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Zidane : Le Real doit continuer à gagner et a besoin d'un changement

Zidane doit devenir le prochain sélectionneur des Bleus pour 52% des Français




Un coup de tonnerre "inattendu" même pour son président: Zinédine Zidane a annoncé jeudi à la surprise générale qu'il quittait son poste d'entraîneur du Real Madrid, cinq jours après sa troisième victoire consécutive en Ligue des champions, qui l'a définitivement fait entrer dans l'histoire du football.
"J'ai pris la décision de ne pas continuer l'année prochaine", a déclaré Zidane, 45 ans, qui était à la tête de l'équipe merengue depuis début 2016. Une décision qualifiée de "totalement inattendue" par le président du club, Florentino Perez, à ses côtés en conférence de presse au siège du club.
"Je pense que c'est le moment pour tous, pour moi, pour l'équipe, pour le club", a déclaré le champion du monde 1998 devant la presse, visiblement ému. "Cette équipe doit continuer à gagner et a besoin d'un changement. Après trois ans, elle a besoin d'un autre discours, d'une autre méthodologie de travail", a ajouté "ZZ" dont le contrat à la tête de l'équipe merengue courait jusqu'en 2020.
Douze ans après avoir raté la fin de sa carrière de joueur, sur un coup de tête fatal en finale du Mondial-2006, Zidane a tenu cette fois-ci à clore le premier chapitre de sa "deuxième carrière" au sommet de son art.
Moins de trois ans après sa nomination à la tête de l'équipe première en janvier 2016, sous les interrogations, voire les sarcasmes de certains observateurs, le Français a remporté tous les titres possibles à l'exception de la Coupe du Roi.
Mieux, outre la Liga décrochée en 2017 au bout de 38 journées, il a remporté toutes les finales qu'il a disputées: Ligue des champions 2016, Supercoupe d'Europe 2016, Mondial des clubs 2017, Ligue des champions 2017, Supercoupe d'Espagne 2017, Supercoupe d'Europe 2017, Mondial des clubs 2018, et Ligue des champions 2018. Un palmarès hors-norme.
"En tant que joueur et entraîneur, tu as décidé de dire au revoir au sommet. Merci pour ces deux ans et demi incroyables. Ton héritage ne sera jamais effacé, c'est l'un des chapitres les plus réussis de l'histoire de notre bien-aimé Real Madrid", a rendu hommage son capitaine Sergio Ramos.
A voir la joie sur son visage sur la pelouse de Kiev, lui d'habitude si zen et tout en self-control - sauf quand ses joueurs réussissent des gestes insensés comme les retournés acrobatiques de Cristiano Ronaldo et Gareth Bale -, qui aurait pu croire que Zidane annoncerait son départ cinq jours après la brillante victoire contre Liverpool (3-1) ?
Est-ce pour reprendre une autre formation, pour prouver qu'il peut réussir ailleurs qu'au Real ? "Je ne cherche pas d'autre équipe", a répondu à la presse "Zizou", l'un des rares techniciens à avoir décidé de quitter de son propre chef le prestigieux club merengue, réputé pour accorder une durée de vie très limitée à ses entraîneurs.
"Maintenant, après le Real, quel club peut-il faire ? C'est un peu compliqué, c'est surement l'un des plus grands clubs au monde, et il a déjà tout gagné, tous les titres quasiment ! Il ne lui manque que la Coupe du Roi, ma foi", estimait auprès de l'AFP Guy Lacombe, l'homme qui l'a fait éclore à l'AS Cannes avant de devenir son formateur au métier de coach près de 30 ans plus tard.
"Je pense qu'un jour il aimerait prendre l'équipe de France. C'est évident, il ne s'en est jamais caché. Il faut que ça se fasse dans de bonnes conditions, au bon moment, et ça, puisqu'il est patient, il n'y aura aucun problème", ajoutait Lacombe.
"Certainement, il sera à un moment sélectionneur", a reconnu l'actuel détenteur du poste, Didier Deschamps, jeudi. "Quand ? Je ne peux pas le dire, mais ça me semble logique. Ça arrivera quand ça arrivera".
Le contrat de "DD" à la tête de l'équipe de France a récemment été prolongé jusqu'en 2020, mais l'idée de voir un jour Zizou prendre les commandes de l'équipe de France ne déplait pas au président de la Fédération française (FFF) Noël Le Graët. "C'est une suite logique, c'est probable qu'un jour il l'ambitionne", avait-il même déclaré en juin 2017.
Après le départ de Laurent Blanc en juillet 2012, Zidane avait déjà manifesté au patron de la FFF son désir d'entraîner les Bleus. "Je me rappelle lui avoir dit ici (au siège de la FFF): +Tu ferais mieux de prendre Bordeaux pour faire tes premières armes+.... Trois Coupes d'Europe, c'est quand même phénoménal. Les joueurs l'adorent. Il fait bien jouer. C'est un énorme entraîneur", a confié mercredi à l'AFP le patron de la FFF.
Zidane doit devenir le prochain sélectionneur de l'équipe de France pour 52% des Français, selon un sondage Harris Interactive pour RMC publié vendredi. Pour la quasi-totalité des personnes interrogées (91%), l'ancien champion du monde 1998 ferait un bon sélectionneur, à la suite de Didier Deschamps.
L'avenir tricolore de Zizou a inspiré jusqu'au chef de l'Etat Emmanuel Macron qui "souhaite qu'il puisse jouer un rôle pour le pays car c'est quelqu'un qui inspire notre jeunesse".
Rendez-vous donc pour après l'Euro-2020 ? A moins que Deschamps n'échoue dans sa mission en Russie...
Dans la presse espagnole, si ce départ est "une tragédie pour le Real" (Marca), de ce côté-ci des Pyrénées, on salue "le discours d'un roi" (L'Equipe) dont "la voie (est) toute tracée" jusqu'à l'équipe de France (Le Parisien).

Nadal : Une légende de notre club s'en va

L'Espagnol Rafael Nadal, fervent supporter du Real Madrid, a rendu un vibrant hommage jeudi depuis Roland-Garros à Zinédine Zidane, "légende de notre club qui s'en va", après l'annonce surprise du départ de l'entraîneur triple vainqueur d'affilée de Ligue des champions.
"Mon premier sentiment, ça a été de la surprise logiquement. Ce n'est pas un jour agréable pour le Real Madrid, parce qu'une légende de notre club s'en va. Quelqu'un qui en plus d'être un des meilleurs entraîneurs du monde, qui a connu un immense succès comme joueur et maintenant comme entraîneur, a toujours eu un comportement exceptionnel", a admiré Nadal, après sa qualification pour le troisième tour de Roland-Garros.
"C'est difficile d'accepter qu'il parte. D'abord parce que c'est un super entraîneur. Aussi parce que c'est quelqu'un de bien, de humble qui, à mon avis, véhicule les bonnes valeurs, l'exemple parfait de la manière dont quelqu'un qui connaît beaucoup de succès doit se comporter au quotidien. C'est un très bel exemple pour les jeunes et la société en général", a insisté le Majorquin, en anglais puis en espagnol.
"Même quand les choses n'allaient pas bien cette saison, et ça a été une année très difficile pour l'équipe, il a toujours été positif, il ne s'est jamais plaint, il a toujours cru dans les joueurs et dans le club", a-t-il souligné.
"Il mérite de choisir ce qui est le mieux pour lui", a estimé le décuple vainqueur de la levée parisienne du Grand Chelem.
"Je peux juste lui dire merci pour tout ce qu'il a fait pour le Real, et j'espère que ce n'est qu'un au revoir", a conclu Nadal.

 

Samedi 2 Juin 2018

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