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Dans ce communiqué, le Souverain a dénoncé les «desseins hostiles» de certaines parties, exprimant sa conviction que ces desseins ne parviendront jamais à leurs fins.
Le peuple marocain, assure le Souverain, sait faire la part des choses et rejette la rancœur. Fidèle à Sa Vision éclairée, S.M le Roi a réaffirmé l'engagement du Maroc pour une Afrique unie et prospère, à travers le partage d'expériences, d'expertise et de savoir-faire.
«Ce communiqué du Cabinet Royal, dans ce contexte précis, est fort important, parce qu’il souligne le rôle des institutions pour mettre les points sur les i vis-à-vis de l’opinion publique nationale, mais aussi à l’égard des partenaires stratégiques du Maroc au sein du continent africain», a indiqué Moussaoui Ajlaoui, professeur universitaire spécialiste des affaires africaines.
Selon lui, ce qui s’est produit s’est cristallisé autour d’un match de football qui a duré 120 minutes. Or, les relations entre le Maroc et l’Afrique dépassent largement ce cadre ponctuel.
Moussaoui Ajlaoui : Le communiqué du Cabinet Royal vise avant tout à rassurer les alliés stratégiques du Maroc sur le continent africain. Les relations du Royaume sont profondes, structurelles et non circonstanciellesElles reposent sur des décennies de coopération, un héritage historique commun, le partage de la religion musulmane et du rite malékite, des échanges commerciaux, mais aussi sur la coordination entre les oulémas marocains et leurs homologues africains, notamment pour consolider les valeurs de modération et de juste milieu en Afrique de l’Ouest.
«Ces dimensions stratégiques ont été volontairement occultées, et ce qui s’est produit a pris la forme d’un dérapage provocateur, clairement hostile au Maroc. Cette dérive visait le sabotage symbolique de la «fête africaine», car l’objectif n’était pas tant le résultat du match mais plutôt la dégradation de l’image du Maroc et l’atteinte à sa réputation », a expliqué Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé.
Et d’ajouter : «C’est dans ce contexte qu’intervient le communiqué du Cabinet Royal, qui a rappelé une idée fondatrice déjà exprimée dans le discours Royal de 2017 à l’occasion du retour du Royaume à l’Union africaine en affirmant que certains avancent que «le Maroc viserait à acquérir le leadership en Afrique. Je leur réponds que c’est à l’Afrique que le Royaume cherche à donner le leadership».
Le chercheur marocain a précisé que le complot visant le Royaume a commencé bien avant la CAN 2025, rappelant en ce sens que certains médias -y compris au Maroc- ont parfois relayé des récits exagérés ou biaisés sur de prétendues agressions commises par des Subsahariens sur des Marocains, alimentant artificiellement un climat de tension.
«L’objectif de ces narratifs était clair: créer une rupture entre le Maroc et le reste du continent africain, exploiter le moindre incident pour prétendre qu’il existerait une accumulation de tensions, et diffuser l’idée selon laquelle le Maroc serait isolé en Afrique ou en rupture avec ses peuples », a précisé Moussaoui Ajlaoui.
Selon lui, il s’agit là de «manœuvres savamment orchestrées, impliquant notamment des services de renseignement hostiles, visant à ternir l’image du Maroc et à contrecarrer les efforts déployés par le Royaume pour démontrer que l’Afrique est capable d’organiser de grandes manifestations sportives internationales, surtout à un moment où certains pays hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc cherchent à instrumentaliser ces événements ».
Le communiqué du Cabinet Royal a donc eu pour mission essentielle de clarifier les choses auprès des Marocains, mais aussi d’envoyer un message politique, culturel et stratégique clair concernant la nature des relations du Maroc avec l’Afrique.
Il s’inscrit également dans la continuité du communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères, qui a été particulièrement pertinent et mesuré après les incidents survenus lors de la CAN.
Moussaoui Ajlaoui a également assuré que «le communiqué du Cabinet Royal vise avant tout à rassurer les alliés stratégiques du Maroc sur le continent africain : les relations du Royaume avec ces pays sont profondes, structurelles et non circonstancielles. Le Maroc s’inscrit dans des projets stratégiques de long terme, qu’il s’agisse du gazoduc Nigeria–Maroc, de l’initiative atlantique ou des grands projets de coopération Sud-Sud ».
«Cela ne signifie nullement que ce qui s’est produit doit passer sous silence», a-t-il nuancé. Et de souligner: «Dans toute relation, des tensions peuvent survenir. Toutefois, des sanctions commencent déjà à être annoncées, notamment à l’issue de la finale: suspension de joueurs et amendes dépassant 55.000 euros à l’égard de l’équipe d’Algérie. Le message est clair : le sport doit rester un espace régi par des valeurs, et nul ne peut s’y comporter comme il l’entend ».
D’après l’universitaire marocain, le Royaume a démontré, par son organisation et son comportement, une maturité civilisationnelle et institutionnelle exemplaire. Certains ont voulu instrumentaliser cette compétition à des fins politiques. Les scènes observées, notamment le comportement du sélectionneur sénégalais incitant ses joueurs à quitter le terrain, constituent un incident grave, dont les responsabilités devront être établies.
La Fédération Royale marocaine de football a d’ailleurs déposé un dossier complet auprès des instances compétentes, y compris la FIFA, et les décisions attendues permettront de déterminer clairement les responsabilités, notamment celle du sélectionneur sénégalais au comportement pour le moins étrange.
« A ceux qui réclament une réaction étatique immédiate, il faut leur rappeler que l’Etat marocain a agi avec sagesse, en mettant en avant une image civilisée, responsable et respectueuse. Le peuple marocain, quant à lui, a été exemplaire dans l’accueil des supporters et des délégations africaines», a précisé Moussaoui Ajlaoui, estimant que «les sanctions à venir constitueront une condamnation claire de toute tentative de politisation du sport».
Et le chercheur marocain de conclure : «Les relations du Maroc avec les pays africains demeurent stratégiques, solides et profondément ancrées, comme l’a bien affirmé le communiqué du Cabinet Royal : Rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux ».
Mourad Tabet









