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Le classement du Maroc laisse trop à désirer

Un rapport IDH où le qualitatif est relégué au second plan




Le Maroc continue à traîner au bas du classement IDH aux niveaux maghrébin et arabe. En fait, il est classé à la 123ème place sur 189 pays. Il est devancé, et de loin, par l’Algérie (83ème), la Tunisie (95ème) et même la Libye, pourtant ravagée par la guerre et par une instabilité chronique (108ème). Au niveau arabe, il ferme la marche avec une 14ème place derrière les Emirats arabes unis (34ème rang mondial), le Qatar (37ème), l’Arabie Saoudite (39ème), Bahreïn (43ème) et Oman (48ème), poids lourds du développement humain au niveau de la région MENA. Il même a été distancié par des pays en guerre ou en crise comme l’Irak qui est classé au 120ème rang, la Palestine (119ème) ou l’Egypte (115ème).  C’est du moins ce qui ressort  de la nouvelle mise à jour de l'indice du développement humain (IDH) publiée vendredi dernier par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). 
Destiné à mesurer le développement humain défini comme étant «l’élargissement des choix offerts à chacune et à chacun, en se préoccupant de la richesse de la vie humaine et non simplement de la richesse des pays», l’indice du développement humain (IDH) est calculé grâce à la moyenne de trois autres indices fondamentaux, à savoir l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui reflète la capacité à acquérir des connaissances, ainsi que le revenu national brut par habitant (PNB) renseignant sur la capacité à avoir un niveau de vie décent.  
Le rapport sur le développement humain présente également quatre autres indices ; à savoir l’IDH ajusté aux inégalités, l’indice de développement de genre, l’indice d’inégalité de genre qui met en évidence l’autonomisation des femmes et l’indice de pauvreté multidimensionnelle mesurant les aspects de la pauvreté autres que le revenu.  
Classé parmi les pays à «développement humain moyen », le Maroc a obtenu un score de 76,1 au niveau de l’indicateur d’espérance de vie à la naissance, 12,4 pour la durée attendue de la scolarisation, 5,5 pour la scolarisation, 7.340 pour l’écart entre les deux sexes et – 5 pour l’indice global pour le PNB par habitant. Selon le PNUD,  entre 1990 et 2017, la valeur de l’IDH du pays est  passée de 0,458 à 0,667, soit une augmentation de 45,5%. Sur la même période, l’espérance de vie à la naissance au Maroc a augmenté de 11,4 ans. Idem pour les années moyennes de scolarité qui ont progressé de 3,3 ans et les années de scolarité prévues qui ont augmenté de 5,9 ans.  Quant au PIB par habitant du Maroc, il a augmenté d’environ 93,2% entre 1990 et 2017.
La Mise à jour 2018 qui présente l’IDH de 189 pays et territoires en utilisant les données les plus récentes a classé 59 de ces pays dans la catégorie « développement humain très élevé », 53 dans la catégorie « développement humain élevé », 39 dans la catégorie « développement humain moyen  » et 38 seulement dans la catégorie «  développement humain faible  ». 
En 2010, 42 pays étaient classés dans la catégorie « développement humain faible ». Les cinq pays en tête du classement selon l’IDH sont la Norvège (0,953), la Suisse (0,944), l’Australie (0,939), l’Irlande (0,938), et l’Allemagne (0,936). Les cinq derniers pays sont le Burundi (0,417), le Tchad (0,404), le Soudan du Sud (0,388), la République centrafricaine (0,367) et le Niger (0,354).  Le rapport du PNUD a précisé, en outre, que l’IDH progresse dans toutes les régions et dans toutes les catégories de développement humain, mais à des rythmes très différents. L’Asie du Sud connaît la croissance la plus rapide (45,3% sur la période 1990-2017), suivie par l’Asie de l’Est et le Pacifique à 41,8 %, puis l’Afrique subsaharienne à 34,9 %.
Cependant, les experts du PNUD estiment que les progrès en matière de développement humain devraient être exprimés non seulement en termes quantitatifs (espérance de vie, années de scolarisation, etc.), mais également en termes qualitatifs. « Les années vécues ont-elles été agréables ou marquées par la maladie ? Les enfants ont-ils simplement fréquenté l’école ou ont-ils acquis des compétences et des savoirs qui les équiperont pour vivre une vie enrichissante ? Le travail permet-il aux individus de prospérer ou la majorité  s’éreinte-t-elle dans des emplois précaires, à exécuter des tâches dangereuses ? Les individus ont-ils voix au chapitre sur les sujets qui influencent leur vie ou sont-ils exclus de toute participation ? Dans une perspective de développement humain, de vrais progrès ne sont possibles qu’en assurant la qualité en matière d’éducation, de santé et dans d’autres domaines », se sont-ils interrogés.
Ils expliquent que la qualité de la santé peut être évaluée en examinant les indicateurs de résultats comme l’espérance de vie, qui indique si les années vécues devraient être vécues en bonne santé, et la perte d’espérance de vie, c’est-à-dire la différence relative entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, exprimée en pourcentage de l’espérance de vie à la naissance.
Dans toutes les régions et toutes les catégories de développement humain, précise le document du PNUD, l’espérance de vie en bonne santé est inférieure de 12 % à l’espérance de vie globale. Cela signifie qu’en moyenne, dans le monde entier, les personnes vivent 88 % de leur vie relativement en bonne santé, mais sont confrontées à des problèmes durant les dernières années de leur vie. «Plusieurs indicateurs complémentaires peuvent être employés pour évaluer la qualité de l’éducation. Le nombre d’élèves par enseignant révèle des écarts importants entre les catégories de  développement humain, avec trois fois plus d’élèves par enseignant dans le primaire pour les pays de la catégorie «développement humain faible» que pour ceux de la catégorie «développement humain très élevé» (41 contre 14). Dans les pays à développement humain faible et moyen, une moyenne de 76 % d’enseignants reçoit une formation pédagogique, mais les variations sont importantes », a conclu le rapport.



 

Hassan Bentaleb
Lundi 17 Septembre 2018

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