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Déroute historique, sacre retardé, amère fin de saison du PSG




La pire défaite de l'ère qatarie a-t-elle réveillé certaines fractures mises en sommeil depuis l'élimination en Ligue des champions ? Les langues se sont en tout cas déliées au PSG après l'humiliant revers 5-1 contre Lille, dimanche, pointant un effectif limité ou un "manque de personnalité" criant.
"C'est trop": ces deux mots, répétés inlassablement par l'entraîneur parisien Thomas Tuchel en conférence de presse d'après-match, expriment bien son exaspération devant la situation paradoxale du club parisien qui vient de manquer deux occasions d'officialiser un 8e titre de champion de France.
Premier grief avancé, l'arbitrage de Benoît Bastien. A l'instar de son président Nasser Al-Khelaïfi qui n'a pas caché sa colère en tribune, Tuchel, dans un extrait vidéo capté par le diffuseur Canal+, en a rajouté dans les couloirs du stade Pierre Mauroy : "C'est le même arbitre que contre Guingamp (défaite 2-1 au Parc des Princes) et les trois penalties contre nous".
Trois mois après l'élimination par les Bretons en quart de finale de la Coupe de la Ligue, qui avait privé Tuchel d'un grand chelem national, M. Bastien, qui a exclu Juan Bernat et refusé deux buts parisiens pour hors-jeu à Lille, restera comme l'arbitre de la pire défaite en championnat de l'ère QSI.
Mais devant la presse, l'entraîneur allemand a évité de resservir le prétexte de l'arbitrage, déjà utilisé notamment pour condamner le recours à la VAR, fatal à Paris, dans les ultimes instants du 8e de finale retour de Ligue des champions contre Manchester United (défaite 3-1). Pour mieux exposer son principal souci, plus politique: un effectif trop limité à son goût.
A une question sur le supposé manque de "personnalité" de son équipe, l'ancien coach de Dortmund a rétorqué qu'il avait plutôt manqué de "personnalités" au pluriel, citant pêle-mêle Neymar, Edinson Cavani, Angel Di Maria, ou Marquinhos, ses principaux cadres absents pour blessure.
Une précision sémantique qui en dit long sur l'état de maturation de son exaspération, longtemps masquée par la domination du PSG en Ligue 1.
"C'est trop difficile de perdre Thiago Silva et Thomas Meunier (sortis sur blessure en cours de match, ndlr). Thilo (Kehrer) est malade, (Moussa) Diaby ne s'était entraîné que deux fois... C'est la dixième fois cette saison qu'on n'a pas la possibilité de choisir 16 joueurs, c'est trop", a-t-il déploré.
"Depuis plusieurs semaines je ne sais pas quoi faire car je n'ai pas la possibilité de choisir la meilleure équipe, je dois choisir qui est capable de jouer", a-t-il ajouté.
Le seul argument des nombreuses blessures, celle de son "joueur-clé" Neymar en tête, suffit-il à expliquer une telle déroute et les désillusions sportives qui rythment la deuxième partie de saison ?
"On doit réfléchir tous, c'est absolument trop en ce moment. Cela a commencé avant le premier match contre Manchester et ça s'est accumulé. On doit trouver les raisons, je pense qu'il y en a plusieurs, ce n'est pas possible que ce soit juste la malchance", a répondu l'entraîneur parisien.
Car au-delà du chantier physique et thérapeutique, le technicien allemand a une nouvelle fois fustigé, entre les lignes, le manque d'alternative au poste de "sentinelle", dossier qui envenime notamment sa relation avec le directeur sportif Antero Henrique.
En citant les "absences" d'Adrien Rabiot, banni par les dirigeants pour des problèmes extrasportifs, et de Lassana Diarra, qui a résilié son contrat en février alors qu'il ne faisait visiblement pas partie de ses plans, l'entraîneur allemand ne pouvait envoyer signal plus clair.
Sera-t-il entendu cet été ? Au-delà du renfort, décevant, de l'Argentin Leandro Paredes en janvier, Tuchel a d'ores et déjà souhaité vouloir "trois, quatre joueurs" au prochain mercato.
Est-ce l'une de ses conditions pour officialiser sa prolongation de contrat jusqu'en 2021, déjà scellée selon le quotidien L'Equipe mais non confirmée par l'ex-coach de Dortmund ? Le feuilleton ne fait que commencer...
En attendant, le vestiaire parisien doit se ressaisir dès mercredi à Nantes pour enfin décrocher le titre en Ligue 1 et préparer au mieux sa finale de Coupe de France contre Rennes, le 27 avril.
"On doit jouer avec plus de personnalité. C'est un de nos défauts et il va falloir vite corriger ça, a demandé Kylian Mbappé, 20 ans mais déjà taulier. On a joué comme des débutants. Faut se reconcentrer. Il y a un match mercredi".

Mercredi 17 Avril 2019

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