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Assurant que Damas était toujours prêt à des négociations de paix, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé avoir proposé aux Syriens de placer leur stock d'armes chimiques sous contrôle international et de le détruire.
La Syrie a immédiatement "accueilli favorablement" cette proposition, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, sans être plus spécifique. M. Mouallem, qui se trouvait lundi à Moscou, a aussi salué "la sagesse des dirigeants russes qui essaient d'empêcher une agression américaine contre notre peuple". Dans la foulée, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à la création de zones supervisées par les Nations unies en Syrie où les armes chimiques du pays pourraient être détruites. Ban pourrait proposer la création de ces zones au Conseil de sécurité de l'ONU si les enquêteurs onusiens confirment l'utilisation d'armes prohibées dans le conflit syrien, afin de surmonter "l'embarrassante paralysie" du Conseil sur la Syrie, a-t-il déclaré à des journalistes.
Barack Obama va tenter mardi de rallier davantage d'Américains à sa politique syrienne, tâche compliquée par l'évolution rapide du dossier avec une proposition russe qualifiée de possible "percée importante" par un président au ton soudainement plus conciliant.
Mais lundi, alors que la présidence avait appelé à la rescousse la populaire ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton pour soutenir le principe de frappes, la Russie a provoqué un nouveau coup de théâtre en annonçant avoir proposé à ses alliés syriens de placer leur stock d'armes chimiques sous contrôle international et de le détruire, une proposition accueillie "favorablement" par Damas.
Le changement de ton de la Maison Blanche a été immédiat: M. Obama, qui accordait lundi pas moins de six entretiens à des grandes télévisions américaines, a évoqué sur NBC une possible "percée importante" dans le conflit qui dure depuis deux ans et demi et a estimé que les menaces de frappes américaines avaient "fait réfléchir" le gouvernement Assad.
Dans l'incertitude complète sur l'issue du vote final du Congrès sur des frappes en Syrie, qui pourrait ne pas intervenir avant la semaine prochaine, Barack Obama doit aussi faire face à une opinion publique hostile à une intervention militaire en Syrie. Six Américains sur dix y sont opposés, selon un sondage publié lundi.
Par ailleurs, un éventuel démantèlement de l'arsenal chimique syrien, à supposer que le régime de Bachar Al-Assad l'accepte, risque d'être difficile à mettre en œuvre tandis que sa destruction pourrait prendre des années, estiment les spécialistes de la question.
"Pratiquement, c'est quand même très difficile à organiser, à appliquer", a estimé mardi sur Europe 1 le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.