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Le maire de Misrata enlevé et tué


Khalifa Haftar laisse entrevoir une candidature à la présidentielle



Le maire de Misrata, troisième plus grande ville de Libye, a été tué dimanche soir après avoir été enlevé par des inconnus, a-t-on appris lundi auprès d'une source des services de sécurité de la ville.
Mohamad Eshtewi a été poursuivi et enlevé à sa sortie de l'aéroport de Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, a affirmé cette source sous couvert de l'anonymat, précisant que le cadavre avait ensuite été abandonné dans une rue.
L'hôpital de la ville a confirmé avoir reçu le corps du maire, qui portait des impacts de balles.
Son frère, qui se trouvait dans le même véhicule au départ de l'aéroport, a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger, selon la même source.
M. Eshtewi rentrait d'un voyage officiel en Turquie, en compagnie d'autres membres du Conseil municipal, tous élus en 2014 et dont le mandat doit expirer fin 2018.
Sur son compte Twitter, l'envoyé spécial de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a exprimé "sa profonde tristesse et sa ferme dénonciation" de ce meurtre.
Misrata, cité portuaire d'environ 400.000 habitants, est considérée comme l'une des villes les plus sûres de Libye.
Elle compte les groupes armés les plus puissants du pays et avait joué les premiers rôles dans la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, ainsi que dans la libération en 2016 de Syrte, alors aux mains du groupe Etat islamique (EI).
En octobre, un attentat suicide revendiqué par l'EI avait fait quatre morts dans un complexe judiciaire de Misrata.
Par ailleurs, l'homme fort de l'est de la Libye, Khalifa Haftar, a déclaré dimanche qu'il écouterait la "volonté du peuple libyen libre", laissant ainsi entrevoir sa candidature à l'élection présidentielle qui doit être organisée l'année prochaine dans le pays.
Tenus lors d'une cérémonie militaire, ces propos rappellent ceux qu'a pu tenir en Egypte le président Abdel Fattah al Sissi avant de présenter sa candidature à la présidence.
"Nous disons clairement et sans équivoque notre assujettissement total aux ordres du peuple libyen libre, qui est son propre gardien et le maître de sa terre", a déclaré le général.
Khalifa Haftar s'exprimait à Benghazi, ville libérée par ses forces des mains de l'Etat islamique après un conflit de trois ans.
Il a, par ailleurs, critiqué l'organisation par l'Onu de discussions destinées à rapprocher les deux gouvernements qui se font concurrence, l'un qui lui est lié à l'Est, l'autre qui est installé à Tripoli et qui bénéficie du soutien des Nations unies.
"Toutes les discussions qui commencent à Ghadamès (localité située à l'intersection des frontières algérienne, tunisienne et libyenne, NDLR) et qui finissent à Tunis et qui passent par Genève et Skhirat n'ont été que de l'encre sur du papier, a-t-il affirmé.
Dans son discours, Khalifa Haftar a déclaré que ses forces, connues sous le nom d'Armée nationale libyenne, ne pourraient être placées que sous l'autorité de celui qui sera élu par le peuple libyen.
A l'issue d'une réunion tripartite dimanche à Tunis, les ministres des Affaires étrangères tunisien, algérien et égyptien ont "renouvelé leur soutien à l'accord politique en tant que cadre de la solution politique en Libye".
Dans une déclaration commune, ils ont également "accueilli favorablement (...) la déclaration du Conseil de sécurité du 14 décembre 2017 et réaffirmé le rôle central et la responsabilité politique et juridique de l'ONU".
Les trois ministres ont réaffirmé aussi leur refus de "toute ingérence extérieure en Libye" et "toute tentative de n'importe quelle partie libyenne pour dérailler le processus politique" en Libye.
La Libye a sombré dans le chaos après la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi, des autorités rivales, à Tripoli et dans l'est du pays, et de nombreuses milices s'y disputant le pouvoir.

Libé
Mardi 19 Décembre 2017

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