Au Soudan du Sud, le conflit s'intensifie


Libé
Dimanche 25 Janvier 2026

"Le seul endroit sûr où je puisse aller, ce sont les marécages": habitant de la région de Jonglei, au nord du Soudan du Sud, Daniel Deng est l'une des innombrables victimes civiles d'un conflit qui s'intensifie et qui a déjà causé plus de 180.000 déplacés.
 
Depuis fin décembre, Jonglei est le théâtre d'affrontements entre l'armée sud-soudanaise, obéissant au président Salva Kiir, et le SPLA-IO des forces loyales à l'ancien-vice-président Riek Machar, arrêté fin mars et inculpé en septembre de "crimes contre l'humanité".
 
Si le pays connaît depuis près d'un an des violences localisées, le conflit au Jonglei se distingue par son ampleur, même s'il n'a pas encore la dimension ethnique de la guerre sanglante entre les partisans des deux hommes, qui avait fait 400.000 morts entre 2013 et 2018.
 
Le chef de l'armée, Paul Majok Nang, a demandé mercredi à ses troupes déployées dans la région "d'écraser" sous sept jours la rébellion.
 
La région est très majoritairement nuer, l'ethnie de M. Machar, et de nombreux jeunes ont pris les armes aux côtés du SPLA-IO contre l'armée perçue comme pro-Kiir, selon une source humanitaire basée à Juba, qui a requis l'anonymat.
 
"Les tueries indiscriminées de civils", largement causées par des frappes aériennes de l'armée, ont fait de nombreuses victimes, dénonce-t-elle.
 
Les forces pro-gouvernementales demandent en outre aux populations locales, perçues comme hostiles, de "quitter leurs maisons", sous peine d'être "punies", s'indigne la source humanitaire.
 
Dans le comté de Duk, "la plupart des gens s'installent sous les arbres. Les maisons et les structures de santé ont été pillées ou brûlées et la faim est grande", raconte Daniel Deng, 35 ans, joint par l'AFP par téléphone depuis Juba. 
 
Lui se dit "bloqué", "sans savoir où aller", alors que le SPLA-IO a selon lui capturé Duk il y a quelques jours, avant de s'en retirer, après de violents combats. Quelque 300 combattants ont péri affirme-t-il. Un chiffre que l'AFP n'a pu vérifier.
 
De nombreux témoignages font état d'une population terrifiée, fuyant sans destination précise.


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