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Washington promet à ses alliés de continuer la lutte contre l'EI malgré son retrait de Syrie

Daesh reste une menace dangereuse y compris dans des territoires qu'il ne contrôle pas




Ainsi que nous en avons fait état en page 3, les Etats-Unis ont réaffirmé mercredi leur engagement à vaincre "définitivement" le groupe jihadiste Etat islamique (EI), tout en demandant à leurs alliés, réunis à Washington, d'en faire eux-mêmes davantage.
Eviter la résurgence de l'EI, trancher le sort de ses combattants étrangers détenus en Syrie, dissiper les tensions entre Kurdes et Turcs: les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition internationale antijihadistes, réunis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, doivent faire face aux multiples casse-tête créés par le départ américain.
"L'EI reste une menace dangereuse" y compris "dans des territoires qu'il ne contrôle pas", et "il revient à notre génération d'y mettre fin", a reconnu le secrétaire d'Etat américain à l'ouverture de cette rencontre.
Il a appelé les 74 pays et cinq organisations multilatérales membres de la coalition à "réaffirmer l'objectif de la défaite définitive" du groupe jihadiste qui a lancé ces dernières années des attentats meurtriers en Europe depuis ses anciens bastions, notamment en Syrie.
Il s'est toutefois appuyé sur les défaites territoriales de l'EI, qui a perdu la quasi-totalité des zones qu'il contrôlait en Irak et en Syrie, pour affirmer que "la nature du combat" était "en train de changer".
Dorénavant, "notre combat ne sera pas forcément en premier lieu militaire", car "nous entrons dans une ère de jihad décentralisé et nous devons donc également être agiles dans notre approche", notamment en multipliant les échanges de renseignement, a plaidé Mike Pompeo.
C'est pourquoi, a-t-il assuré, l'annonce-surprise du retrait des quelque 2.000 soldats américains du nord syrien, faite en décembre par Donald Trump, "ne signifie pas la fin du combat américain".
"L'Amérique va continuer à diriger" la lutte antijihadistes "en ne laissant aucun répit à ceux qui voudraient nous détruire", a martelé le chef de la diplomatie américaine.
Il a aussi une nouvelle fois appelé les autres pays à participer davantage à l'effort financier de ce combat, évoquant un trou de 350 millions de dollars dans les besoins du fonds de stabilisation pour l'Irak cette année.
Donald Trump devait s'exprimer dans l'après-midi devant cette coalition sous commandement américain.
Sa décision de quitter la Syrie a suscité l'inquiétude de nombreux alliés. Le président avait initialement invoqué la défaite de l'EI pour justifier ce retrait, mais cette proclamation hâtive a ensuite été mise en doute de toutes parts.
Depuis, son administration s'emploie à mettre l'accent sur la défaite territoriale -- le locataire de la Maison Blanche pourrait proclamer que "100% du califat" a été "libéré", une manière de montrer que la mission première des soldats américains est accomplie.
Mais les risques de réémergence de l'EI ne sont pas le seul problème.
Le départ des GI's pose à plusieurs pays, France en tête, la délicate équation du sort de leurs jihadistes qui, après avoir combattu sous la bannière du groupe, ont été arrêtés par les forces kurdes alliées des Occidentaux sur le terrain.
Paris comptait initialement sur les Kurdes pour les juger et les incarcérer sur place, pour s'épargner d'avoir à gérer leur retour dans un pays encore marqué par les attaques de 2015.
Mais avec le retrait américain, le risque est trop grand de voir ces jihadistes se disperser dans la nature et reprendre le combat. Le gouvernement français semble donc se résoudre progressivement à le voir rentrer.
Surtout que Washington s'est invité dans ce débat: "Les membres de la coalition doivent accepter de reprendre" leurs jihadistes, "les poursuivre en justice et les punir" dans leurs pays respectifs, a lancé Mike Pompeo.
Enfin, la réunion de jeudi devait être l'occasion d'aborder, en coulisses, la situation des combattants kurdes, qui risquent de se retrouver seuls face à la Turquie, autre membre de la coalition mais qui les considère comme des "terroristes" et menace d'une offensive contre eux.
Un projet de "zone de sécurité" à la frontière turco-syrienne a été évoqué par Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan mais reste controversé et complexe à mettre en oeuvre.

Vendredi 8 Février 2019

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