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Rabat réitère son refus à l’installation de centres d’accueil sur son territoire

Trop facile comme mécanismes pour prétendre gérer le flux migratoire




Le Maroc s’oppose à la construction de  centres d'accueil hors-UE envisagée par l'Union européenne pour externaliser la gestion des flux migratoires hors de ses frontières. C’est ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, jeudi, à l’issue d’une rencontre à Rabat avec son homologue espagnol Josep Borrell qui effectue une visite officielle au Maroc en compagnie du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.
Le chef de la diplomatie marocaine a souligné à ce propos que le Royaume s’inscrit en faux contre «ce genre de méthodes de gestion de la question des flux migratoires», car ce sont tout bonnement des «solutions faciles » et des «mécanismes contre-productifs».
Il convient de préciser que les entretiens entre le ministre marocain et son homologue espagnol se sont focalisés sur la question migratoire.
Selon l’agence Europa Press, Josep Borrell s’est dit «confiant» en assurant que le gouvernement marocain collaborera efficacement avec l'Espagne pour contrôler les flux migratoires vers la côte ibérique.
La question du Sahara marocain a été également abordée lors de la réunion entre Nasser Bourita et Josep Borrell. Ce dernier a soutenu qu’«il s'agit d'une question d'Etat et que la position du gouvernement reste la même». Ainsi, il a rappelé que Madrid «défend la centralité du rôle des Nations unies dans cette question et espère et souhaite trouver une solution politique » à cette question et soutient le travail accompli à cet égard par le Secrétaire général, Antonio Guterres, et son Envoyé spécial pour le Sahara, Horst Koehler.
Dans des déclarations accordées à la presse, le ministre espagnol a, par ailleurs, souligné que la coopération avec le gouvernement marocain concernant la gestion des flux migratoires est «excellente», bien qu'il ait reconnu que durant « l'année dernière, les arrivées en Espagne par mer ont considérablement augmenté».
A ce même sujet, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé que Rabat et Madrid doivent travailler intensément en matière de politique migratoire et a souligné la nécessité de prendre des décisions consensuelles pour garantir la sécurité des deux côtés de la frontière.
Dans des déclarations à la presse après sa rencontre avec son homologue marocain, Abdelouafi Laftit, il a indiqué que le Maroc et l'Espagne sont des «partenaires pertinents» qui entretiennent des relations «fraternelles» depuis de nombreuses années. La rencontre avec son homologue, a-t-il indiqué, sert à «fixer des objectifs et à y aller un peu plus».
Dans ce contexte, il a affirmé que les deux pays ont effectué 1.340 missions conjointes depuis 2004, avec un total de 25.000 patrouilles terrestres, 1.500 opérations maritimes et 560 opérations aériennes, tout en rappelant que 55% des interceptions dans la région de la Méditerranée occidentale et du Détroit ont été effectuées par les forces de sécurité marocaines.
Concernant la lutte contre le terrorisme, le ministre espagnol a exprimé sa satisfaction pour le «haut niveau de dialogue et de confiance mutuelle» entre les départements des deux pays. Ainsi, il a souligné que plus de 20 opérations conjointes contre le terrorisme djihadiste ont été menées par les forces de sécurité des deux pays depuis 2014.
Pour sa part, Abdelouafi Laftit a mis en exergue la solidité des relations entre le Maroc et l'Espagne, ajoutant que cette réunion de travail a été l'occasion d'évoquer et de se mettre d'accord sur tous les sujets d'intérêt commun.
A ce propos, il a indiqué avoir abordé avec son homologue espagnol tous les sujets intéressant les deux pays, notamment la lutte contre le terrorisme et l'immigration, précisant qu'il existe une convergence de vues sur les démarches entreprises en matière de lutte contre les flux migratoires.
«Nous nous engageons à continuer à collaborer pour trouver toutes les solutions possibles aux problèmes posés», a-t-il noté.
Abdelouafi Laftit et son homologue espagnol ont également tenu une réunion de travail à laquelle ont pris part notamment le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, Noureddine Boutayeb, la secrétaire d'Etat à la Sécurité, Ana Maria Botella, l'ambassadeur du Royaume d’Espagne à Rabat, Ricardo Diez Hochleitner, et l'ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, ainsi que de hauts responsables sécuritaires des deux pays.
Lors de cette réunion, les deux ministres ont exprimé leur satisfaction quant à l’excellence et à la solidité des relations entre le Maroc et l'Espagne, grâce aux liens fraternels unissant Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Sa Majesté le Roi Felipe VI.
Ils se sont félicités, en l’occasion, de l’exemplarité de la coopération entre les services des ministères de l’Intérieur des deux pays, comme en témoignent les résultats probants de la coopération opérationnelle et technique, notamment dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

La route occidentale de la migration irrégulière

Si le nombre de migrants qui tentent de traverser la Méditerranée a été divisé par deux depuis début 2018 par rapport à la même période en 2017, il a triplé en ce qui concerne l'Espagne, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Entre le 1er janvier et le 20 juin, 12.155 migrants sont arrivés par voie maritime en Espagne, via la route de transit dite «occidentale». Sur cette période, 292 migrants sont morts en tentant d'atteindre les côtes espagnoles - sur 960 décès en Méditerranée -, selon l'OIM.
Pour la seule journée de lundi dernier, les gardes-côtes espagnols ont secouru 616 migrants sur des embarcations, et plus de 750 samedi dernier.
L'Espagne qui, à l’instar de l'Italie et de la Grèce, constitue l’une des trois portes d'entrée des migrants en Europe, plaide pour un renforcement de la coopération avec le Maroc sur la question migratoire, après la signature en décembre d'une convention UE-Maroc, prévoyant une enveloppe de 390 millions de dirhams (35 millions d'euros) sur quatre ans.
«Je prends l'engagement que l'Europe porte sur le Maroc une attention approfondie», a affirmé Josep Borrell jeudi, en plaidant notamment pour le développement des accords sur la pêche et l'agriculture - dossiers qui ont buté ces derniers mois sur la question des ressources issues de nos provinces sahariennes.

M.T
Samedi 30 Juin 2018

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