
Des dizaines de milliers de partisans de l'opposition ont manifesté samedi à Tunis pour réclamer la démission du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda et l'organisation rapide de nouvelles élections.
Il s'agissait du rassemblement le plus important organisé dans la capitale tunisienne depuis celles qui ont suivi l'assassinat en juillet de Mohamed Brahmi, l'une des figures de l'opposition laïque.
Portant des photos de la victime et agitant le drapeau national, les manifestants ont rempli les rues menant au bâtiment où siégeait l'assemblée constituante, qui a suspendu ses travaux depuis des semaines.
"C'est fini pour eux, ils doivent partir. Nous avons besoin d'un gouvernement pour tous les Tunisiens", a déclaré l'un des manifestants, Houssem Ben Hassen, un professeur de sport.
Confronté à la perspective d'un scrutin pour lequel il est donné perdant, Ennahda a fait savoir qu'il acceptait de quitter le pouvoir. Le parti islamiste a cependant demandé un délai d'un mois afin de permettre à la constituante de terminer ses travaux et de pouvoir négocier la composition du prochain gouvernement.
Ennahda et les partis laïques de l'opposition ne sont pas parvenus cette semaine à un accord sur la transition, ce qui a amené l'opposition à déclarer la fin des discussions et la reprise des manifestations.
La plupart des observateurs estiment toutefois que, contrairement à l'Egypte où l'armée a destitué par la force le pouvoir islamiste, la Tunisie parviendra à sortir de l'impasse politique actuelle.
"Les contours d'un compromis se dessinent: un nouveau gouvernement de techniciens et l'adoption d'une constitution dans un délai d'un ou deux mois", juge ainsi Riccardo Fabiani, spécialiste de la région chez Eurasio Group à Londres.
"Le seul obstacle est la question de savoir quand l'actuel gouvernement partira et quand un autre sera formé", ajoute-t-il.