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Les bus de Casa annoncés au goût d’Alsa

En attendant, les Casablancais obligés de prendre leur désarroi en patience




Le calvaire quotidien des Casablancais à cause des transports urbains n’est pas près de s’arrêter. En effet, le contrat liant le Conseil de la ville à la société M’dina Bus expire à la fin du mois courant. Et même si la société espagnole Alsa City Bus va lui succéder, le doute subsiste encore à propos de la capacité de cette dernière, qui a notamment fait ses preuves à Tanger et Marrakech, de résoudre une fois pour toutes le problème du transport dans la capitale économique.
C’est le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, qui a récemment annoncé que la société espagnole allait assurer la gestion de ce secteur dans la métropole, en précisant que la ville va mettre en service une  nouvelle flotte composée de 700 bus flambant neufs. Selon lui, dans un premier temps, elle va  acquérir 350 bus, alors que le reste (c’est-à-dire 350 autres bus) sera finalisé par Casa Transports SA.
Selon une source du Conseil de la ville de Casablanca contactée par Libé, «c’est le ministère de l’Intérieur qui va payer l’acquisition de 350 bus, mais ils ne seront opérationnels qu’en novembre 2020 ».
Avant-hier, une vive discussion a eu lieu lors de la réunion du Conseil de la ville de Casablanca entre deux partis appartenant à la coalition aux commandes dans la capitale économique du Royaume, à savoir le RNI et le PJD.
Le groupe du RNI a, en effet, critiqué la gestion « calamiteuse » de ce dossier par le PJD qui préside le Conseil de la ville et l'Etablissement de coopération intercommunale (ECI), alors que les partis de l’opposition (UC, PI et PAM) ont demandé que la ville de Casablanca récupère la gestion du secteur du transport des mains de l’ECI qui représente 18 communes (Casablanca, Méchouar, Mohammédia, Aïn Harrouda, Béni Yakhlef, Nouaceur, Bouskoura, Ouled Saleh, Dar Bouazza, Médiouna, Lahraouyine et Tit Mellil, Ech-challalate, Sidi Moussa El Mejdoub, Sidi Mouss Ben Ali, Al Majjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Ouled Hasser).
Notre source a émis l’espoir « que la relation entre Alsa et l'Etablissement de coopération intercommunale sera claire et qu’il y aura un suivi permanent de la gestion de cette société pour qu’il n’y ait pas de dysfonctionnements et que les citoyens casablancais ne souffrent d’aucun problème à partir du premier novembre». Elle a probablement fait allusion en disant cela à l’expérience de M’dina Bus qui n’a pas honoré ses engagements contractuels faute de contrôle et de suivi de la part des élus de Casablanca.
 Il convient de rappeler qu’un rapport de la Cour des comptes au titre de l’année 2015 avait épinglé M’dina Bus pour ne pas avoir tenu ses promesses d’investissement.
Pour preuve, sur les 772 millions de DH promis entre 2009 et 2014, seuls 248 millions ont été investis, soit à peine 32% des engagements.
De surcroît, cette société n’a investi que 176,6 millions de DH dans l’acquisition de nouveaux autobus, ce qui est largement inférieur aux 729,5 millions de DH prévus dans le contrat. Mais plus  grave encore, selon le rapport de la Cour régionale des comptes de Casablanca-Settat, c’est que l’acquisition de 135 bus a été financée par un emprunt bancaire, ce qui n’était pas prévu par le contrat.
M’dina Bus s’était également engagée à acquérir 125 véhicules usagés en 2004 et 45 en 2005 et de les retirer progressivement de la circulation à partir de 2009, mais elle a manqué à sa promesse.

T. M
Samedi 5 Octobre 2019

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