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Le Pourquoi du NON usfpéiste

Les hypothèses sur lesquelles se base le PLF passent sous silence la réalité économique et sociale du pays et versent dans un optimisme béat


Mourad Tabet
Vendredi 8 Décembre 2023

Le Pourquoi du NON usfpéiste
Comme prévu, le gouvernement, grâce à son hégémonie numérique, a pu passer son projet de loi de Finances 2024, en deuxième lecture, à la Chambre des représentants lors d'une séance plénière tenue jeudi dernier.

Le PLF a reçu l'aval de 87 députés et l'opposition de 31 autres, sans aucune abstention.
Rejetant ce PLF, le Groupe socialiste-Opposition ittihadie a souligné que le projet gouvernemental ne comprend aucune proposition des groupes parlementaires de l'opposition.

Selon le Groupe socialiste, le PLF ne prévoit aucun amendement qui pourrait garantir le financement des outputs du dialogue social entre le gouvernement et les syndicats de l’enseignement.

La Chambre des conseillers, rappelle-t-on, a adopté à la majorité, mercredi lors d'une séance plénière, le PLF 2024, tel qu'il a été amendé. Ce PLF a reçu l'aval de 45 conseillers et a été rejeté par 13 autres, tandis que 6 conseillers se sont abstenus de voter. Le Groupe socialiste-Opposition ittihadie a rejeté ce texte de loi.

En ce sens, Youssef Aidi, président du Groupe socialiste à la deuxième Chambre, a affirmé lors de la séance plénière que son groupe parlementaire espérait que le gouvernement allait prendre en compte tous les signaux positifs pour présenter un PLF ambitieux répondant aux multiples défis auxquels fait face notre pays, «mais notre déception fut grande, car le gouvernement a présenté un projet contenant plus de promesses que de mesures et de programmes réalistes, applicables et durables. C’est un projet caractérisé par un horizon limité dans le temps, comme si le gouvernement ne se souciait que de la réussite de son mandat qui s’achève en 2026».

Le conseiller socialiste a déploré le fait que le gouvernement n’ait pas fait «preuve d'audace financière et politique dans le PLF», relevant que les hypothèses sur lesquelles se base le PLF passent sous silence la réalité économique et sociale du pays et versent dans l’optimisme béat. «Ce sont des hypothèses qui soulèvent des questions majeures quant à leur crédibilité et à la possibilité de leur vérification compte tenu des circonstances internationales et nationales difficiles», a martelé Youssef Aidi.

Selon le Groupe socialiste, le gouvernement est confronté à un autre défi, à savoir la pérennisation des moyens de financement des programmes sociaux sans porter atteinte aux intérêts de la classe moyenne, qui risque de sombrer dans la paupérisation.

«Cette classe est la garante de l'équilibre dans la société et c'est elle qui stimule l'économie nationale et consolide la cohésion sociale, en renforçant les mécanismes de solidarité traditionnels que le gouvernement semble ignorer», a indiqué Youssef Aidi dans son intervention. Et de poursuivre : «Partant de notre référentiel social-démocrate, nous exhortons le gouvernement à garder à l'esprit la question de la stabilité sociale, car sans elle, il n'y aura pas de développement ni d'investissement. Nous souhaitons que le gouvernement fasse preuve de plus de créativité pour trouver des solutions alternatives et de nouvelles marges financières».
Youssef Aidi
C’est un PLF court-termiste comme si le gouvernement ne se souciait que de la réussite de son mandat, qui s’achève en 2026
Le Groupe de l’USFP a également critiqué l'absence d'une véritable réforme fiscale, notamment la révision des taux de l’IGR pour les groupes soumis au prélèvement à la source.

Youssef Aidi a cité plusieurs cas qui illustrent l’échec du gouvernement dans la gestion de nombre de secteurs, dont notamment celui de l’éducation nationale qui passe par une crise profonde et prolongée depuis des mois du fait du conflit social opposant les enseignants au ministère de tutelle. 
Abderrahim Chahid
Nous soulignons également, au cours de la période précédente, le manque de communication du gouvernement avec l'institution parlementaire et l'opinion publique nationale sur les grandes questions
«Nous soulignons que le secteur de l’éducation nationale est un secteur stratégique pour le présent et l'avenir du pays et constitue la locomotive vers l’édification d'une société cohésive et avancée économiquement, industriellement et culturellement. Ce secteur ne peut donc pas tolérer les mesures de rafistolage », a-t-il rappelé.  Et d’ajouter : «La mise en œuvre effective de l'approche participative avec tous les acteurs concernés par la réforme est le chemin le plus efficace pour entreprendre les réformes nécessaires dans tous les secteurs. C'est l'approche la plus sûre pour atteindre les résultats escomptés et épargner à notre pays des tensions qui pourraient avoir un impact négatif sur la stabilité et la paix sociale ».

A rappeler que le président du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, Abderrahim Chahid, a critiqué le PLF 2024. « Nous relevons que le projet n'a pas pris en compte le nouveau modèle de développement, en tant que produit national collectif, sachant que le gouvernement a été chargé par Sa Majesté le Roi de définir et de clarifier ce modèle, comme nous l'avons indiqué précédemment, sachant qu'il est considéré par le gouvernement comme un pilier de son programme », a expliqué Abderrahim Chahid.

En ce qui concerne la méthodologie d’élaboration dudit projet, le Groupe socialiste a dénoncé l'absence de toute approche participative dans la préparation du PLF actuel.

« Il devrait être de la responsabilité du gouvernement, dans ce domaine, de promouvoir la créativité en entamant des discussions avec les groupes parlementaires et en menant des consultations politiques parallèles avec les partis politiques de manière permanente et continue, à l’instar de ce que le chef du gouvernement a récemment fait en rencontrant les chefs des partis de l'opposition et de la majorité pour fournir les explications nécessaires concernant le programme de soutien social direct et la Caisse de compensation », a fait savoir Abderrahim Chahid.
Et de préciser : «Nous soulignons également, au cours de la période précédente, le manque de communication du gouvernement avec l'institution parlementaire et l'opinion publique nationale sur les grandes questions ».

S’agissant des hypothèses du PLF pour l'année 2024 et des prévisions annoncées par le gouvernement pour cette année-là : taux de croissance de 3,7%, déficit budgétaire de 4%, taux d'inflation de 2,5%, production céréalière de 75 millions de quintaux, et prix moyen du gaz butane à 500 dollars la tonne, le président du Groupe socialiste à la Chambre des représentants note que, si la même méthodologie des deux dernières années a été adoptée, il y aurait un écart important entre les prévisions et les réalisations, «car le gouvernement n'a pas atteint les chiffres annoncés en ce qui concerne la croissance, l'inflation et le déficit, ce qui signifie qu'il y a un problème dans la méthodologie ou que le gouvernement cherche à présenter des équilibres budgétaires qu'il tente de maintenir».

Mourad Tabet


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