Se garder cependant de crier victoire
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Le risque de contamination est de 4%
A contrario, en se référant à l’avis de l’Organisation mondiale de la santé, le vent d’optimisme retombe pour laisser place à un pessimisme, certes mesuré, mais peu rassurant. Quoi qu’il en soit, la course folle du Sars-Cov2 semble doucement mais sûrement toucher à sa fin. La campagne de vaccination nationale n’est pas étrangère à cet état de fait. Récemment, le docteur Tayeb Hamdi. médecin, chercheur en politiques et système de santé, rappelait dans ces mêmes colonnes que “se faire vacciner, c’est participer à freiner la propagation du virus. Une personne vaccinée transmet 12 fois moins le nouveau coronavirus qu’une personne non vaccinée. Pour vous donner un ordre de grandeur, entre deux personnes vaccinées, le risque de contamination est de 4%. Le risque de transmission est divisé par 25”.
A la lumière de ces éléments, la baisse de la contamination prend tout son sens une fois corrélée aux avancées de la campagne de vaccination, qui a jusqu’à présent permis d’immuniser partiellement 22.953.940 personnes et 19.758.226 personnes complètement. Car on ne va pas se raconter d’histoire, les citoyennes et citoyens ne se sont pas d’un coup pris d’amour pour les gestes barrières et les mesures préventives.
La vaccination sauve des vies
La baisse du nombre de patients Covid+ en réanimation figure également dans le rayon “succès de la campagne de vaccination''. Mercredi, seulement 29 patients étaient sous intubation et 334 sous ventilation non invasive. Une évolution positive qui nous renvoie aux déclarations du docteur Tayeb Hamdi : “La vaccination sauve des vies. Les personnes vaccinées ne risquent pas d'être touchées par une forme grave de la maladie et donc ne risquent pas d'être placées en réanimation, ou perdre la vie. C’est une bonne chose, car même s’il y a une flambée des cas, il y aura moins de décès et moins de cas en réanimation, et encore moins un effondrement du système de santé”.
Combler l’affaiblissement de l’immunité
Cela dit, dénombrer des décès par dizaine quotidiennement est toujours aussi dramatique (18 victimes mercredi). Mais avec le début de l’administration de la troisième dose, la situation n’ira qu’en s’améliorant. En effet, le ministère de la Santé a lancé lundi dernier les premières injections de la troisième dose, censée combler l’affaiblissement de l’immunité accordée par les vaccins anti-Covid-19 au bout de six mois. "Suivant les recommandations du comité scientifique national et les recommandations scientifiques internationales, une troisième dose du vaccin anti-Covid-19 sera administrée dans le cadre de la campagne nationale de vaccination, qui connaît depuis son démarrage une dynamique positive et une large interaction des citoyens", s’est justifié le ministère dans un communiqué.
A l’heure où l’on écrit ces lignes, sur environ 3,9 millions de personnes concernées, à savoir les frontliners et les personnes âgées (entre 66 et 85 ans), 25.847 ont reçu la troisième dose à la date du 5 octobre, dont 14.443 ont opté pour Pfizer (55,8%) et 11.404 ont choisi le vaccin Sinopharm (44,1%). Une livraison de 5 millions de doses du vaccin chinois est d'ailleurs attendue sous peu par les autorités sanitaires nationales. Livraison à même d’aider le Royaume à poursuivre sa route sur le chemin, pour le moment, vertueux de la vaccination. Un processus dont les effets sont désormais ressentis aux quatre coins du monde.
Des chiffres sensiblement à la baisse
Si la Russie fait quasiment figure d’exception en enregistrant mercredi, pour la première fois, plus de 900 morts du Covid-19 en 24 heures, ce qui lui a valu d’être sur la liste noir du Maroc qui a suspendu les vols de et vers l’Etat fédéral transcontinental, la propagation du nouveau coronavirus est en claire perte de vitesse. La semaine dernière, 457.000 contaminations ont été enregistrées quotidiennement dans le monde. Des chiffres sensiblement à la baisse par rapport à la semaine précédente (-11%), dans la droite ligne d’une tendance observée depuis début septembre, d’après un bilan de l'AFP.
Aucun contrôle sur le virus
Plus en détail, la plupart des régions du monde voient leur situation s'améliorer: en Amérique latine et aux Caraïbes (-31%), au Moyen-Orient (-21%), en Asie (-15%) et dans la zone Etats-Unis/Canada (-10%). La situation en Afrique est quant à elle stable (-1%), à l’image du Vieux Continent (+3%). Mais pour l’Organisation mondiale de la santé, il ne faut pas se leurrer. « La situation est encore incroyablement dynamique. Et elle est dynamique car nous n’avons pas le contrôle de ce virus», a souligné, mardi dernier, Mme Van Kerkhove, épidémiologiste américaine lors d’échanges sur les réseaux sociaux de l’OMS. Et d'avertir : « Nous ne nous sommes pas encore tirés d'affaire. Nous sommes complètement au milieu de cette pandémie. Mais où au milieu ? «Nous ne le savons pas encore, car, franchement, nous n’utilisons pas les outils dont nous disposons actuellement pour nous rapprocher de la fin ».
Un épilogue qui est proche et loin en même temps. Un épilogue qui a des allures de quadrature du cercle. Pour l’Organisation onusienne, cet état de fait risque de durer tant que «dans certaines villes nous voyons les unités de soins intensifs et les hôpitaux saturés et des gens qui meurent, alors que dans les rues, les populations se comportent comme si l’épidémie était complètement terminée », a déploré l’épidémiologiste Van Kerkhov. Bref, si l’on distingue la lumière au bout du tunnel, elle n’est pas encore aveuglante.
Chady Chaabi










