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Les mesurettes prises par le gouvernement sont loin de répondre aux attentes des citoyens


Mourad Tabet
Dimanche 1 Mai 2022

Abdelhamid Fatihi : Il ne nous a pas été donné de constater une réelle volonté politique du gouvernement à travers des programmes et des plans clairs et réalistes pour faire face à une situation sociale alarmante et alléger les souffrances de millions de Marocains qui vivotent au quotidien

Ph: Laaraki
Ph: Laaraki
«Ne croyez pas ce gouvernement quand son président et ses alliés parlent d’Etat social. Leur action prouve tout le contraire». Le secrétaire général de la FDT, Abdelhamid Fatihi, a vivement critiqué le gouvernement et sa politique ultralibérale, et ce dans son discours à l’occasion de la fête du travail.

Selon lui, le discours sur «l'Etat social n'est rien de plus pour ce gouvernement qu'un leurre pour voiler son identité capitaliste libérale, comme le prouvent son discours officiel ainsi que les nombreuses mesures qu'il a prises au profit du capital, tout en évitant de prendre les décisions nécessaires pour soutenir les catégories vulnérables de la société».

Pour faire face à cette politique gouvernementale «hostile aux aspirations des masses populaires», Abdelhamid Fatihi a souligné que le mouvement syndical marocain et les forces nationales et démocratiques devraient mobiliser «tous les moyens légitimes», tout en déplorant «le déclin des rôles joués par les institutions représentatives, notamment le Parlement qui fonctionne comme une chambre d’enregistrement malgré les évolutions et les transformations qu'ont connues les institutions politiques au niveau international et national».

Pour cette raison, a-t-il poursuivi, «la lutte sociétale avec ses composantes politiques, syndicales et civiles reste le seul moyen à même de contrer le processus de hégémonie libérale que le gouvernement et ses prolongements cherchent à exercer sur la société toute entière».

Pour rappel, la FDT célèbre la fête du travail cette année sous le slogan «Luttons tous pour l'augmentation des salaires et pour faire face à la destruction du pouvoir d'achat des salariés marocains et de l’ensemble de la population en général et à la menace pour la paix sociale».

A cet égard, la centrale syndicale a mis en garde contre la dégradation de la situation sociale dans notre pays. Preuve en est la flambée des prix, en particulier ceux des produits alimentaires et des carburants, ce qui a écorné le pouvoir d'achat des salariés et de la population en général, en particulier les catégories sociales à faible revenu.

Selon Abdelhamid Fatihi, «cette situation préoccupante est exacerbée par la situation économique, en raison d’un taux d'inflation sans précédent qui atteindra les 4,7%, d’un taux de croissance qui baissera à 1,1%, d’un déficit budgétaire élevé et d’un niveau important d'endettement du pays, tout cela constitue des facteurs qui alimentent la tension sociale», soulignant que «les catégories les plus faibles de la société, y compris les salariés et les groupes vulnérables, se paupérisent, alors que le capital continue d'accumuler des profits, comme c'est le cas du lobby des hydrocarbures, sans crainte pour l’avenir du pays».

«Cela se produit devant l’indifférence du gouvernement qui, dès le début, a choisi de prendre le parti du patronat et d’adopter sa politique sur la libéralisation des prix et la loi du marché, avec une logique libérale grossière. Tout cela n'est plus acceptable même dans les pays capitalistes», a-t-il martelé.

Concernant l’emploi, le secrétaire général de la FDT a assuré que le gouvernement, au lieu de parler de la création d’un million d'emplois, aurait plutôt dû parler des emplois perdus depuis le déclenchement de la crise sanitaire du Covid-19, qui dépassent largement ce chiffre, car «des salariés ont été licenciés dans de nombreux secteurs, en particulier ceux du tourisme, de l'artisanat, de la restauration, de l'hôtellerie, entre autres, sans que le cycle économique ne puisse rattraper les postes perdus  jusqu'à présent, alors que les emplois nouvellement créés sont très peu nombreux en raison de la situation économique créée par la crise sanitaire».

