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​La situation épidémiologique suscite l'inquiétude

1.472 nouveaux cas d'infection au Covid-19 et 26 décès enregistrés en 24 heures


Depuis plus de deux semaines, le bilan quotidien des contaminations au Covid-19 au Maroc est passé au-dessus de la barre des 1.000 cas, le nombre de cas graves et critiques explose et celui des personnes sous respiration artificielle ne cesse d'augmenter alors que le nombre de décès enregistre des records quotidiens.  
Une situation jugée inquiétante qui a interpellé le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 
Lors d'une visioconférence tenue jeudi dernier depuis Genève, Tedros Adhanom Ghebreyesus a, en effet,  affirmé que "le nombre de cas de contaminations et de décès au Maroc reste faible en comparaison avec d'autres pays, mais la tendance est à la hausse… La situation deviendra plus grave si cette tendance haussière se poursuit", a-t-il averti, appelant les autorités marocaines à "faire plus" pour inverser cette tendance et à "être plus fermes" dans les mesures prises pour endiguer la pandémie. 
Il faut dire que le Royaume a enregistré mercredi dernier un record en termes de nouvelles contaminations avec 1.499 nouveaux cas. Un autre résultat aussi triste  a été enregistré dimanche.
1.472 nouveaux cas d'infection au coronavirus (Covid-19) et 778 guérisons ont, en effet, été enregistrés selon le ministère de la Santé.
Ce bilan porte à 42.489 le nombre de contaminations dans le Royaume depuis le premier cas signalé le 2 mars et à 29.344 celui des personnes totalement rétablies, soit un taux de guérison de 69%, a précisé le coordonnateur du Centre national des opérations d'urgence de santé publique au ministère de la Santé, Mouad Mrabet.
Le nombre de décès est passé à 658, avec 26 nouveaux cas enregistrés en 24 heures (5 à Casablanca, 9 à Marrakech, 4 Tanger, 2 à Fès et à Ouarzazate et 1 cas à Sefrou, Meknès, Témara et à Khénifra). Le taux d'incidence cumulé est de 117 cas pour 100.000 habitants, a-t-il souligné, faisant savoir que le nombre des cas actifs s'élève à 12.487, soit un taux de 34/100.000 hbts.
Le nombre de cas exclus après des résultats négatifs d'analyses au laboratoire s'élève à 20.907, pour un total de 1.563.124, a-t-il poursuivi.
Côté répartition géographique des nouveaux cas confirmés, ledit responsable a relevé que 303 cas ont été enregistrés à Marrakech-Safi (209 à Marrakech, 40 à Rhamna, 28 à Al Haouz, 12 à Safi, 9 à Chichaoua, 3 à Youssoufia et 2 à Kelâa), 225 à Fès-Meknès (63 à Fès, 39 à Meknès, 34 à Taza, 32 à Sefrou, 24 à Boulmane, 18 à Taounate, 7 à Ifrane, 6 à Moulay Yaaâcoub et 2 à El Hajeb) et 224 à Béni Mellal-Khénifra (150 à Béni-Mellal, 31 à Fquih Ben Saleh, 27 à Khénifra, 14 à Khouribga et 2 à Azilal).
Les autres régions ayant enregistré de nouveaux cas sont Casablanca-Settat (221), Rabat-Salé-Kénitra (150), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (145), Draâ-Tafilalet (112), l'Oriental (31), Souss-Massa (28), Dakhla-Oued Eddahab (22), Guelmim-Oued Noun (8) et Laâyoune-Sakia El Hamra (3), a-t-il précisé.
A propos des personnes se trouvant dans un état de santé critique, il a fait état de 161 cas admis dans les unités de réanimation et de soins intensifs, dont 65 personnes sous respiration artificielle. Ces cas sont répartis entre les régions de Casablanca-Settat (47), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (37), Marrakech-Safi (30), Fès-Meknès (18), Drâa-Tafilalt (10), Rabat-Salé-Kénitra (9), Souss-Massa (5), l'Oriental (4) et Dakhla-Oued Eddahab.
Le système de santé ayant été mis à rude épreuve, voire débordé, le ministère de tutelle multiplie l'ouverture de nouvelles unités de soins. De leur côté, les autorités locales mettent des quartiers entiers en isolement dans les villes les plus touchées par le virus. Sauf qu'aujourd'hui, le nombre de personnes contaminées se compte non plus en dizaines, mais en centaines.  Depuis le début de la deuxième étape du déconfinement, le 24 juin dernier, la situation épidémiologique dans le Royaume a complètement changé en ce sens que l'indice de propagation du virus ne cesse d'évoluer et le gouvernement n'arrête pas de tirer la sonnette d'alarme, affirmant à chaque fois que la situation est "inquiétante".  
