succession d’expériences fragiles et mal
protégées
Gouverner autrement pour produire autrement
A l’approche des échéances électorales, le débat économique ne pourra être évité. Les déclarations d’intention et les formules consensuelles ne suffiront plus à convaincre un électorat désormais attentif aux mécanismes concrets, aux calendriers crédibles et aux engagements réalisables.
Une économie équilibrée ne peutL’alternative proposée par l’USFP revendique cette exigence de lisibilité. Elle ne diabolise pas les grandes entreprises. Elle s’oppose, en revanche, à la captation de la réussite par des mécanismes improductifs et à la confusion entre puissance économique et privilège. Elle ne remet pas en cause la nécessité de la compétitivité, mais affirme qu’elle doit être orientée vers le renforcement de la cohésion nationale et la consolidation d’un développement partagé.
se construire sur la marginalisation
de ses PME
Gouverner autrement pour produire autrement. La formule résume l’enjeu. Une économie productive, compétitive et équitable ne saurait être réduite à une formule électorale destinée à ponctuer un discours de campagne. C’est un projet de société qui engage la stabilité sociale, la crédibilité internationale et la confiance des citoyens dans l’action publique. Dans un contexte marqué par un endettement croissant et par une érosion persistante du pouvoir d’achat, cette refondation du modèle économique apparaît moins comme une option parmi d’autres que comme une exigence stratégique pour préserver l’équilibre du pays et préparer son avenir avec lucidité et responsabilité.
L’heure n’est plus aux effets d’annonce ni aux bilans enjolivés. Le moment est venu de trancher entre la reconduction d’un modèle qui a montré ses limites et l’ouverture d’un cycle nouveau, fondé sur la production réelle, la stabilité de l’emploi et l’exigence de justice économique. Dans ce rendez-vous décisif avec les urnes, le parti de la Rose assume une orientation claire et cohérente. Celle d’une croissance qui ne demeure pas confinée aux rapports et aux statistiques, mais qui s’incarne concrètement dans la vie quotidienne des Marocaines et des Marocains.
Mehdi Ouassat









