Ce pays doté de l'arme nucléaire est soumis à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d'armement. Depuis des années, l'économie nord-coréenne est moribonde et les pénuries alimentaires chroniques.
"Les 17 projets d'aide humanitaire (...) vont tous être déployés par de grandes organisations internationales telles que l'Unicef ou des ONG sud-coréennes ou américaines", ont précisé ces sources.
L'aide humanitaire à la Corée du Nord ne peut être fournie qu'avec l'accord d'un comité des sanctions de l'ONU, où Washington bloque depuis des mois les autorisations.
Selon des analystes, cette décision permettrait aux ONG concernées de fournir une aide humanitaire - notamment des compléments nutritionnels, du matériel médical et des systèmes de purification d'eau - à la Corée du Nord, qui a du mal à subvenir aux besoins de sa population et est régulièrement critiquée pour donner la priorité à l'armée.
Or, les pénuries alimentaires restent une préoccupation humanitaire majeure dans ce pays, a affirmé vendredi la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l'homme en Corée du Nord, Elizabeth Salmon.
Séoul a déployé "divers efforts" pour que l'aide humanitaire parvienne à la Corée du Nord, indépendamment des considérations politiques, a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères sud-coréen.
"Nous espérons que la Corée du Nord répondra positivement aux efforts de notre gouvernement en faveur de la coexistence pacifique dans la péninsule coréenne", a-t-il ajouté.
Les sources diplomatiques ont fait état de cette information quelques heures après qu'un haut responsable sud-coréen a dit que "de nouvelles avancées" concernant la Corée du Nord pourraient intervenir prochainement.
Ce haut responsable évoquait le voyage prévu du président américain Donald Trump en Chine en avril. Selon certaines informations, Séoul et Washington souhaiteraient profiter de cette occasion pour relancer le dialogue avec Pyongyang.
"Donald Trump a tout à gagner politiquement d'une rencontre avec Kim Jong Un. Même sans résultats concrets, le simple fait d'apparaître aux côtés du dirigeant nord-coréen, notamment lors d'une séance photo en Corée du Nord, aurait une valeur symbolique", a déclaré à l'AFP Lim Eul-chul, professeur à l'Institut d'études extrême-orientales de l'université sud-coréenne Kyungnam.
Lors d'une tournée en Asie l'année dernière, Donald Trump s'était déclaré "ouvert à 100%" à une rencontre avec Kim Jong Un.
Il est même allé à l'encontre de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était "en quelque sorte une puissance nucléaire".
La Corée du Nord n'a pas répondu à l'offre de Trump et a répété à plusieurs reprises qu'elle n'abandonnerait jamais ses armes nucléaires. Trump a rencontré Kim Jong Un à trois reprises au cours de son premier mandat dans le but de parvenir à un accord de dénucléarisation.
Cependant, un sommet prévu à Hanoï en 2019 a échoué en raison de divergences sur ce que Pyongyang obtiendrait en échange de l'abandon de ses armes nucléaires, et aucun progrès n'a été réalisé entre les deux pays depuis lors.
Séoul et Washington ont réaffirmé plus tôt cette semaine leur engagement en faveur de la "dénucléarisation complète" de la Corée du Nord et leur coopération sur le projet sud-coréen de sous-marin à propulsion nucléaire, une initiative qui a suscité une réaction virulente de Pyongyang.
Pour sa part, la Corée du Nord s'est beaucoup rapprochée de la Russie, en envoyant des troupes pour l'aider dans sa guerre contre l'Ukraine.
Pyongyang a dépêché des milliers de soldats combattre pour Moscou et, selon les analystes, la Russie lui fournit en échange des technologies militaires, des denrées alimentaires et des ressources énergétiques, lui permettant ainsi de contourner les sanctions internationales.
La Corée du Nord doit prochainement tenir un congrès historique de son parti au pouvoir, le premier en cinq ans. Avant cette importante échéance, Kim Jong Un a ordonné l'"expansion" et la modernisation de la production de missiles du pays.








