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Réhabilitation d’AstraZeneca

Le Maroc conforté dans son choix





Réhabilitation d’AstraZeneca
Dans la foulée de la décision prise au Maroc par la Commission nationale consultative de pharmacovigilance de ne pas suspendre et de continuer à utiliser le vaccin d’AstraZeneca, l'Agence européenne des médicaments (AEM) demeure elle aussi fermement convaincue des bienfaits du vaccin anglo-suédois. “Les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention de la Covid-19, avec son risque associé d'hospitalisation et de décès, l'emportent sur le risque de ses effets secondaires", a déclaré la directrice exécutive de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence.

Les experts de l’AEM planchent sur le sujet depuis mardi dernier, suite à la suspension par précaution du vaccin d’AstraZeneca par une quinzaine de pays européens dont les plus peuplés, l'Allemagne, la France et l'Italie. En cause, l’observation chez certains vaccinés de formation de caillots sanguins, notamment au Danemark, en Suède mais encore en Autriche. Ces thromboses ont à l’évidence ébranlé la confiance et fait trembler le Vieux Continent. Mais pour l’AEM, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. “A l'heure actuelle, rien n'indique que la vaccination ait causé ces problèmes. Ils n'ont pas été mentionnés dans les essais cliniques et ils ne sont pas répertoriés comme effets secondaires connus ou attendus", a souligné Emer Cooke, ajoutant que l'EMA prend la situation "très au sérieux".

Du côté de l'OMS, on n’est pas moins optimiste. Enfin à un détail près. Car si l’Organisation mondiale de la santé a affirmé qu'il n'y avait pas de "rapport avéré à ce stade entre le vaccin et de graves problèmes sanguins observés chez des personnes vaccinées”, il n’en reste pas moins qu’à l’image du régulateur européen, les deux institutions ne peuvent pas exclure de manière définitive un lien entre le vaccin et les problèmes de coagulation observés. Bref, vous l’aurez compris, tout est fait pour rassurer afin de poursuivre la campagne de vaccination au risque que des cas de thromboses surviennent.

Car à l’évidence, cette éventualité ne peut pas être écartée. Autrement dit, les risques de thromboses ne peuvent peser dans la balance contre le besoin de relancer l’économie. Cela dit, tout n’est pas réglé pour autant. Certes, la suspension par précaution a été levée, notamment en France, mais les livraisons du vaccin se font toujours attendre. Idem au Maroc. Jeudi, seulement 8.000 personnes ont reçu leur 1ère dose pour un total de 4,25 millions. Il est loin le temps où le Royaume vaccinait à tour de bras.

D’ailleurs, l’objectif d'immuniser complètement 30 millions de personnes d’ici à fin avril est impossible à atteindre. Pour cela, il aurait fallu vacciner 250.000 personnes par jour... Une situation inextricable d’autant que la visibilité sur une prochaine livraison est toujours aussi floue, que ce soit pour le vaccin d’AstraZeneca ou celui de Sinopharm. En revanche, 2,24 millions de Marocains ont reçu les deux doses, en comptant les 130.672 personnes auxquelles on a injecté la seconde dose jeudi dernier.

La pénurie de vaccins suscite grandement l’inquiétude. La présence de plusieurs variants sur le territoire national, combinée au délaissement des gestes barrières par la population, pourraient résulter sur une accélération de l’épidémie. Pas plus tard que jeudi, le nombre de nouvelles contaminations recensées a connu une hausse. En effet, 487 nouveaux cas COVID+ ont été détectés entre 10.285 personnes testées. Ce qui en dit long sur la réalité de la situation. Avec un taux de positivité de 4,7%, il est évident que le virus se propage de manière de plus en plus préoccupante. Le Maroc a tout misé sur la campagne de vaccination. Mais à cause des défauts de livraison, ne serait-il pas plus judicieux de changer de fusil d’épaule et resserrer la vis pour ne pas revivre une autre vague de contaminations ?

C.E

 

Libé
Vendredi 19 Mars 2021

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