Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Un Conseil des ministres exceptionnel à Barcelone

Puigdemont demande aux indépendantistes incarcérés de cesser leur grève de la faim




Dans un climat de tension avec les indépendantistes catalans, le gouvernement espagnol se déplace aujourd’hui à Barcelone pour un Conseil des ministres sous haute protection, en raison des manifestations de séparatistes annoncées.
Plus d'un an après la vaine tentative de sécession d'octobre 2017, la délocalisation de cette réunion hebdomadaire en Catalogne a lieu en dépit des pressions de la droite, qui prône la manière forte face aux séparatistes, et des indépendantistes qui vont afficher leur hostilité au gouvernement.
La puissante association indépendantiste ANC a appelé à bloquer vendredi Barcelone avec des véhicules tandis que les militants radicaux des Comités de Défense de la République (CDR) doivent se rassembler près du palais où se réunira le conseil des ministres, protégé par d'importants renforts policiers.
"Le 21 décembre nous serons ingouvernables", ont lancé les CDR sur leur compte Twitter officiel, à côté d'une image en feu du roi d'Espagne Felipe VI.
Une manifestation est ensuite annoncée dans le centre de la métropole catalane vendredi après-midi, après le conseil des ministres.
Pour nombre d'indépendantistes, cette réunion est une "provocation" car elle correspond jour pour jour à l'anniversaire des dernières élections régionales de 2017 où ils avaient confirmé leur majorité absolue au Parlement catalan.
La justice avait ensuite empêché la réélection à la tête de la région de Carles Puigdemont, qui avait fui vers la Belgique après avoir été destitué par Madrid en octobre 2017.
"Ce Conseil des ministres n'est pas une provocation", leur a répondu mercredi la numéro deux du gouvernement, Carmen Calvo, parlant au contraire de "responsabilité et de normalité", alors qu'un Conseil a déjà été délocalisé en octobre à Séville (Andalousie, sud).
Après des jours de négociations sur le format et l'ordre du jour, le gouvernement espagnol et l'Exécutif catalan sont finalement tombés d'accord sur une réunion jeudi entre quatre représentants de chaque côté, présidée par Sanchez et Torra.
Mais "ce n'est pas une réunion de gouvernement à gouvernement car le gouvernement de l'Espagne gouverne la Catalogne", a martelé Carmen Calvo. Les indépendantistes insistent pour parler de "mini sommet gouvernemental" comme s'il s'agissait des gouvernements de deux Etats.
Promettant de renouer le dialogue avec les indépendantistes, M. Sanchez est arrivé au pouvoir en juin notamment grâce à leurs voix. Mais ils lui ont retiré leur appui début novembre après les lourdes peines de prison, allant jusqu'à 25 ans, réclamées par le parquet contre les dirigeants séparatistes qui doivent être jugés début 2019.
"Les premiers mois après l'arrivée du gouvernement de Pedro Sanchez ont été un bol d'air. Mais l'air frais n'est pas suffisant, cela doit se concrétiser", a dit à l'AFP le vice-président catalan Pere Aragonés. "Plus le gouvernement de l'Etat tarde à reconnaître qu'il y a ici un problème politique à résoudre avec courage, plus ce sera difficile de trouver une solution".
Si les contacts ont été fréquents ces derniers mois entre les exécutifs national et régional pour la gestion des affaires courantes, les positions restent diamétralement opposées sur la question de l'autodétermination.
Et Sanchez, qui a récemment accusé les indépendantistes de "ne plus avoir que le mensonge pour soutenir leurs positions", a abandonné son ton conciliant, échaudé par la montée des forces anti-séparatistes dont l'extrême droite de Vox qui est entrée pour la première fois dans un parlement régional en Andalousie.
Le numéro un de la droite espagnole (PP), Pablo Casado, a accusé mercredi M. Sanchez d'"implorer une réunion bilatérale avec un monsieur (Quim Torra, ndlr) qui veut un bain de sang, une guerre civile", en Catalogne.
Par ailleurs, l'ancien président catalan Carles Puigdemont a demandé à quatre leaders indépendantistes en attente de jugement de mettre fin à leur grève de la faim commencée il y a trois semaines, dans une lettre diffusée mercredi.
L'ancien conseiller de M. Puigdemont (2016-2017), Jordi Turull, et Jordi Sanchez, ancien président de l'association indépendantiste ANC, ont entamé une grève de la faim le 1er décembre, dans la prison de Lledoners, à 60 km au nord de Barcelone.
Ils ont été rejoints deux jours plus tard par les anciens "ministres" régionaux Josep Rull et Joaquim Forn. Tous entendent ainsi protester contre la lenteur du Tribunal constitutionnel à examiner leurs recours qui vise, selon eux, à les empêcher de saisir rapidement la justice européenne.

Vendredi 21 Décembre 2018

Lu 575 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif











Mots Croisés

Maroc Casablanca www.my-meteo.com