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Les Marocains résidant en Arabie Saoudite s'estiment exclus de toute une stratégie concernant les MRE




Les Marocains résidant en Arabie Saoudite s'estiment exclus de toute une stratégie concernant les MRE
L’ouverture partielle des frontières aurait plutôt l’air d’une mauvaise nouvelle pour les MREd'Arabie Saoudite en attente de leur rapatriement depuis des mois. En effet, ils sont obligés de mettre la main à la poche pour retourner à la mère-patrie. 
« Un bon nombre de MRE ont été inscrits sur les listes des personnes désireuses de rentrer au pays aux frais de l’Etat comme ce fut le cas pour les 10.700 ressortissants qui ont déjà été rapatriés sur les 32.000 recensés, d’après les chiffres avancés par la ministre déléguée Nezha El Ouafi le 6 juillet dernier en commission parlementaire.Mais aujourd’hui, ils sont dans l’obligation de payer leurs billets et les tests de dépistage pour avoir un siège sur les avions qui font la liaison entre le Maroc et l’Arabie Saoudite », nous a indiqué El HassanRabiae, journaliste marocain à Riyad. Et de poursuivre : « Le hic, c’est que les prix des billets d’avion ont presque triplé. Un aller simple coûte actuellement entre 5.000 et 6.000 riyals saoudiens alors qu’auparavant, un aller-retour ne dépassait pas, en haute saison, 3500 riyals.  A cela, il faut ajouter le coût du test PCR (1.450 riyals). Ces frais devraient être multipliés par trois ou quatre vu qu’un grand nombre de MRE sont mariés et ont des enfants ».
Une situation des plus compliquées puisqu’une grande partie d'entre eux sont actuellement en situation économique précaire due à une longue période de confinement. 
En effet, la communauté marocaine en Arabie Saoudite est composée, en grande majorité, d'ouvriers et d'employés qui ont été les premières victimes de la crise liée au Covid-19, précise notre source. « Pire, un bon nombre d’entre eux a dû s’acquitter d’un visa « exit définitif » exigé par les services consulaires marocains.  Cette situation a fini par provoquer, en conséquence, de nombreux problèmes entre ces MRE et leurs kafils. En effet, plusieurs de nos concitoyens ont été obligés de rompre leurs contrats de travail et d’être ainsi privés des indemnités de départ ou de leur salaire», nous a expliqué notre source. Et d’ajouter : « Le pire, c’est qu’aucun avion marocain n’a débarqué sur le sol saoudien. Les services consulaires se sont contentés d’annoncer tout bonnement que l’opération a été annulée. A noter que ces MRE qui disposent de visas « exit définitif » doivent payer des pénalités deux mois après l’entrée en vigueur de ce visa. Dernièrement, une ressortissante marocaine a déboursé 6000 riyals comme pénalité en sus de pénalités quotidiennes de retard ».
Une situation difficile à supporter pour bon nombre de ces MRE, a souligné notre source, vu la vulnérabilité sociale et économique dans laquelle ils se trouvent. « Certains crèvent de faim et n’ont même pas où se loger. C’est grâce à l’aide de certaines ONG marocaines qu'ils arrivent à s’en sortir », a ajouténotre interlocuteur.
Concernant nos représentants diplomatiques en Arabie Saoudite, notre source nous a révélé qu’ils estiment que leur mission consiste uniquement à  enregistrer les MRE désireux de rentrer au Maroc et que le reste ne les regarde pas. « Problèmes entre kafil et salariés, situation précaire des MRE, chômage au sein de la communauté marocaine,… l’ensemble de ces problèmes et d'autres ne les concernent pas ».
Une attitude qui n’a rien de  surprenant pour El HassanRabiae. « Les MRE d’Arabie Saoudite ont toujours été une sorte d'objet non identifié. Cette situation perdure encore aujourd’hui au niveau du gouvernement (…). Si le Maroc a envoyé des avions partout pour récupérer ses citoyens bloqués à l’étranger et notamment les plus vulnérables d'entre eux, les MRE d’Arabie Saoudite ont constitué, avec ceux du Koweït, l’exception puisqu’aucun avion en provenance du Royaume n’a débarqué sur le sol saoudien et aucun Marocain n’a été rapatrié. Tous les MRE d’Arabie Saoudite se demandent s'ils sont considérés aujourd’hui comme des citoyens à part entière ou comme des Marocains de seconde zone.En clair, on se demande si les autorités marocaines sont vraiment informées de notre situation et si elles sont vraiment au courant de ce qui se passe de ce côté-ci », conclut notre source.


Vendredi 17 Juillet 2020

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