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Journée mondiale de l’enfance


Le droit à un environnement sain comme point de mire



Au moment où le Maroc vit aux rythmes de la COP22, qui vient de clore ses travaux, le monde célébrait hier la Journée mondiale de l'enfance (20 novembre), sur fond d’une prise de conscience inédite quant à l’impact néfaste du dérèglement climatique sur les droits de l’Homme et de l’enfant en particulier. La multiplication des initiatives en faveur des enfants et des élèves sur tout le territoire national en marge de la COP22 et leur implication dans ce carrefour planétaire est loin d’être anodine, mais témoigne de la centralité de la question de l’environnement pour les jeunes générations.
Catastrophes naturelles, sécheresse, crises alimentaires ou encore crises migratoires qui en découlent présentent aujourd’hui un effet dévastateur sur les enfants qui, du fait de leur vulnérabilité, sont les plus gravement impactés, souligne en effet l’UNICEF, pour qui l’enjeu environnemental représente le futur des jeunes générations car ce sont elles qui en subiront les conséquences.
Les enfants des pays en développement sont aussi ceux qui ont le moins accès à une énergie durable. La pollution de l’air par les ménages et par l’utilisation de carburants lourds dans des lieux de vie peu ventilés, contribue à la mort d’un demi-million d’enfants de moins de 5 ans chaque année, déplore encore l’organisation internationale.
De ce fait, le véritable enjeu qui s’impose est de faire en sorte que ces enfants et jeunes adultes puissent jouir pleinement de leur droit à respirer un air propre, mais aussi et surtout d'œuvrer à les responsabiliser et les placer comme principaux acteurs du changement.
Si l’adaptation climatique se veut un engagement pour un avenir meilleur des enfants du monde entier, plusieurs questions non moins importantes pour leur avenir nécessitent davantage d’efforts et de mobilisation, en l’occurrence le défi de la migration.
En effet, les enfants représentent plus de la moitié des 21,3 millions de réfugiés que compte aujourd’hui le monde, sur un nombre record de 65,3 millions de personnes déracinées par les conflits armés, selon un récent rapport de l’Organisation des Nations unies qui met en évidence l'impact dévastateur sur les enfants des conflits, comme en Syrie où la situation des enfants interpelle l’humanité toute entière.
Si au Maroc, la situation ne se pose pas avec une telle acuité, la problématique du travail des mineurs et l’égalité des sexes suscitent, en revanche, un intérêt tout particulier.
Ce sont d'ailleurs quelque 193 mille enfants âgés de 7 à 17 ans, qui sont concernés par le travail dangereux en 2015, soit 59% des enfants au travail et 2,9% de l’ensemble des enfants de cette tranche d'âge.
Il s’agit plus précisément de 151.000 garçons et de 42.000 filles qui travaillent, dans des circonstances de nature à nuire à leur santé, leur sécurité ou à leur moralité. Plus de 19% d’entre eux sont en cours de scolarisation, 71,7% ont quitté l’école et 9% ne l’ont jamais fréquentée.
Des chiffres inquiétants qui invitent à braquer les projecteurs sur le taux de scolarisation au Maroc qui semble progresser durant la dernière décennie en passant de 80,4% en 2004 à 94,5% en 2014, marquant des améliorations particulières en milieu rural et parmi les filles.
Au sujet de l’égalité des genres, il paraît judicieux de s'arrêter sur les efforts déployés au Maroc pour limiter l'impact de toutes formes de discrimination et de stigmatisation à l'égard de toutes les jeunes filles.
Notons à ce titre la Déclaration de Rabat, adoptée au terme d’une réunion de l'Assemblée générale de la Jeune Fille (MUN Maroc) organisée en septembre 2015 à l'initiative de l'Observatoire national des droits de l'enfant (ONDE) qui a mis en évidence la nécessité d'éradiquer toutes les formes de violence à l'égard des filles dans les sphères publiques et privées, notamment les abus sexuels et autres formes d'exploitation.
Le document a également plaidé pour l'élimination de toutes les pratiques néfastes, telles que les mariages précoces, appelant par la même occasion à lutter plus efficacement contre l'exploitation économique des jeunes filles, y compris le travail domestique.
Dans le même cadre, les intervenantes ont mis l'accent sur l'impératif de favoriser les conditions permettant de préparer et d'assurer, à un âge précoce, la pleine et effective participation des jeunes filles et l'égalité des chances pour le leadership à tous les niveaux du processus décisionnel dans la vie familiale, sociale, politique, économique et publique.
La célébration chaque 20 novembre et depuis 1989 de la Journée mondiale de l'enfance, se veut donc un moment privilégié pour réfléchir sur les vies et situations de plus de 2 milliards d’enfants dans le monde à l’heure où les droits les plus fondamentaux des enfants sont bafoués dans plusieurs pays, et ce en dépit des efforts déployés.
C'est aussi l’occasion de veiller à ce que les engagements pris par la communauté internationale à l’égard des enfants s’étendent à tous les enfants de la planète en leur garantissant un avenir épanoui.

Libé
Lundi 21 Novembre 2016

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