
Une soixantaine de formations et de mouvements politiques avaient menacé de boycotter le scrutin si le gouvernement de transition n’empêchait pas les responsables de l’ancien régime de se présenter et s’il ne modifiait pas la répartition des sièges. Ils demandaient notamment que les partis politiques puissent présenter des candidats pour le tiers de sièges parlementaires réservés jusque-là aux candidats indépendants.
Soumis à une forte pression de la rue depuis plusieurs semaines pour accélérer les réformes démocratiques, le gouvernement de transition a annoncé samedi qu’il amenderait la loi électorale, qu’il examinerait le statut de la loi d’urgence et qu’il fixerait un calendrier plus clair pour la transition vers un régime civil. S’ils ne brandissaient plus la menace d’un boycott, les groupes et mouvements politiques prévenaient toutefois dimanche qu’ils continueraient d’accentuer la pression sur le gouvernement jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. «Nous voulons la fin de l’état d’urgence et que les anciens membres du régime ne puissent pas participer à la vie politique», écrit ainsi une alliance de 34 partis, dont les Frères musulmans et le parti libéral al Wafd, dans un communiqué.
Les élections législatives, premier scrutin depuis la chute de Hosni Moubarak le 11 février, doivent débuter le 28 novembre. Le scrutin doit se dérouler en trois phases, qui pourraient durer plusieurs semaines, jusqu’au début de l’année prochaine. Les législatives seront suivies d’élections au Conseil de la Choura, équivalent du Sénat. «La menace du boycott des élections était une option pour mettre la pression sur le Conseil militaire, mais cette menace n’était pas sérieuse», a déclaré à Reuters Essam El Erian, vice-président du parti des Frères musulmans dimanche. «Les partis politiques sont faits pour participer aux élections non pour les boycotter.» La menace de boycott a illustré les difficultés de la transition en Egypte, où les chefs de file de la contestation, qui ont eu raison du régime de Hosni Moubarak en février, reprochent aux militaires du CSFA de retarder la restitution du pouvoir au civil.
Samedi, le pouvoir égyptien a indiqué que la nouvelle Chambre basse du Parlement entamerait ses travaux dans la deuxième quinzaine du mois de janvier et le Conseil de la Choura le 24 mars. Une session conjointe des deux Chambres du Parlement se tiendra la première semaine d’avril au cours de laquelle seront nommés les membres de l’Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution.