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Mardi 12 mai, face au ministre délégué chargé du Budget, Aïdi a posé le débat avec une netteté qui tranche avec la rhétorique habituelle des chiffres : évaluer une loi de Finances ne saurait se réduire à un exercice de comptabilité macroéconomique. Ce qui importe, au bout du compte, c'est l'impact réel des politiques publiques sur la vie ordinaire des Marocains, sur leurs courses du matin, sur leur capacité à finir le mois.
Le tableau qu'il dresse est celui d'une société sous tension. Les familles marocaines font face, presque jour après jour, à de nouvelles hausses : les légumes, les carburants, les produits de grande consommation, autant de dépenses contraintes qui grignotent les budgets ménagers et alimentent une sourde inquiétude sociale. Cette pression, dit-il, s'intensifie à l'approche des fêtes religieuses, période où les charges s'accumulent et où les arbitrages les plus douloureux s'imposent.
Avec une acuité particulière, le parlementaire s'est arrêté sur la situation du marché des ovins à l'approche de l'Aïd Al-Adha, ce moment de l'année où la promesse d'une économie inclusive se mesure à l'aune de la capacité de chaque foyer à accomplir un rituel séculaire. Les données officielles font état d'une offre suffisante et de mesures de soutien accordées aux éleveurs. Pourtant, sur les marchés, les prix restent hors de portée pour une large frange de la population.
Cet écart entre les annonces et le vécu, Youssef Aïdi l'a nommé sans détour : il n'est pas le fruit du hasard, mais le symptôme d'une politique qui se targue des indicateurs sans s'adresser à ceux qui les subissent.
«Une bonne saison agricole ne nourrit pas le récit de la réussite si les citoyens n'en ressentent pas les effets», a en substance déclaré le chef de file du Groupe socialiste. Des prévisions de croissance flatteuses, un taux d'exécution budgétaire satisfaisant, tout cela est réel, mais insuffisant si ce dynamisme ne se traduit pas en emplois stables, en services publics dignes et en perspectives tangibles pour la jeunesse.
C'est précisément ce hiatus que dénonce Aïdi : la faiblesse de l'impact social de la dépense publique, dans un contexte où le chômage demeure structurellement élevé et où plusieurs programmes de développement territorial peinent à produire des effets concrets sur les territoires les plus fragilisés.
Le parlementaire n'a pas manqué d'évoquer le retard accumulé dans le traitement de dossiers fondamentaux touchant à l'éducation et à la santé, deux piliers dont l'état détermine, plus que tout autre indicateur, la confiance ou la défiance des citoyens envers leurs institutions. Il a notamment pointé la question des avancements professionnels, bloqués depuis plusieurs années pour de nombreux agents de la fonction publique, sans qu'aucune perspective de dénouement ne soit clairement tracée.
Youssef Aïdi a également tenu à rappeler une évidence que le langage technocratique tend parfois à éclipser : la réussite d'un budget public se mesure, in fine, à la qualité de vie qu'il permet. Non pas aux taux qu'il affiche, mais aux existences qu'il améliore. Non pas aux colonnes qu'il équilibre, mais aux attentes qu'il comble.
C'est à cet impératif de résultats concrets — et non de performances abstraites — que le gouvernement est désormais convié à répondre.
Mehdi.O








