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Blockchain : La révolution en marche

Le bel exemple servi par l’OCP



Blockchain : La révolution en marche
«Avec le ralentissement actuel de la logistique mondiale et des chaînes d’approvisionnement, les transactions de financement du commerce peuvent prendre jusqu’à six semaines, en raison de la fermeture des frontières et des aéroports qui continue d’engendrer des retards supplémentaires ». Tel a été le principal argument avancé par l’Office chérifien du phosphate (OCP), pour justifier une transaction financière quasiment unique en son genre dans la sphère économique et financière du pays.

Une transaction en moins de deux heures.
D’un montant de 400 millions de dollars, dont 270 millions déjà exécutés, cette transaction, qui a également mis en scène la Banque de commerce et de développement de l’Afrique de l’Est et australe, a permis de financer l’expédition d’engrais phosphatés du Maroc vers l’Ethiopie. Elle a été rendue possible grâce à la technologie Blockchain Dlt Ledgers, confirmant ainsi la prémonition selon laquelle, tôt ou tard, la Blockchain devait révolutionner le monde des paiements et plus largement le secteur financier, comme nous l’avons expliqué dans notre édition du mercredi 13 mai 2020. Pourtant, une telle transaction était inconcevable il y a quelques mois. Il faut croire que les contraintes nées de la crise sanitaire ont accéléré cette révolution qui était, de toute manière, inéluctable.

Justement, l’une des principales qualités de la technologie Blockchain est la rapidité. Selon la Blockchain dont on parle, car il y en a plusieurs (voir interview ci-contre) le processus de transaction ne prend pas plus de quelques heures. Dans le cadre des monnaies virtuelles, le processus peut aller d’environ une dizaine de minutes pour le bitcoin, jusqu’à 15 secondes pour l’Ethereum. Finalement, ce n’est pas surprenant si l’OCP ait adoubé cette technologie qui a permis de conclure ladite transaction en moins de deux heures. Et le gain de temps ne constitue pas son unique atout.

Transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle
La Blockchain est une technologie dont le but est de stocker et transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle. Sa grande particularité ? Une architecture décentralisée, hébergée non pas par un serveur unique mais par une partie des utilisateurs. Ainsi, en l’absence d’intermédiaire (les banques en l’occurrence), chaque partie prenante peut vérifier la validité de la chaîne. Mieux encore, les informations sont protégées par des procédés cryptographiques qui empêchent les utilisateurs de les modifier a posteriori. Et ce n'est pas fini.

La Blockchain permet non seulement le transfert d'actifs (monnaie, titres, actions…) mais aussi la traçabilité des aliments. La chaîne Carrefour est un des précurseurs avec son QR code apposé sur plusieurs types d'aliments (poulet, tomate, oeuf...). Il permet de tout savoir sur l'origine du produit (provenance, nom du producteur, date d'empaquetage...). La traçabilité, c'est exactement ce qui a poussé les géants du luxe à se tourner vers la Blockchain.

Traçabilité des produits
En effet, les groupes français LVMH et italien Prada, ainsi que Cartier, propriété du genevois Richemont, ont récemment annoncé la création d’un consortium autour de la plateforme Aura Blockchain. C’est le groupe LVMH qui l’a lancé en 2019, en étroite collaboration avec Microsoft et le spécialiste américain de la Blockchain ConsenSys. Son objectif étant d'offrir une solution pour garantir l’authenticité et la traçabilité des produits de luxe au travers d’une technologie conçue par et pour l’industrie. Ceci étant dit, la Blockchain n’a pas que des avantages. “Les Blockchains sont plus lourdes à gérer que des bases de données centralisées classiques”, nuance Julien Prat, co-porteur de la Chaire « Blockchain & B2B Platforms », soutenue par Capgemini, et chercheur CNRS et au CREST de l’Ecole polytechnique de Paris. L’autre écueil concerne la protection des données privées. En garantissant une transparence, la Blockchain peut déboucher sur une transparence excessive, puisque les données sont visibles par l’ensemble des intervenants. D’ailleurs, même le droit à l’oubli est en danger.

L’intelligence artificielle en position de force
Enfin, la technologie en question pourrait offrir plus de pouvoir qu’il ne le faut à l’intelligence artificielle, à travers les “smart contracts”, des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter l’intervention humaine une fois démarrés. “C’est ce caractère inarrêtable qui rend les smartcontracts crédibles, mais on voit bien qu’il n’est pas sans poser des risques voire même des questions éthiques”, nous a expliqué Julien Prat. Mais en somme, et pour ne pas trop s’éloigner du lexique de l'actualité, la balance bénéfices-risques semble positive. Surtout quand il s’agit de cryptomonnaie. Mais ça, c’est un autre sujet. Rappelons qu’au Maroc, l’utilisation de la cryptomonnaie est interdite. Et si le Royaume lorgne la technologie de la Blockchain, c’est principalement en termes d’inclusion financière ou dans le secteur de la logistique. La transaction effectuée par l’OCP en est le parfait exemple, car elle s’inscrit dans la stratégie de digitalisation du Groupe OCP dans l’optique de stimuler le commerce intra-africain, en particulier dans le secteur des engrais, grâce à l’inclusion digitale.

Chady Chaabi

Libé
Jeudi 22 Avril 2021

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