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La saison de la Botola au révélateur des statistiques




Tout juste achevée, il est temps de dresser le bilan de cette saison à 2.26 buts par match, avant que les esprits ne basculent pour de bon vers la Russie. On le sait, un championnat consacre la régularité d’une équipe, celle qui a su maintenir un niveau de performance constant résistant à l’épreuve du temps. Néanmoins, cette année pourrait être considérée comme une exception. On aurait pu croire que la folle et séduisante attaque du DHJ (48 buts), la suprématie du RCA et du WAC (56%) dans le jeu de possession et l’art de la passe, ou encore qu’être l’équipe qui a le plus tiré, le plus centré ou qui a touché le plus le ballons dans la surface de réparation, offrirait à l’une d’entre elles le graal sur un plateau. Mais comme elles n’ont pas su défendre aussi bien qu’elles attaquaient, il n’en a rien été et nul doute que cette réalité marquera les mémoires à l’instar du champion, l’IRT.
A la fois inédits et inattendus, les Nordistes ont su se relever d’un premier tiers de saison chaotique pour empiler les victoires en série au cœur de l’hiver (8), mus par un changement d’entraîneur, qui a vu Lamrabet suppléer Zaki. Ce sacre rafraîchissant évoque également la confrontation de deux conceptions du football. La première évoque un football rudimentaire, qui désigne une base défensive solide comme le secret de la réussite, tandis que la seconde rappelle l’évolution du football moderne, où posséder ne garantit plus de gagner. Pour s’en convaincre, il suffit de souligner la 11ème place occupée par les Tangérois, en termes de possession (47%). Lesquels ont été portés par la seconde meilleure défense du championnat (23 buts encaissés). A cela on pourrait aussi ajouter la gestion du groupe et le turn over imposés par le coach tangérois, 78 changements, plus que toute autre équipe.
En bas et sans surprise, l’un des promus n’a pas fait long feux. Cette fois, c’est le RAC qui l’a eu dans l’os. Somme toute logique, quand on perd son meilleur buteur, en l’occurrence, El Kaabi, parti à Berkane, et que l’on s’appuie sur une ossature de joueurs prêtés. Dans le jeu aussi, les Racingman n’ont à aucun moment trouvé un semblant d’équilibre, 55 buts d’encaissés, pire défense. Aussi, ont-ils souvent explosé dans l’impact avec uniquement 22% de duels gagnés. Le tout saupoudré d’un manque criant de justesse technique dans la passe (1 ratée sur 3). Second club à retrouver l’échelon inférieur deux ans après l’avoir quitté, le CAK a pareillement été sanctionné, d’une part, pour son manque de hargne défensive (22% de duels gagnés) et, d’autre part, pour l’absence d’ambition dans le jeu. Un grief symbolisé par une propension démesurée à jouer de longs ballons vers l’avant sans aucune précision (50 passes longues par match à 48% de réussite). Résultat, les Khénifris ne portaient que très peu le danger dans la surface de réparation adverse (9 ballons touchés dans cette zone).
Toujours en harmonie avec la tendance saisonnière, plusieurs équipes ont accaparé la lumière statistique tout en étant à l’ombre des projecteurs au classement. A commencer par la surface de réparation qui a été le jardin des Verts, avec pas moins de 17 ballons touchés. Dans un tout autre registre, les joueurs de l’ASFAR ont subi le plus de fautes par match (15). Un acharnement auquel ils ont répondu en étant l’équipe qui a remporté le plus de duels défensifs (1998). Défensivement toujours, l’OCK a été le roi de l’interception avec près de 45 par match. Etrangement, le WAC comme le Raja, furent les équipes ayant perdu le plus de ballons, respectivement 53 et 43 par rencontre.
Pour finir, en autopsiant les goals, on retrouve en haut du classement la RSB, avec 11 buts de la tête. Trois petits buts sur coups francs permettent à l’ASFAR de trôner sur cette phase de jeu, à l’instar de l’IRT quand il s’agit de penalties (9), alors que la palme de la malchance revient au Difaâ El Jadida qui aura touché les poteaux onze fois. Sans oublier le meilleur buteur, Iajour (16 buts) et le trio de meilleurs passeurs, Ennaffati (OCK), Hafidi (RCA) et El Ouardy (DHJ), avec 7 assistances chacun.