Tout cela sans parler «du chômage des nouveaux entrants sur le marché du travail, qu'ils soient diplômés d'institutions universitaires, ou sans diplôme, qui atteint des niveaux record, selon les statistiques du HCP, une réalité qui dément le discours optimiste du gouvernement, qui n'a pour l'instant trouvé que le programme «Forsa», dont les traits ne sont pas encore clairs». Et d’jouter : «Le chômage fait partie d'une réalité fragile vécue par de nombreuses catégories  sociales qui souffrent de la pauvreté, de la marginalisation et de la précarité sociale sous toutes leurs formes, et nous n'avons pas encore constaté une réelle volonté politique du gouvernement, à travers des programmes et des plans clairs et réalistes pour faire face à cette situation et alléger les souffrances de millions de Marocains qui vivotent au quotidien».

Mourad Tabet

Les principaux points de la réunion de la Haute commission du dialogue social

Voici les principaux points de la réunion de la Haute commission du dialogue social, qui s'est tenue samedi à Rabat, sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch :

- Signature du procès-verbal d'un accord social pour la période allant de 2022 à 2024 ;

- Signature de la Charte nationale du dialogue social ;

- Relèvement du salaire minimum dans les secteurs de l'industrie, du commerce et des services de 10% sur deux ans ;

- Unification progressive du salaire minimum légal entre les secteurs de l'industrie, du commerce, des professions libérales et du secteur agricole ;

- Relèvement du salaire minimum dans le secteur public à 3.500 dirhams nets, outre la suppression de l'échelle 7 pour les fonctionnaires appartenant aux catégories d'adjoints administratifs et assistants techniques, ainsi que le relèvement du quota de promotion dans le grade de 33 à 36%,

- Augmentation de la valeur de l'indemnisation familiale pour les quatrième, cinquième et sixième enfants dans les secteurs public et privé,

- Réduction de la condition de bénéficier de la pension de vieillesse de 3.240 jours d'affiliation à 1.320 jours, permettre aux assurés ayant atteint l'âge légal de la retraite disposant de moins de 1.320 jours d'affiliation, de récupérer leurs cotisations salariales et les cotisations de l'employeur, et permettre aux assurés de la Caisse nationale de sécurité sociale se trouvant à la retraite et touchés par la pandémie, de bénéficier de la pension de vieillesse, sans tenir compte des cas où ils n'auraient pas perçu de salaire ou auraient reçu un salaire incomplet. 

- L'Etat prend en charge les frais d'une offre qui contribuera à réduire le coût des salaires des travailleurs domestiques auprès de leurs employeurs, dans le but de favoriser une meilleure adhésion des femmes actives au marché de l'emploi et d'augmenter le rythme de leur activité économique ;

- Les parties ont convenu d'un calendrier pour l'élaboration de la loi organique relative aux conditions d'exercice du droit de grève, la révision de certaines dispositions du Code du travail et de la loi relative aux syndicats professionnels, et la révision des lois réglementant les élections professionnelles, selon la méthodologie qui sera adoptée par la commission qui sera créée en vertu de la Charte nationale du dialogue social, en tant qu'espace idéal pour débattre de la législation du travail et identifier les amendements;

- Mise en place des mécanismes d'accompagnement de l'institutionnalisation. Il s'agit de l'Observatoire national du dialogue social qui se veut un espace de consolidation du tripartisme et d'élargissement du cercle du pouvoir propositionnel. Il aura pour missions d'assurer la veille sociale, la production d'indicateurs, le suivi et l'actualisation des données, ainsi que la coordination lors de l'élaboration du rapport annuel sur le climat social ;

- Création d’une académie de formation dans le domaine de l'emploi et du climat des affaires afin de renforcer les capacités des acteurs dans le domaine du dialogue social, de la négociation collective et des mécanismes alternatifs de résolution et de gestion des conflits et de médiation sociale.



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