Force est de constater que la poussée record des contaminations et des cas critiques liés à la pandémie de Covid-19 depuis que le Royaume a décidé de déconfiner la population, est en train de ruiner tous les efforts qu'il avait auparavant consentis.  Et au regard de la situation actuelle, l'on est en mesure de s'interroger sur l'utilité de toutes les mesures restrictives qui avaient été prises et auxquelles la population avait adhéré avec civisme, patriotisme et un haut degré de responsabilité.  
Le constat, aujourd'hui, est amer.  Si au plus haut de cette crise sanitaire, le Maroc était cité en exemple pour sa gestion efficace de cette pandémie, actuellement, force est d'admettre que le déconfinement est un échec.  Avec comme conséquences le durcissement des mesures de restriction dans certaines villes comme Tanger, Fès, Casablanca et Marrakech  le renforcement des contrôles pour s'assurer du respect des gestes barrières et de nouvelles dispositions pour mieux gérer les structures sanitaires du pays qui commencent à être saturées.  
Une situation qui explique, également, le sérieux camouflet essuyé par le Royaume au niveau de l'Union européenne.
Depuis vendredi 7 août, le Maroc a, en effet, été retiré de la liste des pays exemptés de restrictions de voyage à cause d'une recrudescence des cas de contagion par le Covid-19.  
La montée du nombre de contaminations a amené le ministère de tutelle à changer de ton, exprimant ouvertement son inquiétude quant à l'évolution de la pandémie au Maroc. Il a même laissé entendre que si la situation se dégradait encore, elle deviendrait vite incontrôlable. Au niveau international, le Royaume est devenu ainsi 61ème mondial en nombre de décès et 58ème en termes de contaminations. A l'échelle du continent africain, il s'est maintenu à la 6ème place.  
Pourquoi en est-on arrivé là ? Et à qui incombe la responsabilité du fiasco post-confinement ? 
Nombre d'explications sont avancées à ce propos  Il faut dire que plusieurs facteurs sont à l'origine de cette débâcle. 
D'abord, il fallait relancer l'économie nationale en autorisant le retour de l'activité industrielle. 
Les entreprises ont été invitées à reprendre leurs activités, le 24 juin dernier, dans le respect d'un protocole d'hygiène et de sécurité sanitaire prédéfini. Mais, de nombreuses unités de production ne se sont pas conformées aux guides sanitaires élaborés à cet effet et n'ont pas respecté les mesures sanitaires recommandées. Et du coup, le résultat a été on ne peut plus catastrophique avec la multiplication des clusters, puis des foyers industriels et professionnels. Les cas de Lalla Maymouna, Laâyoune et Safi sont édifiants.  
On ne peut critiquer les autorités publiques pour avoir levé les mesures restrictives et permis aux citoyens de renouer avec la liberté après plus de trois mois de confinement.  
On ne peut leur en vouloir non plus d'avoir voulu relancer une économie nationale mise à terre, étouffée et essoufflée à cause de l'arrêt de l'appareil productif. 
On ne peut pas non plus n'en vouloir qu'aux citoyens.  
En l'absence d'un vaccin fiable, efficace et validé par l'OMS, le seul remède contre le Covid-19 reste néanmoins le comportement responsable de chaque individu au sein de la collectivité, à travers notamment le respect des mesures barrières.  
Malheureusement, le maintien contre toute logique de l'Aid Al Adha et la décision irréfléchie prise par les autorités de mettre en quarantaine quelques villes à la veille de la fête et de mettre à exécution leur décision six heures plus tard combinés à l'irrespect par les citoyens des mesures sanitaires et leur quasi indifférence face au virus sont en train de mener le pays vers une situation des plus critiques.  
Un relâchement général a, en effet, été constaté au sein de la population. Le port du masque est devenu optionnel et avec le temps, rare voire absent. La distanciation sociale n'est plus qu'un slogan. Pourtant, les autorités publiques avaient bien insisté, et n'ont cessé d'appeler au respect strict des mesures barrières depuis les premiers jours de l'allègement du confinement.  
Quoi qu'il en soit, la situation épidémiologique actuelle suscite une sorte d'inquiétude légitime et nécessite une réévaluation pour s'arrêter sur les défaillances ayant conduit à cette flambée de cas de contamination et prendre les mesures adéquates qui s'imposent pour sortir de cette crise sanitaire avec le moins de dégâts possibles.

Mardi 18 Août 2020

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