L’équipe type 2017-2018

La saison de la Botola au révélateur des statistiques
Bilan individuel

Les récompenses individuelles c’est comme les augmentations, ça fait surtout parler ceux qui n’en ont pas. Mais à l’heure du bilan et quitte à faire grincer quelques dents, on ne pouvait faire autrement que de désigner
les joueurs qui ont brillé.
 
Des Rbatis précis

La précision devant le but est un atout crucial sur la voie de la réussite. Un aspect du jeu maîtrisé par les clubs de Rabat, puisque le joueur qui a cadré le plus de tirs cette saison n’est autre qu’Anouar du FUS (66%), pourchassé par son coéquipier, El Bahroui (65%). La seconde équipe de la capitale place quant à elle, juste après, le Burkinabé Diawara (64%). Au pied du podium, on trouve le troisième meilleur buteur du championnat (12 buts) El Kaabi (61%), loin devant le goleador, Iajour (16 buts), lequel est bien au-delà des 30 meilleurs.     

L’éclaircie Brarou
et Ouerdani


Ouerdani du RCOZ (278), suivi de Brarou du KACM (236) trônent en haut du classement des duels gagnés. Des distinctions qui mettent en valeur leurs saisons pleines, contrairement à celles quasi-ratées de leurs équipes. La troisième place occupée par Jabrane du HUSA à la faveur de 235 duels gagnés, justifie la très haute estime dans laquelle le tient son entraîneur argentin Gamondi.    

Jalal le plus coupable

On ne s’attendait pas à voir un latéral aussi offensif se distinguer dans ce classement. Mais si Jalal (HUSA) est celui qui a commis le plus de fautes (104), c’est aussi parce qu’il a souvent été en retard lors de ses interventions à cause de sautes de concentrations et d’approximations dans le placement défensif. Il devance El Mallouki (86) du CRA et Khabba (82) de l’OCS.

Aouk sait se dégager

Pour le coup, la logique a été respectée. Les petits ailiers de poches se sont accaparé la catégorie statistique des dribbles réussis, dominée par le virtuose du Hassania, Aouk (218), talonné de très près par le néo-champion Hammoudan (213). Quelques arabesques plus loin, on retrouve le récent champion d’Afrique du Raja, Hadraf (201).

Baayou arrête presque tout

En stoppant 89 tirs dont plus de la moitié par arrêt réflexe, le gardien de 24 ans a une grande part de mérite dans le maintien in extremis du Kawkab de Marrakech. Sans fioritures mais extrêmement régulier, il a été très efficace, comme le montre ce classement où il devance le portier de l’OCS, Majid (86 arrêts) et El Youssfi (79), dernier rempart d’un autre miraculé, le MAT.

Des milieux bon centreurs

Deux des meilleurs centreurs cette saison sont des milieux axiaux. Cela représente une certaine surprise, surtout qu’Al Idrissi (CRA à 53%) et Serroukh (IRT à 52%) ne frappent pas souvent les corners. Sur la dernière marche du podium, il y a quand même l’irrésistible ailier du WAC, non pas Ounajem mais Tighazoui (50%).

La passe réussie, un
monopole casaoui


Deux joueurs du WAC dominent ce classement, Al Asbahi (93%) et El Kharroubi (92%). Néanmoins, ces résultats sont biaisés car les deux réunis comptabilisent un faible total de 10 rencontres jouées. Donc, ce sceptre aurait pu revenir au Rajaoui Banoun, qui arrive en troisième position avec neuf passes réussies sur dix (90%). Une petite mention spéciale est à accorder à Benali (CRA), qui a offert le plus de passes avant un tir (15), devançant d’un souffle le Rajaoui Hafidi (14).

Chady Chaabi
Jeudi 24 Mai 2018

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